Mort d’Eugène Leiba, fondateur du salon littéraire du Bnai Brith : un homme qui avait tout compris…

Publié le 14 avril 2015 - par - 2 135 vues
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EugeneLeiba

Eugène Leiba est à droite de cette photo.

Nous le savions, grâce aux informations de son ami de toujours Joseph Hattab, gravement malade. Eugène Leiba vient de nous quitter. Et nous sommes tristes. A l’idée de ne plus le voir, de ne plus entendre sa voix, de ne plus pouvoir plaisanter avec lui et nous inquiéter de la marche du monde.

Nous l’avons connu en 2010. Il était alors président de la Loge Ben Gourion et paraissait exercer de grosses responsabilités au sein du Bnai Brith, notamment à Paris. Intéressé par l’apparition de Riposte Laïque, puis par la création de Résistance républicaine dont il fut un des premiers adhérents, conscient de la réalité du péril islamique, il voulait qu’une majorité de dirigeants juifs nous rencontre, afin d’examiner ce que nous pouvions faire ensemble pour lutter contre un adversaire commun. Nous lui avions fait savoir immédiatement que notre liberté n’était pas négociable, et que nous nous autoriserions toute critique de la politique d’Israël si nous l’estimions nécessaire. Il avait parfaitement admis cette posture.

Nous avons, grâce à lui, fait connaissance de personnalités attachantes, comme, outre Joseph, Bozanna, Myrna, Richard et bien d’autres…

Nous avions été impressionnés par sa façon de mener les réunions. C’était un chef, efficace sans être péremptoire, qui avait horreur de se noyer dans les détails. Il voulait avancer, et il avait compris la gravité de la situation que connaissait notre pays.

Il nous a présenté beaucoup de personnes qui, selon lui, comptaient. Le président du Bnai Brith France de l’époque, le président du Crif Richard Prasquier, le président de l’Union des Patrons Juifs de France, et quelques autres personnalités de moindre renommée.

Il tentait, à chaque fois, de leur expliquer qu’il fallait que la communauté juive travaille avec des personnes comme nous, non juives, et ne s’enferme pas dans un communautarisme sectaire. Surtout, il voulait expliquer à ces dirigeants nationaux qu’il ne fallait pas s’enfermer dans le politiquement correct, et désigner clairement la réalité de l’islam, en s’appuyant sur le discours de non-juifs comme nous.

A chaque fois que nous sortions d’une réunion avec ces gens là, Eugène, sans trop d’illusion, espérait tout de même que nos propos, et les siens, avaient été entendus. Hélas, cela ne fut jamais le cas, et nous lui avons dit, au bout d’un moment, que nous n’avions plus de temps à perdre avec des gens qui faisaient le contraire de ce qu’ils promettaient.

Eugène ne fut jamais écouté par ces responsables juifs, tremblant de peur à l’idée de dire la vérité sur l’islam. Il subit même, parfois, la trahison de certains responsables qui n’avaient pas le dixième de son courage.

Grâce à Eugène, nous avons pu tenir plusieurs conférences sur la réalité de l’islamisation de la France, devant des salles combles et très réceptives, à la mairie du 16e arrondissement. Nous constations à ce moment là, par la réaction du public, le décalage abyssal qui existait entre le discours du Crif, sans parler de la Licra ou de l’UEJF, et la majorité des juifs de France.

Il nous invita, avec Maurice Vidal, à exposer nos livres au salon littéraire du Bnai Brith, qu’il avait créé, et qui se tenait tous les ans à la mairie du 16e arrondissement. Ce salon était un havre de liberté, où on rencontrait nombre d’auteurs engagés qui n’étaient pas souvent invités dans d’autres lieux.

C’est grâce à lui qu’en novembre 2010, nous avons eu le plaisir et l’honneur de rencontrer Bat Ye’Or, qui est devenue depuis une amie que nous avons toujours beaucoup de plaisir à rencontrer.

Il vécut très douloureusement les trahisons du maire de Paris 16e, Claude Goasguen, dont il était proche, en 2011 et en 2014, quand celui-ci, cédant aux pressions du disciple de Mélenchon, Corbières (2011) et de la direction nationale du Bnai Brith France et de son ineffable président Serge Dahan, fit annuler au dernier moment notre venue.

Nous avons encore en mémoire son coup de téléphone, en novembre 2014, quand il nous annonça, très gêné, le diktat du maire de Paris, et ses regrets… Nous lui fîmes savoir que nous ne lui en voulions absolument pas, mais que Goasguen n’allait pas être déçu du voyage…

Eugène, malgré les pressions et les critiques resta toujours ferme, à nos côtés. Il se réjouissait de notre détermination à lutter contre l’islamisation de notre pays. Il avait compris depuis fort longtemps que le problème pour les Français juifs n’était absolument pas le Front national, mais le nombre de musulmans, parmi lesquels de plus en plus de radicaux, qui bouleversait les rapports de forces, dans notre pays. Il s’interrogeait souvent, avec énormément d’inquiétude, sur la possibilité de sauver encore la France. Ainsi qualifiait-il le 18earrondissement parisien de territoire perdu pour la France et se désespérait qu’il y en ait tant d’autres dans notre pays.

Nous n’oublierons jamais la gentillesse de cet homme, qui a tout fait, de son vivant, pour aider le combat de Riposte Laïque et de Résistance républicaine, qui était le sien.

Nous essaierons d’honorer au mieux sa mémoire en poursuivant nos activités, qu’il suivait attentivement chaque jour. Adieu l’ami. Tu vas nous manquer.

Pierre Cassen et Christine Tasin

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