MM. Imbert et Giesbert, je me désabonne du « Point », à cause de votre aveuglement sur l’offensive islamiste

Publié le 14 mars 2011 - par - 2 092 vues
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A M. Franz-Olivier Giesbert, Directeur du Point

Monsieur le Directeur,

Je vous informe par la présente que je résilie mon abonnement au Point, et j’entends vous en donner les raisons.

J’ai été successivement abonné au Nouvel Observateur (26 ans) puis à l’Express (deux ans) avant de l’être à votre journal. Ce qui m’a fait abandonner vos deux précédents confrères est mon éloignement progressif de la gauche qui fut longtemps ma famille de pensée, en raison notamment (mais pas exclusivement) de son aveuglement fanatique devant l’immigration et ses conséquences, à commencer par l’islamisation de l’Europe.

J’avais cru en 2007 trouver dans le Point un journal qui me ressemble. Son éditorialiste Claude Imbert n’avait-il pas eu le courage avant tout le monde de se déclarer islamophobe, déclenchant un de ces tollés dont la bien-pensance nous gratifie à chaque froncement de sourcil contre ses dogmes ? Un magazine non étiqueté à gauche et dont un rédacteur majeur bouscule les vaches sacrées, ne pouvait pas être foncièrement mauvais.

Le désenchantement fut lent. Je notai d’abord une relative discrétion et un ton neutre sur les questions pour moi primordiales que sont l’immigration, la délinquance, le lien entre les deux, l’islam enfin. C’était certes mieux que les deux précédents journaux qui eux célèbrent la « chance pour la France » que constitue la présence sur notre sol de millions d’hommes et de femmes venus d’ailleurs sans y avoir été invités, et qui, trouvant que la soupe n’est pas bonne, exigent qu’on la change avec nos excuses en prime. Certes. Mais j’attendais sur ces sujets une information à la fois plus fournie et plus critique.

Puis je dus m’habituer, la première surprise passée, à refermer le journal sur l’article hebdomadaire de Bernard-Henri Lévy, figure de la gauche caviar que je ne m’attendais pas à trouver en ce lieu, et qui était pour moi comme un sparadrap collé à mon doigt, dont je n’arriverais décidément jamais à me défaire. Périodiquement, il me rappelait que je vivais dans un pays raciste, néo-colonialiste, à l’occasion antisémite, et qui devait expier ses fautes par le reniement de son identité. Bref, la messe rose/rouge à laquelle j’avais cru échapper en me réfugiant dans vos colonnes. Mais au moins était- ce la dernière page seulement.

Oui mais voilà, la première page, l’éditorial, ne tarda pas à me préoccuper à son tour. Et de même la seconde, la vôtre Monsieur le Directeur, bien que dans une moindre mesure, son espace étant réduit. Car la neutralité que j’évoquais plus haut ne tarda pas à m’apparaître bienveillante, jusqu’à ce jour où le journal franchit le Rubicon : sous la plume de Claude Imbert que j’avais cru courageuse et iconoclaste, je lisais à nouveau ce verset psalmodié ailleurs jusqu’à la nausée : « l’immigration-est-une-chance–pour-la-France ». Oh non, pas ça, pas vous !

Mon premier mouvement fut bien sûr de rompre. Et puis un sentiment de lassitude, d’autres priorités, la vie qui file, ont fait que nous avons continué notre chemin vaille que vaille. Chaque jeudi en ouvrant ma boîte, j’avais l’impression de retrouver une maîtresse qui m’avait trompé, et dont j’écoutais avec suspicion le récit de la semaine.

Pour vous parler, je décidai d’aller sur le site Le Point.fr sans m’y abonner, chaque fois que l’occasion s’en présentait, si le lecteur pouvait laisser un commentaire. Exercice périlleux. Sur tous les journaux en ligne dialoguant avec leurs lecteurs, des censeurs autoproclamés « modérateurs » éliminent impitoyablement chaque commentaire, phrase, mot, allusion qui soit un tant soit peu critique envers l’immigration et/ou l’islam. La modération du ton importe peu, seul le fond compte. Vous avez honte d’être Français, blanc, chrétien ? Vous êtes donc un humaniste et votre commentaire est publié sur le champ. Vous exprimez votre inquiétude devant la lente disparition de la France ? Votre propos raciste et fasciste n’est pas conforme à la « charte ». Au mieux on vous le dit, au pire on ne vous publie pas, sans explication.

