Migrants : extrême-gauche et marchands de canons, même combat !

L’Éthiopie et l’Érythrée se réconcilient après 20 ans de brouille et une guerre intestine. Réouverture des ports érythréens aux biens éthiopiens – privés d’accès direct à la mer depuis 1998 – reprise des liaisons aériennes directes pour la première fois en 20 ans, fin de la conscription militaire illimitée, en Érythrée surtout, qui poussait bien des jeunes à s’exiler. Un pays sûr de plus bientôt sur la carte. Voilà qui met en liesse Éthiopiens et Érythréens mais ne fait pas du tout les affaires des lobbys d’extrême-gauche pro-immigrationnistes, des marchands de canons et des ultra-libéraux transnationaux. Voici pourquoi.

À la manœuvre entre les deux frères ennemis, les Émirats Arabes Unis qui ont investi dans les ports de Massawa et d’Assab, et qui, par ailleurs, ont besoin de bases solides pour gagner contre les Houthis au Yémen, ce qui paraît très mal engagé. Ils vont aussi construire un oléoduc entre les deux ex-frères ennemis.

Derrière, des intérêts économiques régionaux qui espèrent dynamiser la croissance de l’Érythrée (+3.4% en 2017) et surtout profiter de celle de l’Éthiopie (+9%), portée par le développement constant de l’éducation et les grands investissements de la Chine, notamment dans les infrastructures ferroviaires et la production électrique. Grande perdante pour l’heure : Djibouti par où passaient 90 % du trafic maritime de l’Éthiopie.

Sous la houlette du Premier ministre réformateur éthiopien Abiy Ahmed, la réconciliation avec l’Érythrée avance à grands pas et pourrait faire boule de neige, d’abord entre les deux Soudans, ensuite dans tout ou partie de la Somalie. La région irrédentiste de l’Ogaden en Éthiopie, peuplée de Somaliens et riche en ressources naturelles, est la prochaine sur la liste : le Front national de libération de l’Ogaden (ONLF), en lutte armée depuis 1994, a annoncé un cessez-le-feu unilatéral.

Voilà donc d’autres pays qui pourraient devenir « sûrs ». Ce qui ne fait pas du tout les affaires des militants gauchistes pro-immigration massive, qui vont avoir moins d’ouailles devant lesquelles se faire mousser et faire étalage de compassion. Les ressortissants d’un pays « sûr » sont expulsables et leur demande d’asile n’est acceptée que dans de rares cas. Or, nombre des migrants qui squattent actuellement dans des conditions dantesques le centre de Nantes (square Daviais) ou à Calais, ou à Paris, etc. viennent ou prétendent venir des deux Soudans, de la Somalie, de l’Éthiopie, de l’Érythrée.

Et si, dans leurs pays d’origine respectifs, la guerre n’est plus le seul horizon, resteront-ils en France pour être traités comme des déchets – y compris par leurs soutiens, guère pressés de partager avec eux leurs appartements – ou rentreront-ils chez eux pour cueillir et partager les fruits de la croissance ?

Poser la question, c’est y répondre. D’autant qu’à Nantes et ses environs, justement, où nombre d’initiatives en faveur de l’immigration massive proviennent de paroisses ou du diocèse, dont un foyer sert des repas halal et ferme pendant le ramadan – aux orties la vocation apostolique ! peut-être considérée comme trop « autoritaire » et « intégrationniste » ?  – l’ex-grand séminaire et siège de l’évêché est aux trois quarts vide. Mais l’évêque n’est guère pressé de donner un toit aux migrants qu’il appelle pourtant à accueillir massivement.

Cette affaire n’arrange pas non plus les marchands d’armes. Fini, les ventes juteuses, les marges qui ne le sont pas moins, et comme ce secteur est un bastion du « capitalisme de connivence », les rétro-commissions, arrangements entre amis et autres pots-de-vin.

Les techniques sont pourtant connues et sûres pour les marchands de canons : brouiller deux frères ennemis, comme les deux Soudans, l’Éthiopie et l’Érythrée, etc. ou deux voisins (Inde et Pakistan, Iran et Irak, Qatar et Arabie Saoudite…) et vendre des armes aux deux. Autre solution : financer une rébellion interne (nombreux exemples au Caucase, en ex-Yougoslavie et en Europe de l’Est, en Afrique, en Asie du Sud-Est, etc.) pour justifier à la fois l’armement des rebelles, du pays confronté à la rébellion et des voisins au cas où ça déborde. Et vendre à tout le monde, via des intermédiaires pour les liaisons les moins faciles à justifier du point de vue politique (le Mali et la Côte d’Ivoire en France, ou l’excuse habituelle des ex-stocks de Kadhafi en Libye).

