Monsieur Pena Ruiz, vous n’avez pas encore compris que l’islam nous a déclaré la guerre ?

Publié le 27 avril 2009 - par
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Cher M. Pena-Ruiz,

Je vous suis particulièrement reconnaissant d’avoir entamé le débat avec Riposte Laïque, car je crois autant aux vertus du dialogue que vous, puisque Socrate est aussi ma figure tutélaire. Cela nous permettra d’éclaircir avec précision ce qui distingue notre position dans le champ laïque de la vôtre.

Nos multiples divergences apparentes découlent d’un seul fait fondamental : vous avez une connaissance assez pauvre de la nature concrète des religions en général et de l’islam en particulier. Une preuve au hasard, tirée de la présentation que vous faites de votre livre Dieu et Marianne, philosophie de la laïcité : « Dieu, c’est l’objet d’une croyance purement spirituelle, propre à certains hommes. Invoqué pour contraindre ou pour imposer une forme de spiritualité, Dieu est-il encore Dieu ? De nombreux croyants en doutent, qui rejoignent les libres penseurs dans le refus de toute confusion entre pouvoir temporel et témoignage spirituel. » (1) Méconnaissant l’histoire des religions, les travaux de l’anthropologie religieuse et de l’ethnologie, vous partez d’une définition de « Dieu » et de « la religion », qui puissent convenir absolument à vos développements dialectiques. En jargon universitaire, votre philosophie de la laïcité n’est que le déploiement des prédicats des concepts de « Dieu » et de « religion » que vous avez posés au début de votre analyse.

Si Dieu n’est que « l’objet d’une croyance purement spirituelle » alors tous les hommes peuvent et doivent devenir laïques, et n’avoir avec Dieu qu’un commerce « purement spirituel », sous peine, s’ils s’y rapportent autrement, de renier… « Dieu ». Cela est parfaitement logique et circulaire : si l’on se rapporte à un « objet de croyance » autrement qu’à travers le pur « esprit », par exemple en l’invoquant, en le priant, en lui faisant des offrandes, en le mangeant, en le profanant, en l’abjurant, en le tuant, en le craignant, en l’adorant, alors cet objet n’est plus un « objet de croyance », mais un objet de crainte, de manducation, de prière, de joie, de profanation, d’adoration, etc. Bref, votre philosophie n’est qu’une pétition de principe.

Malheureusement pour vous, « Dieu est toujours Dieu » même, et surtout, lorsqu’il ne correspond pas à votre définition. Ce n’est pas Dieu que renieraient tous ceux qui ne le verraient pas comme un simple « objet de croyance », comme vous le souhaiteriez, c’est juste votre dieu, le dieu de M. Pena-Ruiz qu’ils abjureraient, ce dont ils s’en fichent éperdument, puisqu’il n’est qu’un concept de philosophe. Les dieux réels, ceux qui animent les hommes, ont l’outrecuidance de « vouloir imposer une forme de spiritualité ». C’est fou, qu’une religion veuille imposer une forme de spiritualité ! Quelle idée barbare ! Votre construction intellectuelle est belle mais n’a aucune valeur politique, parce qu’elle ignore complètement la réalité des religions et de la pratique religieuse. Se prétendant universelle, elle nie avec une grande violence symbolique la vie concrète des croyants. Car votre concept n’est pas universel, au sens où il correspondrait à une réalité partout vérifiable, mais abstrait : il n’a de référent nulle part sur la terre. La réalité des religions vous gêne, et vous avez résolu le problème en abolissant la réalité. Vous ne voulez pas de la « guerre de dieux », vous avez décrété qu’il n’y avait pas de dieux, et donc qu’il n’y aura pas de guerre. Dans ces conditions, il est comique que vous croyiez de surcroît que votre laïcité n’est l’ennemie d’aucune religion.

