Mme Mazetier, M. Glavany, reconnaissez enfin l'erreur de la gauche, en 1989 !

Femme de gauche, je vous demande, Mme Mazetier et M. Glavany, de reconnaître, enfin, l’erreur fatale de Lionel Jospin et de la gauche dans la gestion de la première offensive du voile à l’école en 89.
Madame, Monsieur
Je viens de visionner avec beaucoup d’attention et d’émotion les auditions de Mesdames Sihem Habchi et Elisabeth Badinter. Comment ne pas être bouleversé par les propos et le récit de la jeune Présidente des ni Putes ni Soumises, comment ne pas être attentif à l’imploration qu’elle vous fait, d’une obligation de réelle réflexion, et de décisions politiques à prendre, face à la gravité de la situation.
Comment ne pas être aussi convaincu par l’argumentation subtile et forte de Mme Badinter, une des rares personnalités à avoir, en 1989, attiré l’attention des uns et des autres sur la gravité des évènements que nous vivions alors. L’une et l’autre dans leurs propos ont mis la gauche en cause et particulièrement M. Lionel Jospin, ce qui ne vous fait pas plaisir, mais le reproche de ces deux personnes est tout à fait justifié. En 1989 j’étais enseignante d’EPS et très soucieuse de ce que ce voile sous-entendait, pressentant à quel point ça allait modifier le comportement des jeunes filles.
A l’époque, les élèves pratiquaient les activités sportives en short et la natation en maillot de bain comme leurs amies de classe, les mamans venaient à l’école la chevelure libre de toute contrainte, et aucune élève ne mettait en avant sa qualité de musulmane puisque notre école était laïque. Le sort des femmes musulmanes sur le sol de France me semblait à l’époque aller vers une émancipation réelle. Je pensais que M Jospin, alors ministre de l’Education Nationale, règlerait rapidement et avec fermeté cette offensive islamiste. Car enfin, quel était le dessein réel de ces imams qui mettaient ces jeunes filles sur le devant de la scène ? Certainement pas le respect des femmes, de la laïcité, de l’égalité et de nos valeurs républicaines, mais bien une volonté de modifier notre société en imposant une image des femmes très éloignée de nos valeurs.

Quelle force politique, si ce n’est la gauche avait le devoir d’être attentive et réactive ? Qui mieux que Lionel Jospin, pour qui j’avais à l’époque une très grande estime, se devait de sentir ce qui se passait, vers quelles dérives cette demande, si nous y cédions, allait nous entraîner ? A-t-il manqué de courage ? N’a-t-il pas senti la gravité du moment ? Comme Elisabeth Badinter, je pense qu’une réaffirmation de nos valeurs républicaines à ce moment là eût changé l’histoire de la France et peut-être du monde. Quelle dégradation du sort des femmes musulmanes en vingt ans en France et partout ailleurs !
J’ai adhéré au mouvement des ni Putes ni Soumises presqu’à sa création et je suis tout à fait sur le positionnement de Sihem Habchi à qui nos média devraient ouvrir plus largement les portes. J’attends maintenant de la gauche, ma famille politique, une attitude claire dans ce débat et de la fermeté face à l’escalade des demandes islamistes qui, depuis 1989, se sont multipliées. Un second recul sur cette question pourrait être fatal à la gauche. On se grandit toujours à reconnaître ses erreurs, la gauche doit faire ce travail, il y va de sa survie.
J’ai conscience que le débat est difficile, que les difficultés sociales sont importantes, mais, comme vous le demande Sihem Habchi : « N’achetons pas la paix sociale sur le dos des femmes »
Merci de m’avoir lue et en espérant que vous aurez, cette fois-ci, du courage, Sihem Habchi en a tellement. Bien cordialement.
Chantal Crabère

image_pdf
0
0