Messieurs les évêques, le mariage homosexuel est-il vraiment plus dangereux que l’islam ?

Actuellement les catholiques sont matraqués par les prises de position des évêques contre le « mariage » homosexuel, et sommés de monter eux aussi au créneau. On leur propose manifestations, pétitions, etc.  Il est exact qu’on peut s’inquiéter de la modification du code civil  avec l’introduction des peu poétiques termes « parent 1 » et « parent 2 »  ainsi que des transformations dès lors inévitables du dictionnaire, sans parler du sort des enfants.  Mais il est vrai aussi que l’Eglise a toujours eu comme volonté déclarée de contrôler la sexualité des fidèles. A côté de cela les évêques ne disent pas un mot sur l’islamisation de notre société, qui est bien plus grave pour notre civilisation et menaçante pour nos valeurs républicaines que le désir des homosexuels de convoler (à une époque où plus personne ne se marie sauf les curés disait un humoriste.)

Dans la série « Les évêques n’ont rien compris », voici le dernier modèle : Le cardinal Jean-Pierre Ricard, archevêque de Bordeaux,  a prononcé une conférence intitulée « Laïcité de l’Etat, laïcité de la société ? », au Centre Saint-Louis de Rome, jeudi 27 septembre 12012.

http://www.zenit.org/article-31994?l=french

En 1905, le problème était que l’Eglise catholique possédait une emprise politique sur la société et l’enjeu du moment était d’en libérer celle-ci. Aujourd’hui c’est au tour de l’islam de vouloir  prendre le politique d’assaut. Il faut réagir avec autant de vigueur qu’en 1905, sinon plus car en plus de vouloir prendre du pouvoir, l’islam veut prendre LE pouvoir. Il le dit, il l’annonce, il ne s’en cache pas. C’est pourquoi Mgr Ricard n’a rien compris. Angélisme ou déjà dhimmitude ?…

Tout d’abord Mgr Ricard développe la notion de laïcité, apparemment rien à dire.  Sauf lorsqu’il écrit : « La saine laïcité,  … signifie libérer la croyance du poids de la politique et enrichir la politique par les apports de la croyance… ». On se demande en quoi les apports de la croyance musulmane vont enrichir la politique. Ces  « apports » vont surtout l’appauvrir avec le refus  dans l’islam de l’égalité homme-femme,  le refus de la mixité,  le refus de nos lois (par exemple avec le halal qui est une dérogation ignominieuse, avec la polygamie, contraire à l’esprit et la lettre de nos lois, avec la prétendue légitimité des châtiments corporels, y compris les plus barbares) le refus de la laïcité tout simplement. Mgr Ricard a déjà tout faux.

Cela se corse lorsqu’il aborde franchement la question de l’islam, en dernière partie.

Lorsqu’il dit :

« On sent bien qu’une distinction des domaines entre loi civile et loi religieuse ne leur est pas familière. Or, il ne peut y avoir de vivre ensemble pacifique dans une société pluraliste que si une telle distinction fondatrice est maintenue. » Là cela va bien, mais ensuite tout bascule. On sent qu’il veut préserver la part catholique du gâteau et l’idée qu’il se fait de la liberté des catholiques et il est dès lors prêt à toutes les compromissions avec l’islam.

Ainsi sur l’ interdiction du voile des mères accompagnant les enfants  en sortie scolaire :  s’il n’y a pas d’atteinte à l’ordre public, nous sommes en présence d’une « infraction au principe de liberté religieuse »  explique-t-il. Il est donc d’accord pour que nos enfants d’habitude plus ou moins  protégés soient choqués par ces femmes voilées et soient soumis à leur prosélytisme insidieux. Pourtant le voile est bien un trouble à l’ordre public quand on voit combien il choque, divise tout en pavoisant.

Et Mgr Ricard lâche le morceau :

« En effet, certains plaident pour une interdiction des expressions de manifestation religieuse dans l’espace public, et ceci au nom de la laïcité. ….Qui ne voit que cela peut contribuer aussi, au moins en certains lieux, à interdire les processions, le port de la soutane ou d’un habit religieux et toute manifestation un peu publique du religieux. Allons-nous voir refleurir des arrêtés comme celui du 10 décembre 1900 interdisant le port de la soutane sur tout le territoire de la commune du Kremlin-Bicêtre ? M’interdira-t-on sous le prétexte d’une laïcité mal comprise de bénir les bateaux le 15 août sur le bassin d’Arcachon ? » Eh bien je dirai qu’il faut choisir, quel que soit le désir, qui semble être la raison et le fil rouge de la conférence, et d’ailleurs bien légitime,  du Cardinal Ricard de pouvoir encore bénir les bateaux le 15 août sur le port d’Arcachon !…

Entre nous, la préservation de notre civilisation vaut bien un petit sacrifice de la part du Cardinal Ricard. Dans notre Etat où les religions sont égales, si les cathos font des processions,  alors les musulmans peuvent prier dans la rue, si les cathos se mettent en soutane on ne voit pas pourquoi les musulmans n’en profiteraient pas pour se mettre en longue robe, blanche pour les hommes  et noire pour les femmes. Choix de couleur qui est en lui-même discriminant. Il signifie que les femmes doivent disparaître du paysage. (Mais ce n’est peut-être pas pour déplaire à certains évêques, qui cantonnent volontiers les femmes dans des tâches subalternes bien précises et le plus  loin possible de l’autel).  Il est clair en tout cas que les soutanes ne sont pas le signe du désir de prendre possession politiquement du pays, (je crois que les catholiques y ont renoncé depuis longtemps), mais que le voile et la djellabah sont des étendards politiques.