Votre ignorance se vérifie à chaque fois que vous parlez d’une religion particulière, mais est encore plus patente lorsque vous parlez de l’islam. Allah est certainement le dernier dieu à pouvoir rentrer dans votre cadre conceptuel, même en poussant un peu. L’islam n’est pas une foi, mais une Loi, ou, pour le dire avec Hobbes, un droit positif révélé. Si nous considérons que l’islam est le principal danger pour la République, c’est parce qu’il se veut un système législatif concurrent, et que c’est ainsi qu’il se pose par rapport à Marianne. Il y des musulmans modérés, mais il n’y a pas d’islam modéré, car l’islam est un juridisme. Allah n’est pas un « objet de croyance » pour les musulmans, mais le maître législateur auquel ils doivent se soumettre exclusivement, c’est-à-dire au mépris des lois non musulmanes.

C’est en cela qu’il est de fait une doctrine séditieuse, porteuse de troubles sociaux. Le voile n’est pas simplement un signe religieux ostentatoire, c’est l’affirmation que la femme musulmane ne peut appartenir qu’à un musulman, il est le drapeau du refus de l’exogamie de la communauté islamique. Sachant que c’est l’échange des femmes qui, selon les anthropologues, fonde l’assimilation et l’intégration réelle d’une communauté dans un corps social, ce refus est l’obstacle majeur à un rapport serein des autochtones avec ces « nouveaux Français ». L’interdit de l’exogamie est un pilier de l’islam qui découle directement de sa conception concrète d’Allah comme législateur universel : si une musulmane épousait un non musulman, cela voudrait dire qu’elle lui serait soumise et qu’elle désobéirait à Allah. Cet Allah n’est d’ailleurs pas fonctionnellement distinct de Mahomet, qui, avec ses turpitudes et ses félonies, est divinisé et adulé en tant que modèle par excellence de tout bon musulman. Mais je ne vous ferai pas un cours gratuit d’islamologie : si le concret, la réalité des religions vous intéressait, cela fait longtemps que vous auriez lu Mircea Eliade, Anne-Marie Delcambre ou bien Dominique Urvoy.(2)

Vous nous reprochez de « reprendre à notre compte la thèse du « choc de civilisations », de si triste mémoire. » Non seulement vous n’avez pas lu les historiens des religions, mais vous n’avez pas lu Samuel Huntington non plus. Car la thèse de son livre n’est pas l’apologie du conflit des civilisation, mais au contraire un appel au réalisme politique, et à la modération. Samuel Huntington nous exhorte justement à ne pas croire que nos valeurs particulières sont universelles. C’est justement en pensant, comme vous, qu’une valeur qui nous est propre, comme la laïcité, serait universelle, que l’on se dirigerait vers un conflit entre les civilisations. (3)

Vous nous accusez de vouloir montrer que « certaines traditions culturelles seraient meilleures que d’autres ». A la différence de vous, qui prétendez savoir même quel dieu est Dieu et lequel ne l’est pas, je ne sais pas quelles traditions culturelles sont bonnes dans l’absolu, cependant je pense savoir quelle culture est meilleure pour moi, et partant pour mes concitoyens en tant que membres de la même communauté de destin. D’ailleurs, vous pensez de même, car vous écrivez que « la laïcité n’est pas simple sécularisation, mais promotion active, par l’instruction publique notamment, de l’autonomie de jugement qui affranchit les hommes de toute tutelle civile ou politique, qu’elle soit religieuse ou non. » (4) Aussi votre accusation est fallacieuse, car si vous faites « le pari de la culture et du jugement éclairé », il faut vous en donner les moyens, et promouvoir une culture particulière au détriment de celles qui ne conduisent pas à votre idéal universel de libre penseur. Lorsque nous dénonçons la démission de l’école publique devant les exigences islamistes, nous ne faisons pas autre chose. Par conséquent, votre égalitarisme et votre relativisme culturel ne sont qu’hypocrisie.

