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Michel Onfray effraie les orfraies de BFM TV


Dimanche soir, sur BFM TV, Michel Onfray a été bon, même très bon. Et pourtant, je ne suis pas un admirateur inconditionnel du personnage, dont les certitudes dogmatiques, entre autres, ne sont pas toujours de mon goût, même si je dois admettre qu’il est souvent gratuitement invectivé, parfois de manière abjecte 6 voir les accusations dont il a été victime pour son ouvrage Le Crépuscule d’une idole, consacré à Freud.
« Mais c’est assez de cette matière, reprenons un peu notre discours », comme disait Sganarelle, et – par les temps tyranniques du vivre-ensemble qui courent ! – concentrons-nous sur l’exacte et courageuse analyse que Michel Onfray nous a offerte sur une chaîne inféodée au locataire de l’Élysée et à une certaine mauvaise idée de la France.
Le philosophe le plus fameux du pays était donc invité à l’occasion de la sortie de son livre Grandeur du petit peuple, aux éditions Albin Michel, et dédié aux Gilets jaunes. Le moins que l’on puisse dire c’est qu’il était en forme. À telle enseigne que j’ai craint la crise d’apoplexie pour la « pauvre » Apolline de Malherbe, figure majeure de la propagande BFM TV. Quant aux deux autres intervenants sur le plateau – Eugénie Bastié et Guillaume Durand –, ils ont eu du mal à suivre…
 

Morceau choisi : « On ne peut pas dire qu’on aime la liberté, l’égalité, la fraternité, la laïcité et le féminisme, ce qui constitue les fondations de la République, ce que je défends, et puis défendre des gens qui nous disent : “On n’en a rien à faire de la liberté, on n’en a rien à faire de l’égalité, on se moque de la fraternité, on se moque des homosexuels, des femmes.” Vous avez la possibilité aujourd’hui d’être raciste, d’être homophobe, d’être antisémite. Il vous suffit juste de dire que vous le faites au nom du Coran. »
Il faut avouer que des saillies de ce genre ont de quoi effrayer la caste médiatique, qu’elle soit franchement hostile au peuple ou qu’elle fasse semblant de l’aimer, tels certains faux dévots du patriotisme qui, en réalité, ne détestent rien tant que les manants. Ces mêmes faux dévots que l’on retrouve dans les églises à faire semblant de prier, leur âme recelant un mépris de caste incompatible avec le Christ, selon moi !
Étonnant, d’ailleurs, que ce soit l’auteur du Traité d’athéologie qui, parmi les intellectuels – dont les errances idéologiques sont fort bien recensées dans un ouvrage de Michel Winock, Le Siècle des intellectuels –, déploie une compassion toute christique à l’égard des Gilets jaunes : « Les Gilets n’ont rien du tout que leur force de travail. Ils sont au chômage, ils sont dans la misère, ils sont dans la pauvreté, ils sont dans le dénuement, on se moque d’eux, […] ils n’ont pas de figure médiatique susceptible de les aider, de les aimer ou de les porter. »
Au moins, Michel Onfray ne renie pas ses origines modestes, ce que Guillaume Durand semblait lui reprocher à demi-mots tout en ignorant qu’on n’écrit jamais rien par hasard : si Giono a écrit Le Grand Troupeau c’est « peut-être » parce qu’il avait fait la guerre, par exemple !
Le philosophe a donc dérangé ce petit monde et démonté les mécanismes médiatiques à l’égard des Gilets jaunes. « Il ne faut pas laisser faire l’intelligence des journalistes qui nous font les commentaires », a-t-il mis en garde face à ce quatrième pouvoir désormais au ordres d’un plus grand ordre que lui.
Michel Onfray est revenu sur l’agression verbale contre Alain Finkielkraut, survenue en février 2019 lors d’une manifestation de Gilets jaunes infiltrée par des intégristes islamiques, affirmant à juste titre à propos d’un des agresseurs : « On a vu qui était ce garçon et personne n’a voulu faire de commentaire », ajoutant : « Ça s’analyse ça ; moi je pense que le travail du journaliste est de dire le réel tel qu’il est », comme pour rappeler le devoir d’informer des journalistes, lesquels ne déversent guère plus qu’un flot de propagande allant dans le sens du mondialisme apatride, ce que les Gilets jaunes authentiques combattent. Mélenchon en a aussi pris pour son grade, lui qui fricote avec une certaine engeance qui voit des juifs partout !

D’où la manipulation dénoncée et consistant à avoir supprimé sur certaines images les tags de l’Arc de Triomphe, sauf : « Les Gilets jaunes vaincront », comme pour « associer absolument les Gilets jaunes au vandalisme », a souligné malicieusement Michel Onfray. Il a aussi rappelé avec insistance que les Gilets jaunes avaient protégé la tombe du Soldat inconnu, ce samedi 1er décembre 2018.
(Parenthèse auto-promotionnelle, je vous invite, monsieur Onfray, à aller sur ma chaîne YouTube ; moi je ne trafique pas mes images :
https://www.youtube.com/channel/UCXwSQhtYH8a-HqDhNw3lNpQ
https://www.youtube.com/channel/UCXwSQhtYH8a-HqDhNw3lNpQ
Ce genre d’intervention à contre-courant fait donc du bien, même si elle est noyée dans un flot ininterrompu de mensonges médiatiques qui sont destinés à tuer un mouvement dont tout le monde a profité, depuis la police jusqu’aux syndicats. Un mouvement qui dit une évidence : on peut le railler, l’injurier, le mutiler, tout lui infliger en somme puisqu’il n’existe pas aux yeux de ce nouvel ordre…
Charles Demassieux