Mers el Kébir : la rançon de la sujétion à un allié déloyal

Le 3 juillet 1940, Churchill ce « grand ami de la France » ordonnait l’agression par la puissante Navy des unités de la flotte française stationnées dans les rades  de Mers El Kébir, d’Alexandrie ou dans des ports anglais ; et ce après avoir décidé et organisé le lâchage, en pleine bataille, de ses alliés belges et français.

Des prémices qui remontent à loin

La Grande-Bretagne a toujours été hostile à l’existence d’une marine française forte. À la conférence de  Washington de 1922, de connivence avec les USA, elle avait ravalé celle-ci à un rang subalterne au même niveau que la marine italienne. Les négociateurs français, Aristide Briand et Albert Sarraut avaient été contraints d’accepter des limitations arbitraires de parité qui se révéleront pour elles contraignantes et de subir cette humiliation.

Le traité naval bilatéral germano-britannique signé le 18 juin 1935, torpillait les dispositions du traité de Versailles. Les Britanniques, sans se  concerter avec les Français ni même les avertir, autorisaient le Troisième Reich à disposer d’une flotte de guerre au tonnage limité de façon permanente à 35 % de celui de la Royal Navy.

Cet accord qui s’inscrivait dans le cadre d’une politique anglaise de sympathie et « d’appeasement » à l’égard de l’Allemagne hitlérienne contraignit les Français à augmenter le budget de la marine de guerre au détriment de celui de l’armée de terre.

Une coopération amicale durant la drôle de guerre

Pendant neuf mois la Marine nationale et la Navy ont coopéré dans un climat de camaraderie, notamment pour escorter des convois. La Marine nationale a même participé à l’interception du Graf Spee, à la campagne de Norvège et surtout, ce qui est bien oublié, à l’évacuation de Dunkerque au cours de laquelle elle connut des pertes sensibles.

La question posée du sort de la flotte de guerre française

Dès que la conclusion funeste de la bataille de France, sur la Somme et l’Aisne, devint certaine, la question du sort de la marine française fut posée par Churchill, anxieux d’éviter qu’elle passe aux mains de l’ennemi, même si rien ne laissait prévoir une telle issue.

Les pressions britanniques pour s’approprier la flotte française

Les deux télégrammes de Churchill

Le 15 juin Raynaud rédigea un message à destination de Churchill pour lui demander l’autorisation de s’enquérir des conditions d’armistice allemandes, étant affirmé que la livraison de la flotte serait une condition inacceptable.

Le lendemain, 16 juin, Churchill, répondit par deux télégrammes apportés à Raynaud, par deux émissaires : Spears et l’ambassadeur Campbell, d’ailleurs particulièrement malveillants et méprisants à l’égard de Français en perdition. Ces deux messages évoquaient l’escroquerie de l’accord du 28 mars 1940 et l’honneur de la France dont le Premier ministre britannique s’arrogeait le droit d’être juge. Il donnait son accord pour que le Gouvernement français tente de connaître les conditions d’armistice de l’ennemi, mais uniquement sous la condition que la flotte française soit dirigée vers les ports britanniques en attendant l’ouverture des négociations. Churchill attendait d’être consulté dès la réception de ces conditions allemandes « eu égard surtout au fait que des troupes britanniques se battent aux côtés de l’armée française » ; mensonge impudent au moment où les Britanniques évacuaient leurs dernières troupes hors de France.

Ainsi les Britanniques donnaient un accord à notre demande d’armistice mais sous la condition visant la flotte.

Le projet d’union des deux pays

Le même 16 juin le projet aberrant d’union de la France avec la Grande-Bretagne fut concocté à Londres entre Jean Monnet, de Gaulle et Churchill afin de gagner du temps avant l’écroulement définitif de la France.

Dans ce contexte et très logiquement, les Britanniques retirèrent les deux notes adressées quelques heures auparavant à Raynaud et, dans l’après-midi appelèrent celui-ci par l’intermédiaire de De Gaulle pour lui présenter le projet d’union, projet qui se heurta à la consternation du Conseil des ministres qui le refusa.