Vous déclarez « Du Maghreb, de France, d’Europe et du monde entier, osons dire tout haut les principes d’une humanité réconciliée de la seule façon qui permette d’éviter le retour des fanatismes meurtriers : l’union des hommes par ce qui les élève au meilleur d’eux-mêmes. Liberté authentique fondée sur l’autonomie de jugement, égalité des droits rendue crédible par la justice sociale et internationale, se conjugueront alors, et elles le feront grâce à l’émancipation laïque des sociétés comme des personnes. Un tel idéal n’est le produit d’aucune civilisation. Il a été conquis de haute lutte dans l’Occident comme il peut l’être ailleurs. » Vous avez parfaitement raison, cet idéal a été « conquis de haute lutte ». Et « en Occident ». C’est-à-dire qu’il y eu une culture qui s’est imposée à une autre, il y a eu une guerre. Mais vous, vous voulez la victoire, sans en passer par la guerre. Vous croyez que cette émancipation pourrait nous tomber littéralement du ciel de vos idées.

Je me tiens les côtes en m’imaginant Rabelais, Voltaire ou Bayle, lire vos incantations magiques par lesquelles vous voulez faire advenir cet idéal sans livrer aucune bataille au fanatisme réel. Allez demander à ces professeurs de secondaire, dont Sonia Bergerac de La journée de la jupe est le symbole, ce qu’ils pensent de vos envolées lyriques. Ils sont en première ligne de cette guerre culturelle, qui est souvent une guerre tout court, vu les violences réelles dont ils sont victimes. Demandez-leur ce qu’ils éprouvent au contact des représentants concrets du « patrimoine universel de la pensée libre » qui viennent d’autres latitudes. Dites-leur d’enseigner l’éducation civique française, la littérature française, l’histoire française sans faire de hiérarchies entre les cultures et les pays ! D’éduquer des esprits libres et critiques sans leur enseigner à faire de discriminations, ni de hiérarchies !

En ce qui concerne l’islam, pour qu’il y émerge cet idéal, vous accrochez vos espoirs de philosophe à Averroès, ce qui ne manque pas non plus de comique. Car Averroès n’était rien de moins qu’un cadi, c’est-à-dire le chef d’un tribunal islamique, et son Traité décisif, que tous les demi habiles citent à longueur de temps, se conclut sur l’interdiction de l’usage de la raison pour les non philosophes, c’est-à-dire pour les hommes ordinaires. (5) Averroès, c’est certain, c’était un sacré promoteur de « l’autonomie de jugement » !

Vous écrivez, dans la présentation de votre livre, que « La neutralité confessionnelle de la République n’est donc pas le signe de son hostilité à la religion, mais la marque d’une exigence d’universalité propre à une puissance publique effectivement dévolue à tous les hommes. L’unité du laos, du peuple, en deçà de ses différenciations, est bien la référence décisive de l’émancipation laïque. Et son principe essentiel. » Sachez que c’est justement cette « unité du peuple » qui est aussi mon principal souci. L’unité concrète, le lien national. Cependant, je ne pense pas que ce soit le vôtre, car vous avez conclu votre discours à Saint Denis ainsi : « Dans un monde où les populations se mélangent de plus en plus, il est clair que les lois communes des Etats doivent s’affranchir de tout particularisme, pour ne mettre en œuvre que des exigences universelles, bonnes pour tous les hommes et tous les peuples, car propres à les émanciper des traditions rétrogrades tout en dégageant le bien commun de tout privilège. C’est en cela aussi que la laïcité est un idéal de paix de concorde, et de fraternité. Un idéal qui fera le tour du monde. »