 Pour éviter les manifestations intempestives de cette religion plus qu’envahissante, il serait bien que les catholiques acceptent un temps de se montrer discrets et pour tout dire solidaires avec la laïcité. Pour paraphraser une phrase célèbre, la République vaut bien non une messe, mais un retour à la discrétion. Chaque religion chez elle, dans la sphère privée. Plus aucune manifestation publique de la religion.  Chacun chez soi et nous serons tous bien gardés… du califat.

C’est justement ce que refuse le Cardinal Ricard :

« Mais, il faut s’opposer à cette tendance visant à étendre la laïcité de l’État à l’ensemble de la société…une société démocratique est une société plurielle, où, dans le respect de l’ordre établi, toutes ces expressions publiques des religions doivent pouvoir se manifester. » Eh bien non. Pas si l’une de ces expressions publiques a pour vocation déclarée d’être politique et de prendre toutes les autres en otage. Une société ne peut pas être plurielle avec des gens qui refusent la pluralité.

 « Il en va du respect  du droit à la liberté religieuse, qui est  au fondement de tous les autres droits de l’homme. » Mais elle ne l’est pas si cette pseudo liberté religieuse sert de paravent à une réalité politique, totalitaire, globalisante, conquérante, suprémaciste, et in fine négatrice des droits de l’homme.

 « L’État est laïc. Notre société ne l’est pas. Elle a une autre ambition : être une société, non pas où on muselle les religions, mais une société qui permet à celles-ci d’apporter toutes leurs composantes et d’enrichir ainsi la vie sociale elle-même. » Mais  la société est devenue laïque. Donnons lui une vraie  laïcité. Nous nous passerons de la composante de l’islam, tant que celle-ci, loin d’enrichir la société, ne cherche qu’à unifier la vie sociale vers une impasse politique, la sienne.

Le pape Jean-Paul II aurait dit  selon Mgr Ricard ceci   : « Un sain dialogue entre l’État et les Églises – qui ne sont pas des concurrents mais des partenaires – peut sans aucun doute favoriser le développement intégral de la personne humaine et l’harmonie de la société. »  Nul doute que ces paroles que Mgr Ricard juge actuelles, auraient besoin d’être réactualisées face à l’islam dominateur qui se comporte justement comme un concurrent privilégié et un conquérant visant à supplanter les autres religions et surtout à établir des lois qui ne sont pas les nôtres. Quant on a à faire avec un interlocuteur tel que l’islam actuel, il convient de ne pas être naïf et de chercher à se protéger.  Les évêques feraient bien de se préoccuper de la société civile et laïque, sans laquelle ils ne peuvent exister. Si elle est anéantie car aspirée dans une absence de séparation entre l’Etat et une religion dominante islamique, ils seront anéantis eux aussi, et il sera alors trop tard, non seulement pour eux mais pour leurs ouailles, qu’ils ont le devoir de protéger.

C’est en ligne droite de cette conférence que les Pères du synode se sont récemment indignés d’une vidéo qui leur était présentée sur la démographie conquérante des musulmans en Occident et sur le fait que si les musulmans continuaient à investir le domaine des poussettes et des biberons, nous serions tous musulmans dans peu d’années.

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2012/10/15/01016-20121015ARTFIG00708-islam-une-video-suscite-la-polemique-au-vatican.php

Les évêques ont poussé des cris d’orfraies, déclaré que cette vidéo était susceptible de susciter une guerre de religion, et indiqué qu’une « autre fois » ils reviendraient avec « les vrais chiffres ». On ne pouvait pas mieux se cacher la tête dans le sable. Comme si aucune guerre, aucune substitution de population n’était en cours.

 Quand nos évêques prendront-ils la mesure de ce qui se passe en France,  en Europe  et dans le monde ? Surtout, quand utiliseront-ils de la possibilité de s’exprimer que leur donnent, encore, les médias pour prendre leur part de la bataille qui se joue déjà ? Vont-ils attendre que,  la charia ayant été proclamée en Eurabia, on commence à jeter les homosexuels du haut des immeubles  comme l’islam le requiert ?… Nous devrons alors, s’il nous reste quelque virilité, nous porter au secours de ces malheureux, avec toute la sympathie dont nous serons capables. Mais il sera sans doute trop tard pour les évêques, ils n’auront plus le droit d’exister. Comme dans la fable de La Fontaine « le chien et les chacals » qui circule en ce moment sur le net, ils auront été réduits au silence dans le meilleur des cas et dans le pire proprement passés de vie à trépas. Justement par ceux dont ils ont dit qu’ils allaient « enrichir la vie sociale elle-même ». A moins que l’enrichissement, pour certains évêques, soit la disparition programmée de l’Eglise catholique.

Libre aux évêques de vouloir augmenter de leurs propres vies le martyrologue. Mais les chrétiens, les citoyens français, les Occidentaux,  ne l’entendent pas tous de cette oreille. Pour nous défendre tous ensemble contre l’islamisation,  chrétiens et non-chrétiens, croyants, apostats et athées de tous poils, puisqu’aucun texte ne reconnaît la suprématie culturelle de nos racines judéo-chrétiennes,  il faut, il est urgent de pratiquer une société laïque sans failles.  Attention, je ne dis pas comme certains qu’il faut attendre patiemment la disparition de la croyance en Dieu, ce qui ne se produira sans doute jamais. Je dis juste qu’il faut entourer la foi de l’usage de la raison et d’une laïcité forte.

 Sophie Durand

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