1

Mia, 8 ans, kidnappée par sa mère, était-elle vraiment en danger ?


Oh ! nous en avions déjà, des mauvais, des sales types – femmes comprises -, à commencer par les populistes, bientôt suivis des complotistes, puis des identitaires, ceux-ci exclusivement d’origine européenne, à ne pas confondre, par exemple, avec les patriotes algériens en exil et équipés de drapeaux. Et voici qu’arrive le dernier cri des méchantes gens : les « survivalistes ».

Le grand public découvre ces scélérats avec l’enlèvement de la petite Mia, 8 ans, le mardi 13 avril. Ce rapt supposé fait l’objet d’une alerte enlèvement, bizarrement stoppée très vite. On apprend en effet que les ravisseurs agissent pour le compte de la mère, à qui les services sociaux avaient retiré son enfant.
On ne se prononcera pas sur le bien-fondé de cet arrachement d’une petite fille à sa mère. On sait que les services sociaux sont tout-puissants, même s’il leur est arrivé parfois de traîner et d’arriver trop tard pour sauver des pauvres gamins en danger de mort. Dans le cas de Mia, bornons-nous à constater que sa mère, Lola, tient à elle au point d’avoir organisé son enlèvement. On la décrit comme une femme à la fois gentille et un peu spéciale – ce qui n’est pas encore strictement interdit. Elle ne voulait pas, semble-t-il, que sa fille fréquente l’école publique, étant inquiète, comme beaucoup d’autres, de l’état de notre « Éducation nationale ».

À propos de Lola, « Le Parisien » écrit le 17 avril qu’elle avait « dérivé vers une certaine radicalisation ». Les mots sont choisis, ce sont ceux aussi des autorités : les « complotistes » et autres identitaires se radicalisent, comme les islamistes, en somme – bien qu’à la différence de ces derniers, on ne puisse pas leur reprocher grand-chose, autant qu’on sache. Mais sait-on jamais, à l’heure où, dans notre vieille France, deux prêtres sont placés en garde à vue pour avoir célébré presque normalement la messe pascale. Au train où vont les choses, il ne sera bientôt plus nécessaire de préciser « catho tradi », il suffira de parler de catholiques pratiquants pour désigner de sales individus. Ce qui est quand même bien curieux à l’heure où l’islam est l’objet de tant de mansuétude…

Dimanche 18 avril, chacun se félicite, la petite est retrouvée. Sur BFM TV, on reçoit les lumières de Dominique Rizet, journaliste venu du « Figaro » (journal naguère réputé de droite). Cet expert nous explique que les ravisseurs de la petite fille sont liés au mouvement « survivaliste ». Un courant de pensée qui vient des États-Unis et dont les adeptes seraient proches de Trump (on ne met plus le prénom, on dit juste « Trump »), ex-Président officiel de ce pays et bandit bien connu. On sent que dire « proches de Trump » suffit à classer ces individus au plus bas de l’abjection.

Qui sont, en fait, ces « survivalistes », que veulent-ils ? Ce sont des gens qui pensent que tout est foutu, que nos sociétés coulent, que l’humanité va s’effondrer. Qu’il faut essayer de survivre, de fuir dans la forêt ou Dieu sait où. Bon, on peut avoir des pensées plus riantes, c’est même souhaitable, mais jamais encore, dans l’histoire humaine, il n’a été interdit d’avoir des idées noires et de s’attendre au pire.

Est-ce que le pire n’est pas déjà là, quand on n’a plus le droit de penser certaines choses ? Quand ceux qui ne pensent pas comme il faut et ont l’imprudence de le dire sont qualifiés d’ultra-ceci, d’extrême-cela, et sont, en quelque sorte, désignés comme des criminels ? Qu’on se rappelle les propos de Claude Bartolone, ancien président socialiste de l’Assemblée nationale, parlant de ses adversaires : il y a, disait-il, « l’extrême-droite et… la droite extrême ». Tous des salauds, à l’évidence. Alors, vous pensez bien, populistes, complotistes, traditionalistes, survivalistes, scélérats et compagnie. Sans compter les Gilets jaunes, avec ou sans dents.

Didier Blonay