Ce à quoi vous en appelez de tous vos voeux, c’est à d’immenses destructions culturelles, baptisées pudiquement « affranchissement des particularismes ». Avez-vous songé un instant seulement comment enseigner concrètement le bel universalisme dont vous êtes l’apôtre ? Quel sera le programme scolaire dans votre République idéale ? Quelles œuvres culturelles particulières étudiera-t-on ? Devra-t-on abolir les jours fériés qui célèbrent des victoires d’un pays particulier ? Devra-t-on interdire Le bourgeois gentilhomme de Molière, car il se moque des Turcs ? Censurera-t-on Pascal parce qu’il véhicule de préjugés contre les juifs ? Passera-t-on au caviar le monologue de Figaro ? Interdirons-nous les représentations du Cid, car célébrant un massacreur de Maures ? Détruirons-nous les monuments aux morts de la guerre 14-18 ? Et comment réparerez-vous cette injustice fondamentale qu’est le fait de dire que nous sommes en 2009 après Jésus-Christ ? Faudra-t-il instaurer un calendrier particulier pour chaque communauté, et modifier toutes les cartes d’identité, chacun pouvant déclarer à son gré s’il considère vivre en 2009 apr. J.C., en 1430 après l’Hégire, en 2552 après Bouddha, en l’An LI de la Vème République, en l’An VIII après Loana ou en l’An 42 après la télé couleur ? Mais suis-je bête, vous avez une solution toute prête : il n’y aura plus de temps, puisqu’il n’y a pas de réalité !

L’unité concrète d’un peuple tient à sa culture particulière, qu’il n’a pas besoin de donner pour la meilleure au monde pourvu que ce soit la meilleure pour lui. S’affranchir de tout particularisme, c’est tout bonnement un suicide. Les « quêtes fébriles d’identité » que vous constatez autour de vous et qui vous effraient, ne découlent pas exclusivement « d’un déficit de justice et de maîtrise sociale de l’économie. » (6) Elles découlent aussi, et plus encore, des entreprises de nivellement culturel que vous encensez comme des remèdes, alors qu’elles ne font qu’accroître les maux. Votre déni de la réalité, inoffensif quand il se cantonne dans votre cabinet de philosophe, devient programme de destruction quand il investit le champ de la politique. Quand on veut apporter l’idéal aux hommes, cela finit généralement en bain de sang, le peuple réel ayant beaucoup de mal à supporter ce traitement purificateur. L’échec de l’entreprise semblable de l’illustre Platon devrait vous faire réfléchir.

On nous prend, nous, rédacteurs de Riposte Laïque, pour des ultra-laïcistes. Mais ce qualificatif s’applique beaucoup mieux à vous, qui pensez que la laïcité doit écraser tous les particularismes culturels, même ceux de votre propre peuple. Vos propositions sont réellement dangereuses pour la paix sociale, car elles procèdent d’un déni de la réalité mélangé à un irénisme dictatorial, emmitouflés dans un relativisme de façade.

Nous, nous n’avons pas des prétentions aussi universelles que les vôtres. Mais nous n’avons pas peur de la guerre, pour défendre au moins ici, en Occident, cet idéal que vous prétendez chérir. Non pas parce qu’il serait universel, mais parce que l’on veut vivre en paix ensemble, ici, dans ce pays concret, pas en dehors de la caverne de Platon. Notre laïcité ne veut pas faire l’ange, mais du moins elle ne fera pas la bête. Car, à bien vous lire, pour éviter la « guerre des dieux », votre seule solution, c’est de vider toutes les cultures et de toutes les religions de ce qu’elles ont d’irréductiblement particulier et donc d’inconciliable entre elles. A cette pacification ultra-laïque, à cette tolérance obligatoire, dont vos déformations historiques sont le fruit, je préfère certainement la « guerre des dieux », qui n’est qu’un autre nom de la vie des Hommes. Niveler les cultures, c’est déshumaniser les individus et les réduire au rang d’agents économiques obsédés uniquement de justice sociale, de partage de profits, et de sécurité matérielle.