Variante française : refiler l’arme nucléaire à un pays jugé plus fréquentable – Israël par exemple – et vendre massivement des armes à ses voisins pour s’en défendre (Arabie Saoudite, Émirats, Koweït…). Risqué : il ne faut pas se faire prendre et choisir un pays stable – la Chine et les États-Unis ont refait l’opération avec le Pakistan  qui leur donne régulièrement des sueurs froides – mais très payant sur le long terme. Même si l’alliance russo-indienne y a survécu.

Avec l’apaisement de l’Éthiopie, de l’Érythrée et bientôt des Soudans et de tout ou partie de la Somalie, les profits des marchands de canons dans la région vont s’amenuiser. Ne restent guère comme points chauds dans la région que le sud de la Somalie (rébellion islamique des shebabs) et le Yémen où les Soudanais (du nord) sont les seuls à s’être engagés, attirés par la carotte de la levée des sanctions américaines et des aides saoudiennes. Meurtrier et sans résultat probant, l’engagement soudanais a été très fortement contesté en mai dernier, avant d’être finalement maintenu… jusqu’à la prochaine grosse embuscade des Houthis.

Enfin, les derniers grands perdants sont les élites transnationales ultra-libérales qui n’en ont rien à faire de la législation sociale ou du fait que la richesse produite reste dans leur pays, profitant aux citoyens. Leur doxa, le coût de revient. Produire est un coût. Le travail est un coût. Le social, c’est un coût. Le travailleur est un coût, alors autant qu’il soit le plus bas possible. Tout ce qui est gagné finit dans les offshores ou en dividendes, généralement pour garantir une montagne de dettes.

Pour ces gens-là, il faut des travailleurs qui acceptent de trimer douze heures par jour pour un bol de riz. Ce qu’un Français ou un Allemand n’acceptera jamais, mais un Somalien ou un Nicaraguayen qui a fui la guerre, les gangs et le banditisme, peut-être. Et quand il y aura beaucoup de masse salariale venue des quatre coins du monde, avec un chômage de masse pour les travailleurs « de souche », trop chers, peut-être ceux-là accepteront-ils aussi de travailler pour pouvoir manger.

L’apaisement entre l’Éthiopie et l’Érythrée n’arrange ni les lobbys pro-migrants gauchistes, ni les marchands de canons, ni les élites ultra-libérales transnationales.

Il leur faut des guerres, du bordel, des épidémies, des millions de déplacés et des frontières qui cèdent sous la pression.

Des hommes hâves, affamés, miséreux, devant lesquels se faire mousser car tout désir est reconnaissance et qu’ils veulent aussi en tirer les fruits politiques – du pouvoir et de l’argent. Des chars, des avions et des canons vendus par centaines et des pots-de-vin juteux – du pouvoir et de l’argent. Des travailleurs miséreux de toutes les nations, pour encore plus de profits – du pouvoir et de l’argent. Du bordel, du pognon !

Alors, ils vont vite inventer quelque nouvelle calamité pour l’Éthiopie et l’Érythrée. La paix, ça ne rapporte rien, ça devrait être interdit.

Emmanuel Goldstein

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5 Commentaires

  1. Et Macron ? Sa mémère ? Juppé, le soutien des misquées ? Gayssot ? Etc etc… Ils sont juifs ?

  2. « Des hommes hâves, affamés, miséreux »
    Ben, c’est pas ce que je vois arriver tous les jours depuis des années.

  3. Les faire venir chez nous pour travailler a moindre cout ….je n’y crois pas ,il vous suffit de voir les banderolles syndicales 6 mois apres leur arrivée qu’ils portent a bout de bras quand ils ne sont pas payés au tarif en vigueur . L’argent expédié au bled via western union meme lourdement taxé n’est pas réinvesti dans l’éxagone . Le FDS fait vivre autour de lui ,il se prive pour construire son avenir
    https://www.youtube.com/watch?

    • Ils bossent à moindre coût tant qu’ils ne sont pas régularisés et c’est long… et plus que les FDS après avec moins d’évolution de carrière… mais leur coût unitaire augmente donc une raison pour en faire venir d’autres

  4. Pis ils vont endosser la paix et provoquer une rebellion ou des « tensions interethniques »de dessous les fagots

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