Monsieur Askolovitch encourage les musulmans à en finir avec ma France

Publié le 25 octobre 2012 - par - 4 240 vues
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Je ne connais pas personnellement Monsieur Claude Askolovitch. Je ne sais donc pas quels ressorts intimes le poussent à prendre les positions qui sont les siennes, positions dont la philosophie se résume à un axiome répété à l’envi : « la France a suffisamment vécu, il est temps qu’elle s’efface et pour cette besogne, il est absolument possible de compter sur moi ».

À cette heure, je pose simplement la question de savoir pour qui il travaille en vérité, hors son emploi à l’Obs. Et je le regarde s’exprimant.

Je vous recommande de supporter jusqu’au bout l’entrevue qu’il accorde à Oumma.com, face à un « journaliste » dont le travail est, ce jour-là, complètement pris en charge par l’invité lui-même. Ceux des lecteurs qui gardent en mémoire la propagande des staliniens dans les années du Mur reconnaîtront sans peine la méthode éprouvée par les agents de Béria, de Molotov et du KGB. Pensée calibrée, stratégie de mise en oeuvre, vecteurs, pour un message expédié vers les foules plus ou moins impatientes de s’en imprégner.

 

http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=2GK7leyVDC8

http://oummatv.tv/14532/claude-askolovitch-france-devient-egalement-musulmane

En s’adressant aux musulmans par le truchement de leur principal média en France, Monsieur Askolovitch, en bon relais de la terreur répandue à dessein dans son pays (cf. les responsables de Charlie Hebdo « décommandés » par des libraires et associations de Toulouse, le 24 Octobre), ne peut ignorer que son discours sera dans l’instant diffusé bien au-delà de ce seul public. C’est donc à l’ensemble de la population française qu’il s’adresse, et lorsqu’il déclare « la France devient également musulmane », c’est devant chaque citoyen de ce pays qu’il dévoile son projet, avec des mots qui pèsent leur poids.

« Également », par exemple. Ce qui veut dire, je crois, à égalité. Avec quoi? Je vous le laisse deviner, en fait avec le reste, c’est-à-dire la République, la Loi, l’Histoire, la culture, le sentiment profond d’appartenance, la vieille empreinte religieuse, et aussi la liberté intangible de penser et de dire, l’insolence, le doute, l’intelligence et tant d’autres choses encore dont nous sommes, de tous bords, pétris.

Sur la question de savoir pour qui Monsieur Askolovitch travaille, j’ai l’impression qu’on avance.

De son argumentation redoutable organisée par un cerveau supérieur en parfait état de marche, il ressort en effet, à l’intense jouissance de son partenaire d’un soir, que mon pays ( il s’adresse à moi aussi, n’est-ce pas?) est mûr pour devenir quelqu’un d’autre, ce mouvement ne pouvant être ralenti que par la stupidité foncière de ses autochtones en désarroi. À cet égard, la tirade sur le « tout petit petit petit journal », Charlie Hebdo en l’occurence, dans un « tout petit petit petit pays », la France si j’ai bien compris, en est l’écho le plus sonore. Écraser l’un sous l’autre et le tout sous la civilisation en marche fait partie des banalités dont l’avenir proche fera logiquement son lit, telle est l’annonce-faite-à-Marianne derrière les mots de Monsieur Askolovitch.

En ces jours incertains où chaque jour, des masques tombent, celui dont se pare Monsieur Askolovitch fait ainsi, en parvenant au sol, un bruit d’étron dans un chiotte. Mais au moins, il tombe. Cela veut aussi dire que des fronts sont en train de se créer de part et d’autre d’une ligne encore floue. Je considère la matérialisation de ce plan cadastral comme l’urgence absolue des mois à venir.

Monsieur Askolovitch trépigne et s’excite face à une réalité dont il sent venir le souffle. Il ne sait pas trop comment le corps français va réagir en fin de compte à l’offensive dont il souhaite le succès. En lançant ses blindés contre la France, dans les Ardennes, Hitler éprouva, au dire de ses proches, le même sentiment d’incertitude, et cette sorte de vertige que donne l’élan vers l’avant. C’est là le propre des conquérants qui ont choisi le lieu et le moment, et décidé d’agir. C’est en tout cas sur Oumma.com que Monsieur Askolovitch a désigné le camp dans lequel il se range et c’est de ce lieu qu’il m’a personnellement déclaré la guerre.

Mais la France bouge, dans ses profondeurs mais aussi par les voix autorisées, de plus en plus nombreuses, de ses penseurs, de ses philosophes, de ses politiciens, de ses créateurs et artistes. La question de l’Islam en intrusion chez nous, longtemps considérée comme un épiphénomène forcément régulable, se fait chaque jour un peu plus brûlante. Longtemps indifférents, les gens de ce pays commencent à se dire qu’il y a peut-être plus important que le mariage homosexuel, le cannabis, le dépassement des honoraires médicaux ou les problèmes de Peugeot-Citroën. Certes, ce ne sont pas là des points de détail, mais dont le règlement peut suivre les voies normales, balisées, d’une société démocratique. Il y a infiniment plus grave que cela. Le stipendié de l’Obs le sait, ainsi perçoit-il, pour le redouter, l’ordre des priorités en train de se mettre en place dans la tête du peuple.

Il lui faut donc pousser les feux, engager le fer aux côtés de ceux dont le combat lui semble le plus légitime. Janissaire convaincu de la justesse d’une cause qui devrait pourtant lui être étrangère, il monte en selle et pointe l’horizon du doigt.
Il a choisi, et décidé.

Monsieur Askolovitch n’est pas journaliste, mais tout bêtement soldat. Là est la réponse à la question à vrai dire faussement candide posée plus haut.

Alain Dubos

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