Miramas : que fait le grand frère agresseur en France ?

A Miramas, commune des Bouches-du-Rhône, les pompiers, alertés par des voisins, découvrent un adolescent d’origine algérienne qui a été battu et ligoté par son grand-frère, pour ne pas avoir respecté le jeûne du ramadan. Le jeune homme s’est vu prescrire 15 jours d’incapacité temporaire totale (ITT), preuve qu’il a bien été violenté…
Ce recours à la violence est abject en soi, il l’est davantage quand on sait que c’est l’un des grands frères qui a corrigé et séquestré son cadet.
Mais le plus grave, ce sont les motivations du frère aîné, puisqu’il veut contraindre un être humain, dont notre Constitution garantit la liberté de conscience, à une pratique religieuse qu’il n’a nul droit d’imposer en France, où l’islam -grâce à Dieu- n’est pas religion d’Etat.
Les « bien pensants » de gauche comme de droite vont objecter, la bouche en cœur, que cette brute musulmane est une exception, qu’il ne faut pas généraliser… Ces « bien pensants » sont des amnésiques ou des hypocrites ou des menteurs : ont-ils oublié cet homme tabassé à la terrasse d’un café en plein Ramadan et auquel sa boisson a valu une fracture du crâne ? ont-ils oublié les propos de Xavier Lemoine, maire de Montfermeil, qui fait état d’un espionnage, par certains musulmans, de leurs voisins et d’une fouille de leurs poubelles pour savoir s’ils observent les prescriptions coraniques ?
Nul ne peut nier qu’il n’y ait une pression qui s’exerce sur ceux qui sont censés, en tant qu’arabes et noirs*, présupposés musulmans, observer le mois de jeûne, et que la contrainte imposée à Miramas est sans doute imposée ailleurs -certes sous une forme moins violente- mais contrainte quand même dans le pays de la liberté religieuse !
Le plus curieux, ce sont deux phrases du Parisien, à croire que la rédaction a perdu l’objectivité nécessaire à l’exercice du journalisme ! On y lit : « mois de jeûne et de prières sacré du ramadan, qui commémore la révélation divine reçue par le prophète Mahomet ». La « révélation divine » est présentée comme un fait historique avéré, alors que l’auteur de l’article -à moins qu’il ne soit converti à l’islam- aurait dû écrire « révélation divine qu’aurait reçue le prophète Mahomet » ; de même aurait-il dû préciser : « sacré pour les musulmans » ! On y lit encore : « Durant cette période, les musulmans doivent s’abstenir de manger, de boire, de fumer et d’avoir des relations sexuelles du lever au coucher du soleil ». Ce commentaire aurait mérité quelques nuances : faut-il rappeler que les musulmans le « doivent » …uniquement s’ils le veulent, et qu’ils sont seulement censés s’abstenir…
Ces petits dérapages journalistiques ne me semblent pas innocents : on explique, on excuse le geste inqualifiable et surtout on ne le condamne pas ! Honte à ce plumitif qui n’est pas capable de tenir le discours clair et net qu’a tenu l’imam de la mosquée de Miramas, Younès Yousfi : « Nous sommes dans un pays de droit, dans un pays de liberté où chacun peut vivre sa religion comme il l’entend. Certains prient, d’autres ne prient pas, certains jeûnent le mois du ramadan, d’autres ne jeûnent pas : ce n’est pas à nous de faire la loi. »
Mais revenons à ce fait divers !
Il est grave parce qu’il montre un mépris total des valeurs de la République. Et, j’ose le dire, on peut s’interroger sur la présence en France d’individus qui, comme ce frère aîné, mettent la loi d’Allah avant les lois républicaines. N’ont pas leur place dans le pays des Droits de l’homme ceux qui refusent la liberté de croire ou de ne pas croire, ceux qui refusent l’apostasie, ceux qui refusent quelque dérogation que ce soit à des interdits figés depuis 4 siècles : c’est en Algérie ou au Maroc qu’il leur faudrait vivre, là où, notamment, la rupture du jeûne est officiellement interdite sous peine d’amende ou d’emprisonnement.
Ce qui va être intéressant, ce sont les suites qui seront données à cette affaire, bien embarrassante pour ceux qui prétendent, contre vents et marées, que l’islam est une religion de « paix, d’amour et de tolérance ».
Entraver pieds et chevilles, séquestrer sont des délits sévèrement punis par la loi. Quelle va être la sentence des juges, si le coupable est appréhendé ?
Vu le « deux poids, deux mesures » actuellement en vigueur et qui fait douter de l’équité de la Justice, je prévois une peine légère, très légère (au motif que c’est cultuel et culturel)…ou, mieux encore, la relaxe !
Et déjà, semble-t-il, la presse a préparé le terrain, à coup de précautions oratoires, qui tendent à discréditer la victime : « l’adolescent a affirmé avoir été passé à tabac » et non pas « il a été passé à tabac ; « il a rapporté aux enquêteurs qu’il avait été frappé » et non pas « il a été frappé » ; bref, les faits rapportés le sont « selon les déclarations de l’adolescent ». Se sera-t-il tabassé lui-même au point d’avoir 15 jours d’ITT, se sera-t-il ligoté lui-même ?
Et puis la presse reprend complaisamment les propos de la mère, qui accable son benjamin pour justifier son fils aîné et cautionner la violence dont il a fait montre : « Il ne fait pas d’études, il a arrêté l’école : il ne marche pas tout droit et fait des choses pas bien, il vend de la drogue ». Comme si l’un pouvait justifier l’autre ! Et alors que toute gifle, toute fessée administrées par un parent à son gamin -bien que non expressément interdites en France, comme c’est le cas dans d’autres pays- peuvent être qualifiées de « violences légères » et être punies par l’article R 624-1 du code pénal d’une contravention de quatrième classe !
Décidément, nos journalistes n’ont plus le sens commun, dès qu’il s’agit de l’islam…
Chantal Macaire
*Je m’autorise le terme « noirs » vu que Patrick Lozès l’utilise pour nommer son association communautariste : Cran (Conseil représentatif des associations noires de France)

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