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Mme Pannier-Runacher m’a gravement diffamé : je dépose plainte !

Nous avons rencontré ce jour le général André Coustou, signataire de la première tribune des généraux, qui nous a fait l’honneur de répondre à nos questions.

Riposte Laïque : Vous êtes général, vous faites partie des premiers signataires de la tribune devenue si célèbre. Pouvez-vous expliquer votre parcours à nos lecteurs ?

Général André Coustou : Né d’une mère immigrée italienne de 14 enfants et d’un père paysan sans bien, je viens du bas de l’échelle sociale et suis un pur produit de l’ascenseur social qu’est l’armée. Travailleur acharné, je me suis sorti de l’ornière tout seul, sans même un tonton franc-maçon et suis entré à Saint-Cyr pour ensuite choisir l’arme de l’Infanterie. Après 16 déménagements et 6 enfants, avec ma toujours même épouse, nous nous sommes retirés en Bretagne, bien qu’étant moi-même Gascon. Intégré sans doute, assimilé j’espère. On ne peut mentir ni se mentir dans ce métier car nous engageons notre vie et surtout celle de nos compagnons d’arme que sont nos subordonnés. Synthèse permanente entre la technique, la santé et la forme physique entretenues ainsi que d’une remise en cause jamais achevée, c’est en fait ce qu’on nomme le commandement qui m’a passionné pendant 35 ans. Mais fin de l’activité signifie simplement nouvelles activités car l’oisiveté ne m’est pas familière. Aussi, j’ai pu alors me consacrer à la réflexion et l’étude de certaines questions fondamentales sans négliger ma famille et aussi beaucoup de bénévolat au profit de personnes dans le besoin.

Riposte Laïque : On vous a vu, sur un plateau de télévision, invité par CNews et Morandini, avoir des échanges assez vifs avec un contradicteur qui paraissait à des années-lumière de votre vision du monde. Quelle leçon avez-vous tirée de cette expérience ?

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Général André Coustou : La devise qui ne m’a jamais quitté, « toujours y croire », m’a empêché de somnoler alors que je constatais que ce à quoi j’avais consacré l’essentiel de ma vie active à savoir notre si belle France s’abimait inexorablement. Oui j’ai la patrie chevillée au corps et je ne peux me résoudre à ne pas transmettre à mes descendants dont déjà trois arrière-petits-enfants ce que nos Anciens nous ont offert souvent au prix de leur sang. Et puis j’ai fini par comprendre que nos maux venaient essentiellement de l’impéritie de nos gouvernants qui j’avais cru qu’ils servaient pour le bien commun du peuple alors que l’intéressement et le mensonge innervent à un point que je n’imaginais pas la vie politique. Pourtant, la Politique est d’une grande noblesse quand elle s’exerce « au service ». J’avais vraiment l’impression de me débattre en vain et pris conscience que la voie des urnes étant illusoires et cette de l’action violente utopique et non souhaitable, il fallait en chercher une troisième. Aussi, découvrant un peu la sphère politique depuis la dernière élection présidentielle, je me suis engagé à fond avec le général Antoine Martinez, président de « Volontaires Pour la France », mouvement de patriotes accueillant toutes les bonnes volontés pour tenter de sauver la France. C’est pourquoi, connaissant de longue date le capitaine Jean-Pierre Fabre-Bernadac, lorsqu’il me parla de son projet de lettre ouverte après qu’il eût écrit son livre « Les damnés de la France » et m’avoir demandé de lui préfacer, je n’hésitais pas une seconde à signer cette lettre ouverte qui est un SOS et rien d’autre.

Riposte Laïque : Avez-vous été surpris des réactions de la classe politique et médiatique, suite à cette tribune ? Comment réagissez-vous quand un ministre, Agnès Pannier-Runacher, vous méprise au point de vous qualifier de « généraux en charentaise » ?

Général André Coustou : Malheureusement je n’ai pas été surpris, simplement déçu. Je n’ai pas et d’ailleurs jamais eu de télévision, ce qui d’une part me permet de conserver un certain esprit critique, et aussi comme je l’ai dit, de ne pas craindre le coronavirus. Mais les réactions dont vous parlez révèlent aussi l’état de décomposition de notre société. Certaines mauvaises langues définissent parfois un journaliste comme « une pute ou un chômeur ». Je ne fais aucune allusion à l’émission à laquelle j’ai participé, mais j’ai pu observer dans toute son horreur les réactions indignes de responsables de haut rang et on comprend mieux encore une fois pourquoi la France est ce qu’elle est aujourd’hui.

Le 2 mai vers 9 h, en direct sur une radio d’information continue financée par nos impôts, une personne qui a rang de ministre et est le bras droit du ministre de l’Intérieur évoquait, toute honte bue, cette tribune de 20 généraux en retraite alors que le matin même, la lettre ouverte rédigée par un capitaine avait déjà obtenue plus de 22 000 signatures. Quant à la blagounette des charentaises de Madame Agnès Pannier-Runacher, aussi dérisoire que méprisante de la part d’un membre du gouvernement, je la prends pour ce qu’elle est et ne m’y attarderai pas. Mais ce qui est plus grave de la part de Madame Agnès Pannier-Runacher ministre en exercice, et c’est la raison pour laquelle je porte plainte, ce sont ses affirmations selon lesquelles par cette lettre, j’aurais, avec les autres signataires, « appelé au soulèvement », arguant d’un amalgame fallacieux avec le putsch de 1961. D’autant que selon la lettre, l’intervention de l’armée si elle devait avoir lieu, s’effectuerait dans le cadre d’une MISSION  périlleuse de protection…
Le mot « mission » ôte toute ambiguïté à cette possible et redoutée intervention de l’armée dans le cadre d’une situation particulièrement dégradée, et conformément à la constitution qui l’autorise, aux ordres du Président de la République, chef des armées.

