Mieux connaître l’Ouzbékistan, coeur de l’Asie centrale

Publié le 1 décembre 2019 - par - 13 commentaires - 1 154 vues
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TRENTE ANS DE PARCOURS ENTRE DEUX PRÉSIDENTS.
ISLAM KARIMOV ET SHAVKAT MIRZIYOYEV

Le premier Président de l’Ouzbékistan, Islam Karimov, ancien président du comité de planification (Gosplan) de la République socialiste d’Ouzbékistan, fut le bâtisseur de l’Ouzbékistan actuel, moderne et indépendant.

L’accession à la souveraineté politique de la part de cet État majeur de l’Asie centrale le 31 août 1991, fit de lui un pilier de l’histoire récente du pays et simultanément un « homme nouveau », projeté vers l’avenir. Il demeura, au même temps et toute sa vie, un  homme des anciens khanats, à la résolution grave et indiscutable.

Après la dissolution de l’Union soviétique le 25 décembre 1991 et la fin de la bipolarité, Islam Karimov incarna la transition vers une autre redistribution des pouvoirs, comme gage de paix ou de non-conflit.

Parvenu soudainement au pouvoir, il comprit immédiatement la nécessité de l’ouverture de l’Asie centrale et d’un nouvel équilibre dans le Hearthland entre la Russie, privée de ses anciens États membres, par une amputation géopolitique sans précédent, les États-Unis d’Amérique, qui découvraient l’importance stratégique du vieux cœur du monde et la Chine montante, aux ambitions calculées et pas moins grandes de celles de l’Empire du Milieu.

Avide de découvertes réfléchies, il fut ouvert à la logique du monde global et aux nouveaux équilibres de puissance et fonda l’indépendance du pays sur la stabilité interne et  la stabilisation régionale.

En machiavélien modéré, il perçu très vite que la notion d’ordre, interne et international, deviendrait l’objectif prioritaire de la logique du nouveau système et de l’organisation de l’État à bâtir.

Ainsi, les mutations globales des équilibres mondiaux l’incitèrent à la prudence, en le poussant  à agir dans la continuité institutionnelle, plutôt que dans la rupture.

En effet, dans les « révolutions de couleurs », il perçut clairement les agissements provocateurs et les manipulations extérieures, désarçonnant rapidement les défenseurs des réformes et provoquant une ingérence perturbatrice, sous couvert de démocratie et de défense des droits de l’homme.

Si le « modèle ouzbek », dans un monde sans modèles, fut considéré comme une recette efficace de gouvernance, le pari du renouveau et de la renaissance ouzbek furent imputables au primat de la politique d’équilibre, fuyant les extrêmes, en économie et en politique, dans les relations interethniques et dans la valorisation de la culture et du passé.

Ce refus des extrêmes  l’aida dans la construction d’une identité historique du pays, forte et sans failles.

La mauvaise perception de la figure d’Islam Karimov en Occident fut une déviance médiatique, presque habituelle, visant à perpétuer une influence extérieure sur ces nouveaux espaces de découverte historique.

Dans ce nouveau cadre, l’exercice du pouvoir de la part d’Islam Karimov, consista à restreindre les zones de non-droit entre les peuples, sans faire apparaître le vieux monde comme anachronique et sans cacher que les stratégies « d’élargissement de la démocratie », voilaient les « stratégies de l’endiguement », en apparaissant comme messianiques et illusoires.

Là encore l’exigence de l’État imposa à Karimov de « construire, avant de détruire », en ouvrant l’État et la société civile aux souffles des temps nouveaux.

C’est pourquoi la méfiance  et non l’idéologie apparentent Karimov aux grands khans  du passé et c’est pourquoi il restera dans la mémoire  comme un Président fondateur de la Nation et  bâtisseur d’avenir.

