Islam et bombe atomique iranienne : mes divergences avec MM. Pipes et Millière

Publié le 4 juin 2012 - par - 1 004 vues
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Un ami de Résistance Républicaine vient de m’offrir un livre d’entretien entre l’islamologue américain Daniel Pipes et l’intellectuel français Guy Millière. Il est intitulé « Face à l’islam radical » et sous-titré « Un regard plus profond sur le Proche-Orient et le péril islamiste ».

Face à l'islam radical : Un regard plus profond sur le Proche-Orient et le péril islamiste

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Ce livre de soixante-dix-sept pages nous donne à lire deux intellectuels lucides sur les dangers de l’islam radical. Le problème est qu’ils croient encore à la chimère de l’islam modéré qui pourrait,  selon leur hypothèse, contrer le premier ou même devenir la solution. C’est comme si l’expérience historique d’Atatürk – entre autres – n’était pas assez probante : l’islam, cette vision intrinsèquement totalitaire des êtres et du monde, tout autant que le communisme, il faut s’atteler, un peu plus me semble-t-il que le fondateur de la Turquie moderne, à le démanteler, à l’éradiquer (1), faute de quoi il  repousse avec une ténacité de chiendent (2) qui finit par submerger des pans entiers de la vie et par étouffer nos libertés individuelles et collectives.

Ces deux intellectuels sont d’autant moins excusables qu’ils connaissent l’histoire ancienne et récente de l’islam. On voit bien que leur approche à courte vue de nos problèmes avec l’islam leur fait escamoter les questions qui fâchent, celles qui permettent d’aller au plus profond des choses.

Exemple :

A la page 19, Daniel Pipes énonce ceci : « … L’islam radical avance. Il va continuer à avancer. Mais il n’est pas tout l’islam. Il doit être combattu en disant que l’histoire et la réalité de l’islam ne se résument pas à l’islam radical.
L’islam est une religion qui a existé avant l’islam radical, et qui existera après lui. »

Là, je m’attendais à ce que Guy Millière fasse preuve de quelque esprit pour mettre à nu ces phrases qui ne nous apprennent pas grand chose. Poser une question décisive permet de débusquer ce type d’illusions qu’on nous ressert si souvent : « Et Mahomet, beau modèle de TOUS les musulmans, fait-il partie de l’islam radical ou tuait-il les juifs et les mécréants avec modération ? ». Mais Guy Millière est trop conformiste pour poser une telle question.

Cette distinction factice entre « islam modéré » et « islam radical » amène Daniel Pipes à nous faire croire qu’il existe des chimères nommées « réformateurs de l’islam » (page 20). Et si vous vous demandez pourquoi ces réels mirages du désert islamique n’ont pas réussi à endiguer l’inexorable avancée expansionniste de l’islam radical, Daniel Pipes vous répondra tout simplement : « Dans les pays occidentaux où on pourrait les entendre davantage, on ne les entend pas parce qu’on ne leur donne pas la parole, ou beaucoup trop peu » ; « La voix des modérés est étouffée aussi au sein du monde occidental ». Autrement dit, c’est aussi de notre faute, braves gens !

En voilà une fausse affirmation que notre ami Guy Millière ne relève même pas ! Depuis le temps que nos médias nous bassinent avec ces soi-disant musulmans modérés et que nos éditeurs vont jusqu’à nous inventer, tenez-vous bien, un « islam des Lumières » et nous servir tant d’éloges des « nouveaux penseurs de l’islam », on se demande si nos deux auteurs n’ont pas fini par succomber aux charmes de ces écrans de fumée et s’ils n’aiment pas inhaler, à pleins poumons, ce succédané des opiacés. Nos auteurs ne sont pas encore prêts à considérer que l’islam ça ne se réforme pas, ça se combat, ça se défait, ça se démonte et ça se déboulonne, comme Staline, Saddam et Mahomet.

Et c’est à la page 30 qu’on découvre un peu mieux l’inconséquence des deux auteurs. Nonnie Darwich et Wafa Sultan leur servent de personnages qui donnent corps à ces réformateurs à qui l’on ne donnerait pas suffisamment la parole. Mais les auteurs évitent de préciser que, justement, ces deux femmes aux paroles authentiques et courageuses, tout autant que Ayan Hirsi Ali, se battent avant tout contre les fausses « bonnes idées » propagées par Daniel Pipes et Guy Millière. J’ose espérer que nos deux auteurs finiront par comprendre les propos tout à fait limpides de Wafa Sultan qui statue « Le problème c’est l’islam ! ». Tout simplement.

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Ouvrez bien les yeux et débouchez votre entendement, les amis !

