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Metz : débuts tonitruants de Khalifé Khalifé à la tête de la mairie

Il est des individus rendus célèbres grâce à une belle phrase devenue au fil du temps citation. Khalifé Khalifé a conquis une brusque notoriété nationale grâce à une réflexion d’une intolérable vulgarité.

Il présidait le conseil municipal à la place du maire de Metz, François Grosdidier, victime d’un récent AVC. Le premier adjoint LR, ancien chef du pôle cardiologie du CHR Metz-Thionville, s’est fait remarquer alors que les élus discutaient du sixième point de l’ordre du jour, à savoir le « contrat de sécurité intégrée », prévoyant notamment l’augmentation des effectifs de police sur la circonscription de Metz. Charlotte Picard a osé rire en entendant le premier adjoint appeler les élus à ne pas transformer un sujet de sécurité en enjeu politique au sein du conseil.

Ce rire a tellement agacé le premier adjoint qu’il y a répliqué par une formule inadmissible qui devrait terminer dans les annales, tant elle est révélatrice de la stupidité et de la totale inconvenance de ce malotrus.

« Madame Picard, vous n’allez pas faire pipi dans votre culotte, là, devant tout le monde. Vous m’inquiétez, là ! », a soudain ironisé, goguenard, Khalifé Khalifé. « Votre expression est tout à fait irrespectueuse » a répliqué l’élue PS,       « Vous n’avez pas besoin de parler de mon corps et de mon urologie au sein du conseil municipal », a-t-elle ajouté.
« Vous m’excusez, mais elle tombait tellement bien », persiste-t-il. « Ah non, elle tombait tellement mal », répond Charlotte Picard. Face à cette impasse, une élue écolo prend la parole, Marina Verronneau.

« C’est infantilisant et c’est rabaissant » a-t-elle rappelé à l’adjoint. Et vous avez le culot de renchérir sur le fait que cette expression est tombée à point nommé ! Reconnaissez, s’il vous plaît, que vous avez fait une erreur. (…) Je suis choquée ! » La réponse de l’intéressé ne va pas apaiser la tension : « Écoutez, ça se soigne », rétorque-t-il.

Face à l’impasse, Marina Verronneau se tourne alors vers son groupe d’élus : « On se lève et on se casse, c’est inadmissible ». « C’est parfait, on finira plus tôt », répond l’adjoint au maire. Le conseil municipal s’est poursuivi ensuite. « Une fois sortis, nous avons dû lui arracher des excuses pour revenir au sein du conseil », a précisé la conseillère écologiste sur Twitter.

Dans un communiqué, la fédération de la Moselle du Parti Socialiste a apporté son soutien à Charlotte Picard : « En politique ou ailleurs, comme toutes les formes de discrimination, les propos sexistes n’ont pas leur place. Si notre camarade Charlotte s’était prénommée Charles, jamais elle n’aurait subi de tels commentaires. »

Et c’est ainsi que Khalifé Khalifé va passer à la postérité.

Daphné Rigobert

https://www.youtube.com/watch?v=lzxSCCeyEDA