Mohamed Sifaoui, un homme en colère

Arte a diffusé un documentaire sur ce journaliste algérien qui, à Alger, a vu mourir ses meilleurs amis et collaborateurs dans un attentat contre son journal. Ce jour-là, la bombe a tué aussi une jeune fille, coupée en deux, et tué 60 personnes, journalistes et passants.  » Je suis mort un peu ce jour-là » dit Sifaoui. Depuis, le journaliste poursuit son combat contre les islamistes en France, inlassablement. Sa tête est mise à prix et il vit avec une protection permanente : pas de vie privée possible au grand jour (il a une femme et deux enfants).

Il dénonce non seulement le terrorisme mais l’idéologie salafiste, qui se répand dans les cités et attise la haine entre les communautés, contre les occidentaux ( les « croisés ») et contre les juifs .
Les « Qui tue qui? », ceux qui accusent l’armée algérienne d’être responsable des 150 000 morts de la guerre civile en Algérie, et dédouanent ainsi les islamistes de leurs crimes, se déchaînent contre Mohammed Sifaoui: il a rendu hommage au général Nezzar « pour avoir arrêté le processus électoral de 1991 et ainsi évité un autre Afghanistan « .

Et voilà Alain Gresh qui se déchaîne sur son blog : le documentaire a été réalisé par des néo conservateurs français : André Vitkine, Fabrice Gardel ; se côtoient dans ce cercle Pascal Bruckner, André Glucksmann, Romain Goupil… Ceux qui ont soutenu la guerre en Irak.
Eh bien, je suis de ceux et celles qui n’ont pas soutenu la guerre en Irak ! qui ont manifesté contre cette guerre, inlassablement ! et de ceux qui soutiennent le combat des hommes et des femmes qui sont venus en France témoigner de leurs souffrances, parler des tueries perpétrées par les islamistes, qui sont venues en France et viennent encore, chercher le soutien des associations féministes et laïques ( UFAL, NPNS, Regards de femmes, Femmes contre les intégrismes, Femmes solidaires)
Où étaient-ils, ces gauchistes accusateurs, comment eux, si prompts à manifester contre les atteintes aux libertés, aux droits de l’homme, comment ont-ils laissé tout un peuple se faire massacrer sans une protestation ?
Alain Gresh, lui, ne risque pas d’être menacé par les islamistes !

Mireille Popelin

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