Le cardinal Ricard salue la "laïcité" de Sarkozy : encore une imposture antirépublicaine !

Le cardinal Jean-Pierre Ricard, vice-président du Conseil des conférences épiscopales européennes (CCEE) affirme, dans un entretien publié dans « La Croix », que Nicolas Sarkozy avait « développé une approche positive de la laïcité » lors d’une rencontre vendredi 2 octobre avec une délégation du CCEE à l’Elysée. « C’était important par rapport à nos collègues évêques de l’Europe, qui parfois voient la laïcité à la française comme un combat violent entre deux camps. Après cette visite, ils en auront une vision plus juste », souligne-t-il. On le comprend après les nouveaux propos du chef de l‘Etat dénaturant la laïcité pour nous faire tout oublier de ses principes, tournant le dos à la loi de séparation des Eglises et de l’Etat de 1905, pivot de la République.
Insistant pour partager ses convictions, « non pas à titre personnel, mais comme président de la République » il a exprimé que « les religions ont leur place dans le débat public, qu’elles peuvent contribuer à une société plus fraternelle » selon les propos rapportés par l’ecclésiastique ! Evidemment ! A l’image de l’Arabie Saoudite ou de l’Iran, de l’idéologie du Vatican et de son Pape si progressiste, sans oublier l’Opus dei qui y est toujours aussi actif, dont on connaît le caractère progressiste! La référence des religions à la fraternité sous ce signe est frappée du sceau de l’imposture, et dénature purement et simplement son sens républicain.

En réalité, c’est en séparant la religion du pouvoir politique et en lui interdisant de peser dans le débat public qui fait les décisions collectives qui relèvent du pouvoir démocratique et de la citoyenneté que la laïcité s’est édifiée, non contre la religion mais contre une forme de pouvoir religieux pour le retour de laquelle milite Nicolas Sarkozy trahissant sa fonction et ce qu’il représente !
« Il a notamment eu cette expression intéressante » selon le Cardinal Jean-Pierre Ricard : « la République n’a pas comme mission de donner un sens à la vie; là, en revanche, réside le rôle des religions. » Incroyable ! Comme si notre République laïque, démocratique et sociale, ne donnait pas du sens à l’existence, comme projet commun, comme idéal de société !
Sans croire en un dieu, on ne saurait donc donner du sens à la vie ! A travers l’idéal d’un monde meilleur par exemple on n’y donnerait aucun sens alors ? Seules les religions pourraient donner du sens à la vie en proposant l’idée d’une survie hypothétique après la mort où seraient effacées les injustices du monde ici-bas, d’autant mieux ainsi justifiées que faites pour éprouver la foi du croyant dans le paradis. Quelles foutaises qu’on nous sert-là, puérile et moyenâgeuses !
Pour l’archevêque de Bordeaux, si Nicolas Sarkozy « n’a pas prononcé l’expression de laïcité positive, il a développé une approche positive de la laïcité »… On l’avait bien compris ! On se croirait revenu au temps de l’Ancien Régime, du lien indéfectible entre le trône et l’autel… Il y en a un qui se prend pour le roi et d’autres autour de lui pour ses dévots, remplis du rêve de redonner au religieux du pouvoir sur le trône en crachant sur le peuple ! Comme le disait le jeune et fulgurant Artur Rimbaud dans son merveilleux poème « Le Forgeron » consacré à la prise des Tuileries, vers le 10 août 1792, à quelques pas de la proclamation de la I er République :
« Et si, devant nos cris, devant notre vengeance
Les pattes des vieux rois mordorés, sur la France
Poussent leurs régiments en habits de gala,
Eh bien, n’est-ce pas, vous tous ?
Merde à ces chiens là ! »

Guylain Chevrier
Historien.

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