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Mignonnes, de Maïmouna Doucouré : le film parfait pour les pédophiles

Si l’on suit l’explication malgré tout confuse de la réalisatrice Maïmouna Doucouré de son film, elle a voulu proposer une critique de l’hypersexualisation des adolescentes. On ne peut qu’applaudir l’initiative tant il est vrai que les préadolescentes sont devenues la proie des annonceurs publicitaires.

Il est regrettable de constater que le résultat n’est pas au rendez-vous. D’où vient le ratage ? C’est la question que l’on ne cesse de se poser tout au long de la projection. Le sujet a-t-il échappé à la réalisatrice ? Ce qui peut arriver bien évidemment. Ou n’a-t-elle pas été à la hauteur de ce qu’elle voulait démontrer, se laissant aller à raconter une histoire « qui plaira aux adolescentes » ?

Peu importe de ce qu’il en est de la réalité. Le résultat est navrant, répugnant, abject, vulgaire et surtout malsain. Faut-il s’en étonner ? Il est à l’image de ce qu’est devenu le cinéma français. Le scénario ne se montre pas plus original que les comédies américaines racontant la sempiternelle histoire de la fille maladroite ou se croyant peu douée, et qui se révélera une danseuse exceptionnelle.

Le film « Mignonnes » suit grosso modo le même schéma. Amy, 11 ans, née dans une famille sénégalaise habitant un quartier populaire parisien, découvre 4 jeunes filles réunies en un groupe de danseuses appelé « Les Mignonnes ». Elles préparent leur participation à un concours de danse nommé « le twerk » qui fait appel non pas à des entrechats, mais à des poses sensuelles, lascives pour ne pas dire pornographiques. Le « twerk » consiste essentiellement à bouger le corps et remuer le bassin, à se masser le bas ventre à l’aide de mouvements ne laissant aucun doute sur l’expression provocante à caractère sexuel.

Pour écrire le scénario, elles se sont mises à quatre auteurs. Je rappelle que Jacques Prévert fut le seul auteur du film : « Les enfants du paradis ». Nous ne sommes pas sur la même ligne de flottaison.
Le père d’Amy est absent, parti au pays à la recherche d’une seconde épouse. Même si la réalisatrice n’a pas eu la volonté de le montrer par cette information, néanmoins, elle nous indique que ces gens-là ne s’intégreront jamais, et à quelconque endroit où ils éliront domicile, ils continueront de vivre comme au pays.

La mère d’Amy n’a aucune volonté, et ne voit pas la dérive dans laquelle s’enfonce sa fille.  « De l’autre, le contre-modèle parfait d’une bande de gamines laissées à la dérive, écrit le critique de cinéma Pierre Marcellessi, par des parents irresponsables et incultes, droguées aux likes des réseaux sociaux et attifées comme leurs idoles Rihanna, Shakira ou Miley Cyrus. » Leur destin de fillettes est tout tracé : le mariage, les enfants, et une vie entre misère, rêves avortés, et répugnance de soi, dans une cité de la périphérie parisienne. À nouveau absence du regard de la réalisatrice sur le devenir de ces gamines.

Redisons-le encore une fois. Il y avait dans le projet de quoi produire un film explosif. Entre autre, montrer l’image véritable du rêve français de l’immigration. Je veux dire : le mirage. Au lieu de cela nous voyons la gamine qui, pour se révolter et pouvoir s’intégrer au groupe des « Mignonnes », vole de l’argent à sa mère, puis fera une photo de son sexe qu’elle affiche sur Instagram – et à l’écran. La réalisatrice est tombée du côté de ce qu’elle voulait dénoncer. Ce n’est qu’une orgie de plans provocants de la danse, accentués par des plans serrés, sur les parties du corps des fillettes esthétisées, faisant d’elles des objets sexuels. Imaginons le tollé que le film aurait provoqué si le réalisateur avait été un homme.

Le film est d’autant plus répugnant qu’il ne laisse pas la moindre place au rêve de l’enfance. Ce qui prouve, s’il en était besoin, que la démarche de la réalisatrice s’est perdue en cours de route ; et si elle en eut conscience, elle laissa faire pour satisfaire le spectacle, et toucher au succès. Faut-il proposer une piste à ce que je viens de suggérer ? Les fillettes sont les représentantes de la société de la diversité : une blonde à la peau blanche, deux Africaines, une peut-être du Moyen-Orient, une autre peut-être juive, je ne m’en souviens pas. Pas une seule n’a le visage tavelé d’acné, pas une seule n’a un défaut de prononciation. L’une est un peu ronde, toutes les autres sont fines, toutes sont mignonnes. Elles sont toutes désirables, craquantes. Des fillettes pour pédophiles.

Dans cette affaire, il y a un autre aspect qui doit nous interpeller. La responsabilité de ceux qui ont financé le film. Nous trouvons le département cinéma de France 3. Et puis derrière le Centre national du cinéma avec une panoplie d’aides et de subventions de toutes sortes. Et aussi sûrement une Sofica distribuant le crédit d’impôt. Le film a coûté trois millions quatre cent mille euros. Le financement est donc venu principalement de l’argent public. Une fois encore, c’est le contribuable qui paie les frasques de ces gens représentants la société dite progressiste.

Pas un seul instant les décideurs ne semblent s’être posé la moindre question à la lecture du scénario. Pourquoi tant de naïveté de ma part ? Ils ne lisent pas les projets, juste le condensé, de façon à pouvoir débiter l’essentiel dans le cas où ils seraient interrogés. Et la commission qui a délivré le visa d’exploitation : elle n’a rien vu de ce qu’était la réalité du film ? D’ordinaire ces gens si sourcilleux ont-ils dormi pendant la projection ? Pas un avertissement à l’entrée des salles. On prostitue des fillettes et tout va bien.

Les pédophiles peuvent remercier de leur laxisme les différents intervenants. Ils ont un film qui leur provoquera des émotions pendant les soirées d’hiver.

Raphaël Delpard