Mivilude organiser un colloque sur les dérives sectaires… en oubliant de parler de l’islam

Le colloque de ce 23 Novembre sur les « dérives sectaires », organisé par MiViLuDe (Mission Vigilance Lutte contre les Dérives Sectaires), fut fort intéressant par le contenu des discours des intervenants, mais assez décevant par ses non-dits phobiques et ses glissements silencieux de bien pensance…

L’étymologie latine de la secte (suivre, ligne suivie) définissait des groupes religieux, politiques ou philosophiques aux opinions non majoritaires, mais sans connotations péjoratives. C’est l’Eglise Antique, installée au pouvoir, qui définit un hétérogène tranché entre l’orthodoxie qu’elle était censée incarner (le bien) et les hérésies (« opinion, dissidence », en grec), les sectes (le mal), considérées comme malveillantes et à détruire pour le bien de tous…

En effet, le concept de « sectes » souffre de son indéfinissable actuel et de l’absence de critères rigoureux dans sa différenciation des  « religions ». Aucune unanimité n’existe pour en préciser des contours « objectifs ».

Seuls les religieux (de tous bords) s’accordent sur les « fondamentaux » de leurs supposées différences, dans la mesure où ils connaissent la dangereuse proximité sans frontières des sectes et des religions :

Les SECTES se caractériseraient, d’après les religieux, par :

 -leur petit nombre d’adeptes : faux, puisque, selon les lieux, les religions des uns peuvent être considérées par les autres comme sectes (chrétiens en pays musulmans…).

 -leur constitution récente : faux, puisque des « sectes » ont une origine très ancienne (Krishna, par exemple),

 -soumises au pouvoir d’un chef charismatique : mais valable aussi pour les « religions » classiques

en rupture avec la société, non systématique pour les sectes et possible pour les religions

 -la « manipulation mentale » : loin d’être spécifique aux sectes, est courante dans les monothéismes, comme les influences dirigées chez les enfants en particulier ou pour des legs un peu limites… sans généralisations excessives

 – la maltraitance physique :mais que dire des jeûnes prescrits, des bizarreries alimentaires nocives, sans parler des défilés de flagellants ensanglantés et autres maltraitances des corps

 – parfois, les suicides collectifs et assassinats programmés : mais comment qualifier l’idéalisation fanatique des suicides-tueurs recommandés par certains religieux musulmans comme haut degré de spiritualité et excellent accès au paradis céleste ?

Quant aux morts du fait des  sectes, tout aussi inqualifiables qu’ils soient, ils apparaissent comme bien artisanaux, en totale asymétrie des exploits  religieux, pourvoyeurs, à travers les siècles et aujourd’hui, de millions d’éliminations sanglantes, sans l’ombre de culpabilité des auteurs et incitateurs de massacres…

           Les ressorts essentiels des dirigeants de sectes convergeraient vers l’argent extorqué, le sexe abusé et le pouvoir jouissif.

      -Mais qui pourrait, face aux malversations financières de certains religieux, incriminer l’ensemble d’une religion ? Aussi, pourquoi le faire pour une secte, si des escrocs arnaquent les naïfs et les plus fragiles ?

      -Les abus sexuels sont fréquents dans les sectes et sans doute plus courants comme destructeurs d’enfants chez certains religieux soumis à une chasteté pathogène.

       -Quant à la jouissance du pouvoir, c’est la chose du monde la plus souhaitée par tous ses prétendants.

On ne peut nier que ces critères se retrouvent dans des groupes qualifiés de sectes, mais en quoi les religions pourraient bien s’en absoudre?

Non, les lignes de partage ne sont pas pertinentes entre sectes et religions. D’autant que le label d’honorabilité et de « respect » des religions est toujours adoubé par les pouvoirs politiques, qui, par renvoi d’ascenseur, s’en trouvent légitimés, même si ces échanges débouchent parfois sur des concurrences agressives.

Les hérésies, les sectes deviennent alors des catégories de rejet, de négativité qui va épargner les religions.

Les « victimes » des sectes sont des adultes, (comme l’ont bien indiqué les intervenants du colloque), qui ont progressé dans la croyance « sectaire » par petits pas, par petites marches acceptables pour parvenir à tolérer ce qui les aurait fait fuir sans cette progression insensible.