La démission de Raynaud et l’arrivée au pouvoir du maréchal Pétain

Devant ce refus et la proposition renouvelée en Conseil des ministres dans la soirée de demander les conditions de l’armistice, Raynaud donna sa démission. Dans la foulée, le maréchal Pétain prit la tête du gouvernement à la demande du président de la République. Il est intéressant de noter que sur 17 ministres, 11 faisaient partie du gouvernement Raynaud dont deux socialistes : Février et Rivière avec l’assentiment de Blum et que Laval n’en faisait pas partie.

La demande d’armistice

Immédiatement après, le nouveau Conseil des ministres décida de demander à l’Allemagne ses conditions d’arrêt des hostilités sans que lui ait été communiquée la teneur complète des deux notes de Churchill qui avaient été retirées et ne lui avaient pas été communiquées officiellement.

Selon le livre de Bernard Legoux « les mensonges de juin 1940 » qui cite l’historien Masson, Churchill prit contact téléphoniquement avec Pétain dans la nuit du 16 au 17 juin et se serait exprimé avec une rare violence en reprochant au Maréchal de n’avoir pas respecté le communiqué de presse du 28 mars et de ne pas avoir envoyé la flotte dans les ports anglais.

Ainsi, la France avait commencé cette guerre de 1939-40 sous les imprécations téléphoniques menaçantes que Churchill avait adressées à l’ambassade de France au début de septembre 39 et la terminait sous les invectives par lesquelles ce forcené s’en prenait au vieux soldat.

Les assurances françaises de non-livraison de la flotte

Pendant les jours qui suivirent le Gouvernement français et l’amiral Darlan commandant en chef de la marine de guerre s’employèrent à répondre face aux demandes anglaises concernant la flotte que celle-ci ne serait jamais livrée.

Ce fut particulièrement le cas les 18 et 19 juin lors de la venue à Bordeaux  d’Alexander, Premier Lord de l’Amirauté, Dudley Pound, chef d’état-major de la Marine et de Lord Lloyd, ministre des colonies. L’amiral Darlan et le ministre des Affaires étrangères, Baudouin, ont donné toutes assurances sur le sort de la flotte à ces interlocuteurs. Ceux-ci, semble-t-il, n’auraient pas évoqué l’envoi de nos bateaux en Angleterre et se sont montrés apparemment rassurés. Ils ont simplement demandé d’envoyer la flotte en AFN ce qui avait déjà été décidé en Conseil des ministres.

Les objectifs de Churchill

Vis-à-vis de la France et de sa flotte, ces objectifs étaient triples

Churchill souhaitait ne délier notre pays du faux accord du 28 mars que sous condition d’envoyer les bateaux de notre Marine dans les ports anglais. C’était très fort. Le bénéfice pour l’Angleterre était, en plein désastre, triple :

1° – Tout d’abord, récupérer gratuitement ou neutraliser notre magnifique flotte au profit de sa propre stratégie.

2° – Annuler l’armistice et contraindre une France écrasée à poursuivre la guerre en faveur de l’Angleterre.

En effet les Allemands avaient conclu l’armistice pour éviter que nos bateaux et l’Empire viennent renforcer l’effort de guerre britannique en 1940 et les Français pour sauvegarder ceux-ci.

Le 23 juin, c’est-à-dire le lendemain de la signature de l’armistice à Rethondes, les Britanniques revinrent à la charge en donnant le choix à Darlan entre une entrée en dissidence et la poursuite de la lutte avec les Anglais ou l’envoi de la flotte en Angleterre.

Si les Britanniques avaient eu satisfaction, les Allemands auraient considéré la demande d’armistice comme nulle et non avenue et seraient revenus immédiatement à la solution de la capitulation et du régime d’occupation intégrale.

La France se serait retrouvée dans la situation prévisible avant le 17 juin et peut-être contrainte de poursuivre la guerre en AFN, ce que souhaitait Churchill, mais dans des conditions catastrophiques.

3° – Éliminer les défenses de l’Empire.

