Messieurs les philosophes, et si vous donniez votre vie pour l’Ukraine…

Messieurs les Philosophes va-t-en-guerre,

Les conflits planétaires se suivent et se ressemblent en ceci qu’ils vous voient chaque fois lancer votre appel aux armes au moindre bruit de bottes, voulant ainsi emmener notre pays dans des guerres aux intérêts pour lui discutables, au nom de vos beaux et nobles idéaux, car bien évidemment vos cerveaux supérieurs ne sauraient en émettre qui ne le fussent point. La guerre opposant la Russie à l’Ukraine ne pouvait donc qu’être pour vous l’occasion d’une nouvelle manifestation de générosité et d’humanisme.

Mais diantre, que ne joignez-vous jamais à la majesté de la parole l’héroïsme du geste, tel un André MALRAUX lors de la guerre d’Espagne ou un Régis DEBRAY à Cuba, dont la profondeur des convictions et l’intransigeance de l’engagement méritent, au-delà de tout éventuel désaccord, notre plus grand respect ? Quelle allure, quel panache revêtiraient alors vos propos ! Il est vrai que dans un tel choix on risque sa vie ou quelques vilaines blessures à l’esthétique incompatible avec les impeccables chemises blanches et les coiffures au romantisme calculé, loin des mises en scène médiatiques sur des théâtres d’opération reconstitués à l’abri des bombes et des snipers.

Mais, vous contentant de mots prompts uniquement à faire mourir les autres, vous sont de ce fait refusées tout autant la noblesse et l’abnégation qu’eût pu vous offrir une mort sacrificielle que la grandeur et la gloire que vous eût accordée l’existence des survivants. À vous par conséquent la petitesse et l’insignifiance des embusqués de l’arrière.

On peut toutefois comprendre que vous préfériez demeurer philosophes de salon, expirer sur une ligne de front étant moins enviable qu’inspirer sur une ligne de coke, bien que ce faisant vous ne laisserez à la postérité comme seul témoignage de votre virilité belliqueuse que quelques images d’un homme à terre que vous vouliez frapper parce qu’il avait osé vous entarter.

Mais courage, il n’est jamais trop tard pour bien faire, chaque nouvelle guerre à laquelle vous appelez étant une opportunité toujours renouvelée d’échapper à la médiocrité et à la lâcheté auxquelles la distance entre vos actes et vos propos vous condamne. Et puis, partez au front rassurés : si, en y tombant, vous deviez nous priver de vos apparitions sur nos petits écrans, sachez que nous nous en remettrions à une telle vitesse que vous ne devez avoir là aucun sujet d’inquiétude.

Marc Lequin

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7 Commentaires

  1. m’enfin il faut du temps pour créer une brigade internationale de valeur , bhl suivi de laurent joffrin , eintoven et autres grands résistants à la tyrannie poutinienne

  2. Proposons à Poutine de lui livrer BHL , Gluglu, Attaluche, Con Bandit , Minc Enthoven et autres membres de la judeoracaillerie gaucomondialiste afin qu’ il s’ en serve pour ses randori .

  3. Magnifique ! J’en redemande ! Ma pensée est tellement bien écrite que j’en suis jaloux !

    • Merci! Ceci dit, des philosophes de ce style facilitent l’inspiration…

  4. Allez BHL un peu de courage les écrans TV en chemise blanche immaculée ça le fera aussi sous les bombes c’est sûr c’est classe
    La guerre il en rêve c’est son fantasme mais juste devant les caméras
    C’est beau la philosophie c’est pas dangereux et puis on a l’impression de faire quelque chose juste l’impression !!

  5. La Carla s’est dit qu’elle avait une opportunité, elle qu’il n’y a que le train qui ne lui est pas passé dessus …des soldats ukrainiens, c’est tentant…

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