Les élections parlementaires du 22 décembre 2019

Après la disparition de Karimov et l’élection du nouveau Président Shavkat MirziyoÏev, le  6 avril 2016,  les élections parlementaires du 22 décembre sont les premières consultations populaires du nouveau pouvoir.

Elles renouvellent les chambres législatives (le Oliy Mailis), dans un système électoral constitué par un parlement bicaméral de 150 sièges renouvelés tous les cinq ans, comportant un compétition entre cinq partis politiques

L’enjeu est constitué par l’élargissement des bases électorales du Président élu et par l’esprit de réforme du nouveau chef de l’État.

Le renouvellement de la Chambre basse comporte un scrutin uninominal à deux tours et la participation de 20 millions d’électeurs, dont deux millions votent pour la première fois. Le renouvellement politique devrait suivre au  renouvellement démographique.

Dans le même temps ces élections permettent de tirer un bilan du parcours accompli par le pays depuis 30 ans.

Les éléments d’appréciation de ce parcours portent sur les deux concepts d’indépendance politique et de développement économique.

Quant au premier, l’Ouzbékistan, dont l’indépendance est jeune de trente ans, a joué un rôle central dans le maintien de la stabilité régionale et mondiale. Situé à la marge de deux zones de stabilité relative, la zone euro-atlantique couverte par l’Otan et la zone eurasienne, couverte par l’OCS, l’Ouzbékistan est le pays pivot de l’Asie centrale, qui dispose de la population la plus nombreuse (32 millions), des taux de développement économique les plus élevés (autour de 5 %) et de la fonction stratégique et militaire de verrous, car il interdit à l’instabilité du Caucase et du Proche et Moyen-Orient de se propager à l’ensemble de l’Asie centrale, et donc à la Russie et à la Chine, constituant ainsi un blocage anti-terroriste évident.

Dans la perspective d’une difficile stabilité, l’Ouzbékistan a donné une contribution importante à l’architecture de sécurité eurasienne, en raison des objectifs de sa politique étrangère, basée sur le principe d’une « doctrine multivectorielle « , qui prône l’équilibre des forces dans toutes les directions géopolitiques,  vise à réduire les rivalités entre grandes puissances et à contenir les forces centrifuges à l’intérieur du cadre régional.

En terme de politique économique, l’Ouzbékistan est devenu  une plaque tournante des routes commerciales et énergétiques, en promouvant l’Asie centrale comme « région-pivot » des corridors de transport eurasiatiques et en mettant l’accent sur la création d’infrastructures, d’ industries de base et de haute technologie, ainsi que sur le développement du tourisme et de la culture.

Fort d’une population jeune et éduquée, l’Ouzbékistan représente la moitié de la population d’Asie centrale et la deuxième économie de la région.

L’ancien Premier ministre Shavkat Mirziyoïev qui a succédé  au Président I. Karimov, le 4 décembre 2016, mène, depuis deux ans  d’importantes réformes structurelles, une libéralisation progressive de l’économie  et la consolidation du système bancaire. Au plan institutionnel, il fait appel à un meilleur respect des lois et des règlements et à une simplification des privatisations qui doivent contribuer à améliorer le climat des affaires et à encourager les investissements étrangers.

L’opposition n’a point l’apprêté des pays occidentaux et de ses excès, souvent douteux et mal reçus dans une société traditionnelle.

Vis-à-vis des rapports de voisinage, l’Ouzbékistan, pays enclavé, a diversifié ses partenariats commerciaux et industriels et le Président Mirziyoïev a fait de la coopération régionale une priorité en politique internationale. En particulier, il entretient de bonnes relations avec les deux grands voisins russe et chinois, tout en développant les échanges avec les pays occidentaux et d’autres pays d’Asie, dont les progrès, facteurs de prospérité, seront soumis au test populaire du 22 décembre prochain.

Le réalisme et le goût du concret trompent rarement le peuple, qui oppose toujours l’antidote de l’ironie traditionnelle à la rhétorique effrénée des promesses sans suite.