Churchill avait des visées sur l’Empire français pour poursuivre la guerre et, accessoirement, pour en tailler des morceaux. De 1940 à fin 1942 il engagera un conflit anglo-français qui ne fera qu’aggraver la situation de notre pays :

– sollicitations des gouverneurs généraux des colonies comme le général Noguès en AFN pour qu’ils fassent défection et rentrent en dissidence ;
– double attaque de Dakar avec, peut-être l’espoir de s’emparer de l’or de la Banque de France mis en lieu sûr à Thiès ;
– blocus de famine de Djibouti ;
– attaque de la Syrie pour faire passer les pilules des défaites en Grèce et en Crête et procéder à l’éviction des Français ;
– attaque de Madagascar après l’humiliante reddition anglaise de Singapour ;
– blocus maritime de notre pays.

La neutralisation de la Marine française ne pouvait que favoriser ces desseins. Ces bateaux n’auraient plus pu, comme ils le firent à Dakar, défendre l’Empire dont la Grande-Bretagne aurait été en mesure de récupérer des territoires.

Vis-à-vis de l’opinion intérieure et internationale

En juin 1940 la position de Churchill apparaissait encore fragile face aux deux poids lourds de son gouvernement : Chamberlain et Lord Halifax, fortement tentés par des négociations de paix avec l’Allemagne.

Le Premier ministre se trouvait également obligé de convaincre l’opinion publique et le Parlement britanniques de sa détermination à mener la guerre quoi qu’il arrive.

Enfin il avait à montrer à l’opinion américaine et surtout au Président Roosevelt qu’il irait jusqu’au bout.

Il y a réussi en créant la formidable sensation d’un crime de guerre envers des alliés écrasés largement par la faute de son pays et d’une flotte en cours de désarmement.

C’était plus facile, au vu de l’état des forces anglaises, que de marquer des points sur l’Allemagne. Quant à l’Italie, rappelons que le 14 juin une escadre française avait bombardé les ports de Gênes et de Savone. C’était donc jouable. Mais non, c’était les Français qu’il fallait frapper pour les punir de la « french désertion » et assouvir sa fureur de voir son plan échouer en France.

Le prétexte

Le prétexte churchillien invoqué à la face du monde était la rédaction de l’article 8 de l’armistice concernant la flotte et la quasi-certitude affichée que l’Allemagne mettrait la main sur notre flotte si celle-ci était désarmée dans des ports d’attache comme Brest et Cherbourg.

S’y ajoutait  la crainte que la Marine française se joigne à la marine allemande contre la Navy en cas de retournement d’alliance.

La profonde malhonnêteté de ces prétextes

– Tout d’abord c’était oublier que, sur ordre de Darlan, tous les navires de guerre ou de commerce qui se trouvaient dans des ports qui allaient être occupés par les Allemands, avaient été évacués comme le Richelieu ou le Jean Bart, ou avaient été sabordés et que les installations portuaires avaient fait l’objet de destructions, montrant bien la volonté française de ne pas laisser de navires aux mains ennemies.

– C’était également faire semblant d’ignorer que comme l’avait souhaité Lord Lloyd, l’essentiel de la Marine s’était réfugiée dans les ports de l’Empire et d’AFN ou à Toulon, c’est-à-dire hors de portée des Allemands après l’armistice.

– C’était feindre d’ignorer que si l’article 8 spécifiait bien que la flotte de guerre serait démobilisée et désarmée dans les ports d’attache du temps de paix sous le contrôle de l’Allemagne ou de l’Italie, des négociations étaient en cours avec celles-ci pour que cela ait lieu en AFN et à Toulon. Or ces négociations avaient abouti à un accord dans ce sens à la suite de la signature de l’armistice avec l’Italie le 25 juin.

Selon le livre de François Beltgens « Mers El Kébir. 3 juillet 1940 », la commission d’armistice italienne avait accepté le 24 juin que la démobilisation de nos navires ait lieu en AFN et à Toulon. Le 30 juin à Wiesbaden la commission d’armistice allemande se déchargea sur la commission italienne pour toutes les questions concernant la Méditerranée ce qui avalisait la décision italienne concernant le désarmement de notre flotte. Le risque n’existait plus.

– C’était oublier volontairement les assurances formelles du Gouvernement français et de l’amiral Darlan prononcées avant l’armistice devant les plus hautes autorités anglaises.