Qu’allait faire Le Point.fr ? Je tentai l’expérience. En juillet dernier, un débat était proposé sur le thème de la liberté d’expression. Je postai mon premier (et dernier) commentaire expliquant qu’à mes yeux il n’y avait pas de véritable liberté d’expression dans ce pays, pour les raisons que je viens d’exposer. Et j’attendis. J’attends encore.

La conclusion s’impose d’elle-même, une fois de plus. En France depuis des décennies, l’Eglise de gauche a remplacé l’Eglise catholique dans la définition du bien et du mal. Tous ceux qui ont péché doivent aller à confesse ou être voués aux feux éternels de l’enfer : accusation permanente d’être un « réac », un « facho », mise au ban des divers microcosmes humanisto-progressistes… Alors vous avez fait comme d’autres avant vous, et bien plus : depuis le temps que vous expiez le péché d’islamophobie commis dans un moment d’égarement, on peut dire que vous êtes allé à Canossa.

Dès lors la question n’était pas de savoir si j’allais rompre, mais quand. Ce fut le jeudi 10 mars avec l’éditorial du numéro 2008 intégralement consacré à l’islam, en trois parties. Les deux premières semblent tout droit sorties du Nouvel Observateur, c’est pourquoi dans la troisième, l’auteur croit nécessaire de passer un peu de baume sur l’épiderme irrité du lecteur.

Résumons.

Primo, il y a en France 5 à 6 millions de musulmans dont le comportement depuis 20 ans a beaucoup changé. « Chez un nombre croissant, la pratique religieuse tient plus à l’observance des rites qu’à quelque ferveur prosélyte. La plupart vivent paisiblement leur religion, même si leur piété les distingue dans notre pays peu croyant. Ils acceptent à l’exception d’une minorité de bigots, le principe de laïcité…. Voyons déjà que la loi de 2004 sur le foulard est très généralement respectée. Il en ira de même avec l’interdiction de la burqa dans l’espace public. Et on n’égorge plus les moutons dans les baignoires…. (on fait) un amalgame de plus en plus fantasmé entre une religion, l’islam, et des banlieues où la chienlit est pour l’essentiel sociale ».

Dans quel monde vivez-vous Monsieur Imbert ? Quittez-vous parfois votre quartier chic ? Venez vous promener avec moi en Ile de France (entre autres). Je vous montrerai ce qu’est concrètement « l’observance des rites » : ces femmes de tous âges couvertes de la tête aux pieds, ces hommes en kamis, les unes et les autres toujours plus nombreux au fil des années et même des mois, ces quartiers où il n’y a plus une seule boucherie non halal. Je vous montrerai la grande mosquée d’Evry-Courcouronnes, la plus grande mosquée de France avec 10 000 places, qui n’empêche nullement les musulmans de l’Essonne d’aller prier dans les rues de Paris le vendredi, où la grande mosquée aurait aussi la capacité de les accueillir comme l’admet son Recteur Dalil Boubakeur. Simple rite bien sûr, anodin de surcroît.

Quant au caractère obligatoire des dits rites et leur envahissement, ils vont croissant au fil des années. Désormais le ramadan est célébré chaque année comme si l’islam était religion d’Etat. En 2010 pour la première fois, Libération a fait toute sa première page avec ce titre triomphant : « Quand la France fait le Ramadan ». Oui, la France. Et allez donc voir ce qu’il advient de ceux qui dans les banlieues islamisées, oseraient déjeuner à midi.

Seule une « minorité de bigots » serait croyante ? Vous confondez avec le christianisme Monsieur Imbert. Seul un auteur de culture chrétienne, Anatole France en l’occurrence, pouvait écrire : « quoi qu’on en dise, le catholicisme est la forme la plus acceptable de l’indifférence religieuse ». Trouvez-moi l’équivalent d’une telle déclaration chez un seul musulman. Et demandez donc à vos musulmans « qui vivent paisiblement leur religion » s’ils admettent qu’on mette en doute l’existence de Allah ou Mahomet ; pire encore, qu’on puisse critiquer ce dernier, en rire, en plaisanter, le dessiner, comme on peut le faire de Jésus, Moïse, Bouddha.

Pas de prosélytisme ? Quelle ignorance ! Il n’y a pas d’islam sans prosélytisme. L’islam est la seule religion réellement prosélyte puisque son but est de conquérir la planète, ce qu’il avait partiellement réussi entre le huitième et le seizième siècle, avant que le monde musulman n’entre dans une phase de déclin. Aujourd’hui revigoré par les décolonisations et le pétrole, il reprend sa marche en avant avec ces armes redoutables que sont l’immigration de masse, le chantage commercial et diplomatique, le fanatisme idéologique des gauches occidentales, et la lâcheté des droites. Chaque revendication communautariste voulant imposer vos fameux « rites » à la société, est un acte de prosélytisme.