A 76 ans, n’ai-je pas autre chose à faire que de porter plainte contre un ministre du gouvernement ?
Ayant consacré ma vie active à cette France que j’aime éperdument, je n’accepte pas, face au risque mortel qui la menace, d’entendre des accusations aussi fausses que calomnieuses  de la part d’un ministre qui n’a pris aucun risque jusque là. J’ai donc un devoir de parler et le droit de me défendre.

On se demande si de nombreux commentateurs ont seulement lu la lettre ouverte, à moins qu’ils aient reçu la version en araméen. Un militaire est aussi capable de réfléchir, d’ailleurs quelqu’un a dit (un général même) que pour un soldat la pensée est libre mais l’exécution rigoureuse.

Riposte Laïque : Une deuxième tribune, signée de militaires d’active, soulève une nouvelle tempête. Elle soutient votre initiative, mais exprime encore plus durement le message que vous avez voulu faire passer. Des politiques comme Mélenchon et Darmanin insultent et menacent les signataires. Comment voyez-vous cela se terminer ?

Général André Coustou : J’ignore tout de cette tribune, que j’ai quand même lue. Qui l’a écrite et combien de signataires réellement ? En tout cas, le contenu est vraiment réconfortant car les plus jeunes sont à la fois lucides quant à la situation de la France et solidaires de leurs anciens. N’en déplaise à certains, ceux qui auraient voulu jouer la division, peut-être pour mieux régner, en sont pour leurs frais. Ce texte est également sévère et les réactions qui ont suivi présentent tous les signes d’une certaine fébrilité pour ne pas dire d’affolement. Et les mots sont encore une fois ceux trop souvent entendus et qui engendrent les maux dont nous souffrons. Mais ceux qui les prononcent ne sont pas sots, ce qui signifie simplement que l’intention n’est pas droite. Que de désolation à voir des personnes en position de responsabilité se conduire comme des coqs en train de se combattre. Cela se terminera dans les bas-fonds de l’oubli pour les uns ou au sommet du ridicule pour les autres, mais sera toujours perdante notre pauvre France.

Riposte Laïque : Pensez-vous que c’est par les élections que la France puisse être sauvée, et comment analysez-vous la situation, pour la présidentielle de 2022 ?

Général André Coustou : Ce que je sais, c’est que les élections sont une parodie de démocratie pour donner au bon peuple l’illusion qu’il participe à la décision. Un cas d’école est l’élection présidentielle de 2017 qui non seulement n’honore pas la France mais la discrédite sur la scène internationale, cette France dont les représentants se permettent de donner des leçons ailleurs. J’ai vraiment mal à ma France. Un ancien Premier ministre qui a vainement tenté de se reconvertir du côté de Barcelone a dit un jour qu’il ne fallait pas avoir honte de la France. Moi, j’ai trop souvent honte pour la France. Pour l’avenir, je n’ai aucune compétence pour dire ce qui se passera et les sachants montrent aussi leurs limites en ce domaine. La situation est trop incertaine pour faire des projections fiables. Atteindra-t-on l’échéance telle qu’elle est fixée ? Rien n’est moins sûr. Toutes les hypothèses sont plausibles tant le présent peut inquiéter ceux qui ne sont pas dans le déni de réalité. La France est au bord de la falaise, et un pas de trop peut nous amener à la catastrophe.

Riposte Laïque : Souhaitez-vous ajouter quelque chose, mon Général ?

Général André Coustou : Le mot de la fin ? Tant que la France ne recouvrera pas sa souveraineté, elle ne pourra pas prendre les mesures conformes au destin que le peuple veut se donner. Pour cela, nous avons assez vu trop de professionnels de la politique qui ont fait la démonstration de ce qu’ils savaient faire. L’heure est trop grave pour attendre encore. Concrètement, stop immédiatement à l’immigration pour nous laisser le temps de digérer les difficultés que nul ne peut nier, stop à l’islamisation de notre France aux racines chrétiennes car nous ne voulons pas que la charia supplante nos lois, stop à la marche forcée vers le Nouvel Ordre Mondial qui se concrétise aujourd’hui par ces mesures liberticides au motif d’un virus dont les plus hautes autorités ont réchappé sans difficultés apparentes et sans communiquer beaucoup sur le sujet.

Ce ne sont pas des instances lointaines et anonymes qui peuvent se préoccuper de nos intérêts. Et puis, rendons notre France plus vertueuse, en particulier nos responsables politiques, elle n’en sera que plus belle. Pour ma part je m’engage résolument avec le général Antoine Martinez, qui ne compte déjà plus les coups bas comme c’est souvent le cas lorsqu’on dit la vérité. Alors « Toujours y croire » et donnons un vrai projet pas seulement matériel à la France tant admirée malgré elle.

Propos recueillis par Pierre Cassen