– C’était faire mine de ne pas avoir connaissance des instructions formelles et réitérées  de l’amiral Darlan de saborder tout unité de la flotte qui risquerait d’être capturée par les Allemands ou qui recevrait l’ordre de se livrer à eux. Cet ordre était connu des Britanniques qui avaient été avertis par l’attaché naval français et, surtout, qui connaissait les codes navals secrets français qu’ils avaient capturés sur le sous-marin Narval qui avait fait défection à Malte pour rallier le général de Gaulle.

C’est en application de cet ordre qu’en novembre 1942, la flotte française se saborda à Toulon plutôt que d’être saisie par les Allemands.

– Il y avait également des raisons plus concrètes. En juin 1940, du fait de caractéristiques techniques très différentes, les navires français ne pouvaient guère être utilisés à court terme par la marine allemande et, mieux, par la marine britannique.

– La raison la plus convaincante que cette prétendue menace n’existait pas est qu’à Rethondes, les négociateurs avaient posé comme conditions impératives à la signature française de l’armistice, la souveraineté sur une partie du territoire métropolitain, la non-livraison de la Marine et l’intégrité de l’Empire.

Les deux seuls atouts qui restaient à la France au cœur de cette catastrophe étaient la Marine et l’Empire. Il était évident, sauf aux yeux d’un forcené qu’elle ne s’en dessaisirait pas au profit de l’Allemagne. Ce qui fut fait. En revanche les graves atteintes qui furent portés à ces deux seuls espoirs de la France le furent par l’Angleterre.

– Enfin, le retournement d’alliance était purement imaginaire. Il faut souligner que le gouvernement du Maréchal tenait à rester en bons termes avec l’Angleterre et de préserver l’alliance avec elle. C’est Churchill qui rompit de fait les relations diplomatiques au nom de l’Empire britannique en rappelant son ambassadeur Campbell le 22 juin

L’attaque

Les faits sont connus. Bornons nous à les résumer

– À Mers El Kebir il y eut deux attaques navales et aériennes successives. La destruction fut loin d’être complète. Le cuirassé Bretagne fut coulé avec près de 1 000 hommes emprisonnés dans ses flancs dont on ne récupèrera les corps que bien des années après. Le Strasbourg et plusieurs navires s’échappèrent et rejoignirent Toulon.

Mers El Kebir est comparable à l’attaque de Pearl Harbor en 1941 qui fut qualifiée d « infamy » par Roosevelt. Celui-ci félicita cependant chaudement Churchill pour son action. Il y a de bonnes et de mauvaises infamies.

– À Alexandrie où se trouvait une importante escadre française, un accord amiable entre l’amiral Godfroy et l’amiral Cunningham, un des plus grands marins de l’histoire britannique, permit d’éviter que les navires anglais et français se tirent dessus en pleine rade, ce qu’exigeait frénétiquement Churchill.

– Dans les ports britanniques se trouvaient de nombreux bateaux français depuis Dunkerque. Un coup de main monté avec un maximum de duplicité par les Anglais leur permirent de s’en emparer. Les personnels furent maltraités, brutalisés et traités comme des prisonniers de guerre.

– À Dakar, le cuirassé Richelieu fut attaqué deux fois et endommagé, notamment lors la tentative anglo-gaulliste de s’emparer de Dakar. En cette occasion il y eut une bataille navale qui se termina par un succès français.

– Enfin, conformément aux traditions de piraterie anglaise, ordre fut donné à la Navy de s’emparer des bateaux de commerce français.

Les conséquences

Ces attaques, et en particulier, Mers El Kébir, furent des crimes de guerre commis contre d’anciens alliés qui ne se trouvaient pas en situation d’hostilité envers la Grande-Bretagne et dont les navires étaient en cours de désarmement.

Moralement indéfendables, leurs conséquences en démontrent la stupidité.

– D’abord il demeurait une flotte française appréciable même si elle était durement touchée. Le cuirassé Dunkerque fut remis en état

– Un des objectifs de Churchill était prétendument de mettre la flotte hors de portée d’atteinte par les Allemands. À la suite de ces agressions l’essentiel de la flotte remonta vers Toulon.

– Les Allemands acceptèrent que nos bateaux soient réarmés. Ce n’est pas ce qu’attendait Churchill.