Et si la loi de 2004 est appliquée comme le sera peut-être celle de 2010, le fait même qu’il faille des lois pour obliger les musulmans à respecter notre culture, ne semble pas vous troubler outre mesure.

Ils respectent la laïcité ? C’est sans doute au nom de la laïcité que les plus « modérés » des musulmans, comme le susnommé Dalil Boubakeur, réclament un moratoire sur la loi de 1905 afin que l’Etat puisse financer la construction de mosquées (ce qui est d’ailleurs déjà le cas par des moyens détournés). Cela ne vous empêche pas de prétendre que « la très grande majorité des musulmans l’acceptent » (la loi de 1905). C’est sans doute au nom de la laïcité que les responsables politiques (qui ne se font pas prier si j’ose dire) sont systématiquement invités aux repas de « rupture de jeûne » du ramadan, comme à l’inauguration des mosquées. Et puis, tant que les musulmans ne sont pas majoritaires, que peuvent-ils faire d’autre que de subir la laïcité tant bien que mal ? C’est quand ils sont majoritaires qu’il faut juger leur véritable nature.

On n’égorge plus les moutons dans les baignoires ? Qu’en savez-vous ? Mais de toute façon c’est de moins en moins nécessaire puisque les abattoirs et boucheries halal se multiplient.

Le lien islam-banlieue est un fantasme, la chienlit des banlieues est sociale et non religieuse ? C’est exactement la rhétorique de la gauche. Je vous conseille de regarder cette brève vidéo tournée dans un autobus, où un passager anonyme a pu furtivement filmer des racailles islamisées hurlant des « Allah ou akbar » tandis que les autres passagers, terrorisés, font comme s’ils étaient ailleurs.
http://www.youtube.com/watch?v=TthhAmzr1S8&feature=player_embedded

Secundo, dites- vous, on n’a pas laissé le temps aux musulmans de s’intégrer. Patience que diable ! Pourquoi ce « refus de laisser du temps au temps » ? C’est vrai quoi, trois ou quatre générations c’est peu, alors qu’une ou deux avaient suffi aux Italiens, Espagnols, Polonais et autres Portugais. Surtout quand les femmes de la dernière génération portent le foulard et la robe jusqu’aux chevilles, contrairement à la précédente.

Tertio, la situation est encourageante puisque « dans plusieurs régions, des solutions négociées localement bannissent déjà la séparation des sexes dans les stades et piscines. Des hôpitaux refusent les patients qui renâclent aux soins de leurs femmes. ». Ici vous nous refaites le coup du voile et de la burqa plus haut. Puisqu’il faut négocier ce qui auparavant allait de soi, n’est ce pas la preuve du problème ? Et on aimerait savoir en quoi consistent les « solutions négociées » qui la plupart du temps sont des capitulations pures et simples devant les exigences communautaires.

In fine, pour prévenir ou calmer l’ire du lecteur que vous devinez, vous concédez qu’il faut tout de même être vigilant. Ne pas accepter les prêches fondamentalistes dans les mosquées, laisser s’exprimer les critiques de l’islam… Après un tel plaidoyer pour la religion d’amour et de paix, que pèsent ces quelques mots de consolation ?

Voyez-vous Messieurs, votre journal contribue maintenant à un phénomène qui est le fait politique majeur de notre époque : le divorce progressif entre le peuple et le monde politico-journalistique traditionnel. Désormais Internet permet de s’émanciper de ceux qui de leur tour d’ivoire, observent le monde à travers une longue vue et en tirent des analyses abstraites. Les sites et journaux participatifs ont un succès toujours plus grand. C’est notamment le cas du journal en ligne Riposte Laïque, à qui j’adresse la présente lettre ouverte, et qui a déjà publié il y a quelques semaines celle d’une de vos lectrices se désabonnant pour des motifs voisins des miens.

La semaine dernière, une bombe éclatait dans le microcosme auquel vous appartenez. Marine Le Pen était annoncée en tête du premier tour de la prochaine élection présidentielle. De la gauche à la droite, hommes et femmes politiques, journalistes et analystes de toutes sortes se regardèrent avec incrédulité, comme des enfants ayant reçu une punition collective incompréhensible. Et demandèrent naïvement en levant les yeux, bras écartés : pourquoi ?

Jean de la Valette

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