Vouloir niveler toutes les cultures et les religions ne peut d’ailleurs qu’attiser la haine de chacune d’entre elle envers votre conception. Votre laïcité ne sera soutenue par aucun « peuple », pas même par le peuple français, si celle-ci veut vider de sa substance même la culture française, porteuse de la laïcité. Pour nous, la laïcité doit s’imposer comme une valeur française à ceux qui veulent vivre en France, c’est tout. Si cet idéal s’épanouit aussi sous d’autres latitudes, tant mieux. D’ici là, c’est un particularisme français que tous ceux qui veulent vivre en France doivent respecter, c’est-à-dire faire violence à leurs cultures originaires pour s’assimiler à la nôtre. Non pas parce que la nôtre serait meilleure que la leur devant le tribunal abstrait de l’Histoire dont vous avez pompeusement dressé les tréteaux dans votre intervention à Saint Denis, mais parce qu’ici, nous sommes les maîtres, et que c’est comme cela que nous avons entendu organiser notre vie publique.

Au lieu de nourrir de fols espoirs, sur la laïcisation intégrale du genre humain, d’autant plus généreux qu’ils n’engagent à rien de pratique, attelons-nous à une tâche concrète à notre portée, mais douloureuse : dans ce bout de terre où elle s’est quand même incarnée, défendons la laïcité avec une modestie intellectuelle, mais avec une fermeté réelle.
Pour finir, vous nous avez fait un procès d’intention, nous accusant à mots couverts d’avoir je ne sais quel « autre projet politique » que la défense de la laïcité. Vous avez insinué que nous aurions des sympathies déplacées pour l’Etat d’Israël, comme si c’était un devoir républicain d’être pro-palestinien. Cela ne relèverait pas, selon vous, de « l’esprit laïque ».

Votre « esprit laïque » montre ainsi qu’il n’accepte certainement pas l’autonomie d’esprit, c’est-à-dire des voix divergentes.
Je ne sais pas si nous, à Riposte Laïque, nous sommes en train de nous judaïser, mais votre « esprit laïque », par contre est certainement en train de s’islamiser. C’est Claude Lévi-Strauss qui vous en exposera les raisons, ce que vous n’arrivez que trop rarement à faire lorsque vous affirmez quelque chose : « Il m’a fallu rencontrer l’islam pour mesurer le péril qui menace aujourd’hui la pensée française. Je pardonne mal au premier de me présenter notre image, de m’obliger à constater combien la France est en train de devenir musulmane. Chez les musulmans comme chez nous, j’observe la même attitude livresque, le même esprit utopique, et cette conviction obstinée qu’il suffit de trancher les problèmes sur le papier pour en être débarrassé aussitôt.

A l’abri d’un rationalisme juridique et formaliste, nous nous construisons pareillement une image du monde et de la société où toutes les difficultés sont justiciables d’une logique artificieuse, et nous ne nous rendons pas compte que l’univers ne se compose plus des objets dont nous parlons. » (7)

Cordialement

Radu Stoenescu

Philosophe

(1) http://www.cvlm.free.fr/rdv.htm

(2) Je conseille vivement l’écoute de ces podcasts : http://lumiere101.com/?s=urvoy&x=32&y=19

(3) « Normativement, l’Occident, dans sa prétention à l’universalité, tient pour évident que les peuples du monde entier devraient adhérer aux valeurs, aux institutions et à la culture occidentale parce qu’elles constituent le mode de pensée le plus élaboré, le plus lumineux, le plus libéral, le plus rationnel, le plus moderne. Dans un monde traversé par les conflits ethniques et les chocs entre civilisations, la croyance occidentale dans la vocation universelle de sa culture a trois défauts majeurs : elle est fausse, elle est immorale et elle est dangereuse. […] L’impérialisme est la conséquence logique de la prétention à l’universalité. » Le choc des civilisations, Samuel Huntington, éd. Odile Jacob, 2007, p. 343-344

(4) http://www.cvlm.free.fr/rdv.htm

(5) http://www.youtube.com/watch?v=LBZ3uKugGm8&feature=channel_page

(6) http://www.cvlm.free.fr/rdv.htm

(7) Tristes tropiques, ch. XL.

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