– Ce renversement d’alliance faillit se produire. Peut-être était-ce ce qu’espérait Churchill ? En tout cas certains : Laval et Darlan, furieux, tendaient vers une telle solution. Le général Weygand et Baudouin s’y opposèrent et Pétain, convaincu, y mit son veto.

– Une profonde anglophobie se développa en France mais fut rapidement contrebalancée par la détestation de l’occupant allemand.

Mers El Kébir fut comme l’a dit le général de Gaulle un « terrible coup de hache » dans les espoirs gaullistes. Les recrutements se tarirent et la France libre vécut de ce point de vue des jours difficiles.

Enfin, le plus grave fut que les Allemands tirèrent prétexte de cette agression pour, le 15 juillet, demander au gouvernement français l’utilisation des ports, d’aérodromes et des voies ferrées d’AFN ce qui représentait purement et simplement une occupation de l’AFN, c’est-à-dire un désastre stratégique. Comme on le sait, Pétain refusa mais le coup qui aurait pu être catastrophique pour la cause alliée ne passa pas loin.

En conclusion

Les leçons à tirer de cet épisode tragique sont d’actualité.

Ne jamais se mettre en situation de sujétion à l’égard d’autres puissances et surtout pas d’alliés comme la Grande-Bretagne en 1939, à l’exemple du lamentable régime politique français de l’entre-deux guerres.

Ne jamais accepter un licol comme l’accord du 28 mars 1939.

En toutes circonstances ne penser qu’à sauvegarder sa souveraineté nationale et son indépendance de décision en s’appuyant sur les moyens de la puissance économique, financière, diplomatique et militaire.

En 2020 la France en est loin.

André Posokhow

http://synthesenationale.hautetfort.com/archive/2020/07/25/mers-el-kebir-la-rancon-de-la-sujetion-a-un-allie-deloyal-6253704.html

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28 Commentaires

  1. TRÈS BON ET TRÈS INTÉRESSANT ARTICLE ! ! ! ! ! ! ! ! Au début de la Seconde Guerre Mondiale, la Marine Française qui était récente était la 3ème du Monde par le nombre de navires après l’ Angleterre mais la Seconde en puissance et en modernité ce qui était un grand atout à préserver et l’ on peut comprendre I’ Amiral DARLAN et les réticences du Maréchal PÉTAIN ! ! ! !

  2.  » la magnifique flotte française  » qui se saborda lamentablement à TOULON au lieu d’avoir poursuivi le combat dès juin 40. Il était plus confortable pour des officiers trouillards d’aller faire le beau à l’amirauté à DAKAR que de chasser le U-Boot dans l’atlantique. CHURCHILL était un lion qui n’a jamais baissé les bras et refusé tout compromis avec les boches. Il a gagné la bataille d’Angleterre et le débarquement est parti de chez lui. Le drame de Mers El Kébir c’est pour les marins qui ont subit le feu alors qu’ils n’avaient pas le choix de poursuivre ou non le combat. Tout le monde ne peut pas être le Cdt L’HERMINIER. Aujourd’hui, on dépend de l’étranger même pour les cartouches de 9 mm !

    • Churchill a refusé tout compromis avec les boches, mais avec les Français aussi !
      La flotte française n’avait peut-être pas rallié la grande-bretagne, mais elle n’était pas pour autant passé du côté boche et n’avait pas tiré sur des navires anglais !
      Et vous oubliez un peu vite que votre « lion » avait 1) différé le débarquement de nouvelles anglaises en France pendant la bataille de France, quand celle-ci a tourné à notre désavantage, 2) rembarqué secrètement des troupes anglaises déjà en France (ce dont le gouvernement français fut informé par l’amiral Darlan), et différé également d’engager son aviation au-dessus de la France.

      Est-ce qu’au moins vous savez comment De Gaulle appelait Churchill ?

  3. Bref , vous reprochez à Churchill d ‘ avoir gagné la guerre ! De plus vous accordez une importance primordiale à la « sincérité » des allemands quant aux accords conclus , on sait ce qu ‘ ils en font quand ça les arrange , voir l ‘ « Opération Barbarossa » contre l ‘ URSS !!

    • On reproche à Churchill de s’être comporté comme une ordure. Tout comme on reproche à Roosevelt d’avoir été un francophobe sans aucune bonne raison, ou encore à De Gaulle d’avoir géré aussi mal que possible le dossier algérien. Et on ne dit pas non plus que les allemands – ou les soviétiques avec lesquels ils s’entendirent si bien avant guerre – étaient des honnêtes gens.