Irnerio Seminatore

Bruxelles le 29 novembre 2019

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Notifiez de
François BLANC

Je connais fort mal ces territoires musulmans anciennement soviétiques mais très bien les pays arabes et je crains que progrès et islam restent incompatibles partout aussi je reste dubitatif sur l’image positive que vous dressez pour ce pays

Requiem

L’Ouzbekistan c’est un peu comme la Tunisie d’avant les troubles ou le Maroc si cher aux politiques et aux retraités de la fonction publique, un pays « moderne », peuplé de terroristes modérés, qui marchent droit chez eux et vont faire les terroristes ailleurs.
Inspirés du tunisien de Cannes, les ouzbek sont des pro de l’aplatissage de kouffars au camion, rien quand 2017 y a eu New York (8 morts) et Stockholm (5). Ils sont loin d’égaler le maitre, mais ils s’entraient dur. Autres accomplissements ouzbek, en 2016 à Moscou, Gulchehra Boboqulova une nourrice ouzbek a décapitée la gosse dont elle s’occupait, fit sa prière en publique et exhiba la tête de l’enfant. Ne sera pas condamnée car déséquilibrée. Et y en a pleins d’autres. Un ressortissant de pays musulmans est de facto un terroriste.

Phil

A l´occasion de séjours en Asie centrale j´ai pu constater que si l´écriture dominante est le cyrillique (avec des caractéres adapés a la prononciation des langues locales), on voit de plus en plus d´inscriptions en caracteres latins mais aussi en écriture arabe .
Ce qui montre bien que ces pays se cherchent et ne savent pas encore tres bien quelle direction prendre . Souhaitons que nos  » amis  » américains ne décident pas d´imposer leur  » démocratie  » a ces pays pour contrer la Russie : ce serait le meilleur moyen de les precipiter dans l´islamisme .

Guy Mauve

Rien que le prénom « Islam » . . . . Cà pue, et non merci !
Chat échaudé craint l’eau foide.

Paskal

C’est vrai que c’est dur a porter.

Martine

Ayons également une pensée pour ces artisans exceptionnels qui sont à l’origine de ces oeuvres d’art dans ce pays. C’étaient des esclaves étrangers, capturés par Tamerlan né en Ouzbékistan, chef guerrier musulman qui est responsable de plusieurs millions de morts.

Paskal

Il est vrai que les statues de Tamerlan (comme de Gengis Khan en Mongolie) peuvent choquer mais les Ouzbeks ne manquent pas une occasion de rappeler qu’en infligeant une défaite décisive à Bajazet à Angora, Tamerlan aurait « sauvé l’Europe » même si on peut douter que c’était sa motivation principale.

patphil

tous ces nouveaux présidents à vie ont retenu la leçon de l’urss, poigne de fer, goulag automatique, corruption massive

Rems

Et foyer islamique ! non merci….

Paskal

Il est vrai qu’il y a des Ouzbeks chez Daech mais en Ouzbékistan, on ne voit pas de burqas.

Spipou

Merci pour toutes ces informations !

J’avais toujours cru que c’était le Kazakhstan qui était le plus important état ex-soviétique de la région. Il est vrai que Noursoultan Nazabayev fait très bien sa propagande…

Paskal

En superficie, c’est effectivement le Kazakhstan et de loin.

FCC Cercle Légitimiste de France

Dans le cadre des rencontres diplomatiques impulsées par le Cercle Légitimiste de France et Opale Distribution, après le noël franco-russe avec SE Alexei MECHKOV Ambassadeur de la Fédération de Russie en France, en décembre 2018, le Bourbon Club de France reçoit SE Sardor RUSTAMBAEV, Ambassadeur de la république d’ Ouzbékistan en France, au Château d’ Asnières en décembre 2019 sur la route de la soie.
Informations: Fernand CORTES de CONQUILLA Tél.: 06 04 08 46 36 fcdc@bbox.fr