Mais pourquoi est-ce que des intellectuels, aussi lucides et réputés que Daniel Pipes et Guy Millière, se révèlent sourds et aveugles face à ces quelques vérités basiques rappelées par cette dame qu’ils semblent apprécier ? Et pourquoi se concentrent-ils plutôt sur le conflit israélo-arabe requalifié en conflit avec l’islam radical ?

J’ose avancer quelques hypothèses :

Il est tout à fait étonnant que nos deux auteurs ne s’intéressent pas de plus près à l’Arabie Saoudite foyer historique de tout islam, autrement plus ancienne dans sa radicalité que l’Egypte et ses Frères musulmans, que l’Iran et ses mollahs, que la Turquie et ses fameux ‘islamistes modérés’. Daniel Pipes ne l’évoque que brièvement : « Face à l’avancée des radicaux, l’Arabie Saoudite, wahhabite, mais pas révolutionnaire, tente de faire exister un ‘bloc du statu quo’ » (p. 38).

Cet évitement du cœur de cible pourrait s’expliquer par le fait que l’Arabie Saoudite est un protégé historique et contractuel des Etats-Unis. Et c’est ainsi que le royaume wahhabite et ses satellites de la péninsule arabique se font facilement oublier par nos auteurs. Pourtant, c’est bien là que sont enfouis les radicaux qui secrètent et nous fournissent en ténèbres islamiques. C’est de cette contrée qu’est issue la majorité des terroristes du 11 septembre. C’est bien la monarchie wahhabite qui était, avec le Pakistan et les Emirats arabes unis, l’un des trois seuls pays à reconnaître et à soutenir le régime des Talibans. C’est bien ce charmant pays des Saouds qui nous a gratifié d’un célèbre et richissime fondateur d’al-Qaïda. Mais il est vrai que Daniel Pipes et Guy Millière ne sont ni les premiers ni les derniers à faire semblant de ne pas voir cette monstrueuse alliance contre-nature entre la plus puissante démocratie du monde et la plus rétrograde des monarchies islamiques. Cela leur évite d’aller au fond des choses et de commencer par dénoncer cette évidente duplicité islamo-américaine !

Tout aussi révélateur est le fait que nos deux auteurs n’évoquent pas le conflit pluriséculaire, y compris territorial, entre Arabes et Persans. Ils s’imaginent qu’on pourrait si facilement oublier ces pays arabes du Golfe ligués contre le peuple iranien qui avait tant souffert de la barbarie de ses propres mollahs et des persécutions de la police politique de sinistre mémoire sous le régime du Chah ; la Savak.

Contrairement à ce qu’écrivent MM. Pipes et Millière, il me semble qu’avec sa bombe atomique, l’Iran veut avant tout dissuader ses voisins arabes et sunnites. Politicien sans scrupules, Ahmadinedjad se hisse sur le dos des Libanais et surtout des habitants de Gaza auxquels ils n’a livré que des roquettes mal ajustées qui n’ont jamais réellement menacé les casernes israéliennes. Tout ce qu’elles atteignent comme objectif c’est de semer la terreur parmi des populations civiles et de livrer biens des civils aux raids d’Israël.

Contre ce dernier pays, déjà doté de la bombe atomique, et contre ses alliés occidentaux, l’Iran ne peut absolument rien. Israël sert avant tout de punching-ball verbal pour offrir un divertissement iranien aux peuples arabes, tant de fois dupés, nourris de mots haineux mais creux, se sachant incapables de tenir debout sur le ring des opérations. Et c’est ainsi qu’ils se satisfont de ces illusions symboliques que leur offrent les dirigeants de Téhéran et leurs semblables à Gaza, au Liban et dans les rangs des Frères musulmans.

Et pendant que Daniel Pipes et Guy Millière s’occupent surtout de cet affligeant  et lamentable spectacle du Moyen-Orient, de simples musulmans issus d’Afrique du Nord, de Turquie et d’Afrique saharienne continuent de consolider les murs de leurs ghettos islamiques dont les blocs élémentaires sont à base d’interdits alimentaires, vestimentaires, sexuels, matrimoniaux, bancaires, commerciaux et sépulcraux.

C’est bien l’islam et ses pratiques sociales, les plus quotidiennes et les plus banales, qui posent problème et qui sont à l’œuvre pour saper les fondations de la nation française et son ancestral creuset de fusion.

Tout compte fait, l’on peut légitimement se demander si l « islam radical » n’est pas un feu de diversion, support d’un trompe-l’œil magistralement exécuté.

Pascal Hilout, né Mohamed
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(1) – Les mots radical et éradiquer se réfèrent à la racine, à l’essence de quelque chose
(2) – Chiendent : graminée dont les racines longues et traçantes sont nuisibles aux cultures

 

 

Le 22 juin 2012, Guy Millière a publié une réponse à cet article : Cliquez ici pour la lire

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