  4. Quelles que furent les circonstances on ne peut oublier que les Anglais sont des ennemis héréditaires. Même si les amiraux français furent « bornés », les Anglais auraient dû suggérer d’autres solutions et faire évacuer les navires. La mémoire de ces malheureux marins français ne fait l’objet d’aucun souvenir « officiel », à ma connaissance…. Il s’agit bien d’un crime de guerre et il est intolérable de penser que certains honorent Churchill en France, au point de le décorer… A retenir la conclusion : la souveraineté d’un pays est primordiale et nous ne devrions dépendre ni des USA ni d’aucun autre pays, y compris Bruxelles.

  5. imaginez les dégats que ces navires mis au service des nazis auraient pu causer?

    • La plus grande faute du Führer a été de laisser de côté l’Afrique du Nord française dans l’armistice. En 42, c’était trop tard, les yankees avaient investis le terrain.

      • Si Hitler n’avait pas été qu’un gros con, il aurait tout simplement occupé Gibraltar et coupé l’accès à la Méditerrannée aux british. Du coup, fini la 8ème Armée, et pas non plus de débarquement allié en novembre 42.
        C’était pas compliqué.

      • La plus grande faute du Führer a été de laisser de côté l’Afrique du Nord française dans l’armistice./ dixit
        absolument ! c’est une enorme connerie du Führer…il pouvait rentrer facilement en 1940 ou 41 par la tunisie ( plus difficile mais realisable avec l’algerie )
        on n’explique pas suffisamment que c’est grace a Petain en 40 avec la ligne
        de demarcation et sa zone libre que l’afrique du nord est preservé…en nov 42 la donne change pour Hitler mais c’etait trop tard.
        Churchill a eu raison d’attaquer le 3 juillet 1940 la flotte française, car cela a
        découragé l’allemagne de venir en afrique du nord, en plus de la zone libre

        • Théodore, la raison même de l’armistice et de la zone libre, c’était d’empêcher l’allemagne de déboucher en Méditerranée, d’accoster en Afrique du Nord et de mettre la main la flotte et sur l’empire français !
          Preuve que cela a été efficace, votre « Führer » ne l’a pas fait, alors même que cela n’aurait pas été difficile à réaliser rien qu’avec l’Afrikakorps sur place, et il a fallu le débarquement anglo-saxon fin 1942 pour que les troupes allemandes annexent la zone libre – autrement dit, cette action des allemands d’envahir la zone libre a moins dépendu des allemands eux-mêmes, que des anglo-américains !

  6. Oui, ben moi j’ai eu des témoignages de descendants de marins.

    Ce sont les amiraux français qui se sont montrés obtus au possible, tant à Mers el Kébir qu’à Dakar et à Alexandrie.

    Les marins étaient tous enthousiastes pour mettre leurs bâtiments au service de la lutte contre l’Allemagne, et les amiraux anglais avaient même accepté de les laisser battre pavillon français. Les amiraux français n’ont rien voulu savoir.

    Grâce à une amie, j’ai pu rencontrer son grand-père qui était à Dakar. Il ne fallait pas lui parler de ses amiraux ! S’il avait pu gagner un navire anglais à la nage, il l’aurait fait.

    Comment il disait ? « Vieilles badernes », le reste de ses mots était beaucoup moins poli.

    « caractéristiques techniques très différentes » ? Les boulons en pouces et en millimètres ?

    • « Le plus difficile, dans des temps troublés, ce n’est pas de faire son devoir, c’est de le connaître » (Alain Griotteray)
      N’accablez pas trop les amiraux. Ils avaient à choisir entre politique et discipline. Les militaires, qu’ils soient ou non marins, sont peu formés à cela

      • insinuez vous que les militaires et marins (de haut grade) n’aient pas de cerveaux?

        • A entendre le grand-père de mon amie, les matelots avaient plus de cerveau que leurs amiraux, et il ne se privait pas de les accabler.