Comme la grenouille qui cuit sans ressentir la température de l’eau qui monte lentement jusqu’à la faire bouillir…

Mais, sans omettre de préciser que les fragilités de ces victimes « volontaires », recherchant le folklore de ces supposées spiritualités, sont fondées sur la pensée magique, celle qui nous fait croire que nos désirs sont tout-puissants et ne nécessitent pas un minimum d’accord avec la réalité…la pensée magique, mère de toutes les religions et de bien des déboires de l’humanité…

Gérald Bronner a, par contre, fort bien exposé l’essentiel  de la ligne de partage entre croyance (contenu) et foi  (contenant): la plupart des croyances folles, radicales, littérales et closes sont assez courantes, mais c’est de leur fusion avec l’adhésion à une foi extrême que l’ensemble croyance-foi devient nocif et dangereux (et « structure » les personnalités les plus pathologiques).

 – La croyance sans forte pénétrance d’une foi absolue reste peu offensive. La foi profonde adossée à une croyance non toxique garde son humanité. La foi passionnée  dans une croyance mortifère forme le composé le plus dangereux et le plus explosif.

   -Le « sectaire » peut rester sa vie durant un doux dingue sympathique et agréable, inséré dans l’auto thérapie et dans la chaleur de son groupe (Témoin de Jéhovah, évangélistes, adventistes, et nombre de malades mentaux…). Croyance forte, foi seulement pratique et bénéficiaire…

   -Le croyant modéré, qui peut plaisanter sur la vie éternelle après la mort et tolérer que le mécréant ironise sur la virginité d’une accouchée, ne posera jamais de bombe dans une cafétéria (catho, pratiquant moyen, juif libéral…).

   Croyance aérée et foi légère…

   -Le religieux sectaire, habité par la foi totale que tuer ceux qui ne pensent pas comme lui est l’acte sublime qu’attend de lui son supposé créateur pour le diriger vers son bonheur absolu où tout ce qui est interdit sur terre est éternellement possible, représente alors toute l’horreur du monde (musulman  imprégné de son école coranique pakistanaise, adolescent gazaoui, Mérah…).

   Croyant total et foi définitive…

         Ce qui m’a encore interrogé dans ce colloque est bien tristement ce non-dit permanent, ce point aveugle à contourner, cette phobie de penser mal, de stigmatiser, d’amalgamer « les » musulmans aux malfaisances de certains.

Pas un mot sur l’inquiétude générale engendrée par l’islam… ! (En dehors d’une discrète allusion à Boko Haram, loin de l’Europe).

    Pourquoi encore, malgré l’intensité montante d’un problème, faut-il continuer à fermer les yeux, alors que plus de 80% des pays les a ouvert depuis?

    Pourquoi faut-il encore que soit si censuré, si verrouillé tout débat de fond, immanquablement réduit par nos politiques apeurés à ce qu’il y a de plus bas dans l’expression des discours ?

             L’islam, religion ou secte, peu importe, est une croyance radicale dans son contenu écrit divinisé : profondément ségrégationniste, créé par des hommes pour des croyants soumis et à soumettre, excluant et diabolisant tout ce qui n’est pas communauté idéalisée, prêchant violence et mensonges à visée expansionniste, l’islam dénie les lois humaines au profit de supposées lois divines: la charia (condamnée pour incompatibilité avec la démocratie par le Conseil Européen des droits de l’homme en 2003).

Les musulmans ignorants des contenus littéraux de leur livre, en bricolent les messages plus lisses ou les compromis de l’idéalisation. Leur foi se résume aux pratiques obsessionnelles qui scandent leur existence et au sentiment diffus d’appartenance de groupe.

   En revanche, ceux qui connaissent les détails et les aboutissants de leur livre, et en suivent dans une foi totale les préceptes, ceux qui se nomment les vrais musulmans, sont engagés dans une violence destructrice de l’autre, différent, comme le quotidien de nombreux malheureux pays en confirme l’évidence.

  Occasion manquée de ce colloque de débattre sans préjugés de véritables problèmes de société, trop souvent confinés et banalisés dans les faits-divers du petit quotidien…

 

 Guy SAUVAGE

 

 

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