          Selon d’autres témoignages que j’ai entendus, certains généraux de l’armée de terre avaient, eux, gardé tout leur cerveau, et pourtant ils ont été conspués tant et plus par des gens qui ne se trouvaient pas dans les combats, je pense à Corap en particulier.

          J’ai beaucoup entendu, lors de ces discussions, que c’était dans la marine que les hauts gradés étaient les plus c…

          Alors c’est facile, 70 ans après, de taper sur les anglais, qui restaient absolument seuls contre l’Allemagne nazie…

          • Seuls contre les socialistes nationaux allemands, après avoir permis à l’Allemagne de développer sa flotte?
            Avez-vous tout lu : conférence de Washington de 1922, traité naval germano-britannique de 1935, etc…
            Ils sont beaux vos alliés

      • @SylvieDelmas
        C’est trop facile d’accepter le Pouvoir et les avantages qui vont avec ; et dans les temps difficiles, de demander de juger, avec compassion et complaisance, les mauvaises décisions qu’on a prises, à partir de convictions inexistantes et de principes moraux à géométrie variable.
        Il y a de grands militaires et de grands serviteurs de l’Etat, hélas trop peu nombreux, et il y a des « vieilles badernes » ( pour rester poli) plus préoccupés par leur carrière que par le sort du pays qu’ils doivent servir.
        Je vous laisse deviner dans quelle catégorie je classe les politiciens et les militaires au Pouvoir qui ont permis la capitulation française en 1940.

        • La France n’a pas capitulé en 1940. Il y a une différence entre demander un armistice, l’obtenir et le négocier, et capituler.
          Et il y a surtout une différence en ce qui concerne les conséquences… Demandez-vous ce qu’il serait advenu de la France si elle avait capitulé !

    • Les raisons qu’avait la France (et pas seulement les amiraux…) de ne pas céder la flotte aux anglais, André Posokhow les a bien expliquées dans son article.

      Mais il y a une chose que vous ignorez (et avec vous, ces descendants de marins dont vous rapportez le témoignage) : c’est que Churchill avait, en personne, donné l’ordre à sa marine de tirer sur les bâtiments français, s’ils avaient levé l’ancre pour rejoindre la flotte britannique et l’angleterre.
      Oui ! Vous avez bien lu !

      C’est quelque chose que malheureusement bien trop de Français ignorent.

  7. L’acteur Jacques François, jeune marin à Mers-el-Kébir, rapporte dans ses mémoires que des avions anglais sont revenus le lendemain mitrailler les marins français. Témoignage, à ma connaissance, oublié des historiens.

  8. 2/2
    Explication du point 4) :

    Précisons en effet – c’est la seule chose qui manquait dans l’article d’André Posokhow – que les rapports entre la France et le royaume-uni sont réglés, depuis le début du siècle et jusquà ce jour, malgré la 2ème GM et la Guerre Froide qui lui a succédé – par l’Entente Cordiale.

    Or, l’Entente Cordiale est un accord limité qui n’a jamais eu l’envergure d’une alliance.

  9. 1/2
    Article brillantissime, une véritable leçon de politique et de géo-stratégie que les patriotes lecteurs de RL – ceux qui attendent d’être sauvés par les américains ou la Russie de Poutine, et ils sont nombreux ! – feraient bien de méditer.

    Rappelons que la France, aujourd’hui, a quatre ennemis :
    1) son propre gouvernement, composé de traîtres gaucho-mondialistes,
    2) des immigrés qui la colonisent par la faute des premiers,
    3) l’allemagne, dont le seul et unique projet politique est de régner sur l’Europe, en plaçant la France en état de sujétion et en la réduisant à l’état de sous-puissance (ce qui est en train de se réaliser),
    4) et enfin l’angleterre, alliée définitive des USA et qui n’a JAMAIS été alliée de la France.

  10. Un des miens y a laissé sa vie ….fils d’une mere Vendéenne et d’un pere Corse ,mon oncle s’éteindra en 1962 en haïssant les anglais jusqu’a son dernier souffle . Une époque ou il nous aurait fallu un homme a poigne alors qu’elle n’a été précédé que d’un guignol antimilitariste assez con pour ne pas s’apercevoir qu’adolf se surarmait de l’autre coté du rhin …..J’ai bien peur que nous revivions la meme époque de découillés !!!

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