Motions de Censure ou « Manoeuvre de Cons »

La politique est un art difficile à déchiffrer et celle de l’Assemblée nationale est encore plus dure. Devant l’affaire Benalla sauvagement défendu par Macron Premier et sa fine équipe de ministres et de députés, l’opposition a retrouvé vigueur et obstination. Ce fut de la part du gouvernement et surtout de la garde rapprochée du président tout-puissant une très grave erreur de vouloir faire glisser l’incident sous le tapis de l’été. Pendant plus de deux mois, jusqu’à la révélation du Monde, rien ne se déroulait dans l’hémicycle sinon des fourberies politicardes et quelques escarmouches à fleurets mouchetés. La chaîne publique vivotait de ses émissions sans envergure et de ces duels niais et morts-nés.

Tout à coup avec la force et le bruit d’un orage soudain, l’opposition a fait éclater sa colère et à grands coups d’éclairs a tenté de mettre le feu au Palais de l’Elysée. Les médias se sont régalés de ces diverses péripéties et des vidéos souvent branlantes projetées sur les écran des téléspectateurs médusés. Puis l’image du coupable d’abord en tenue de voyou avec un brassard de la police puis celle beaucoup plus dégrossie, presque raffinée avec visage rasé de près et lunettes de petit fonctionnaire de sous-préfecture. Une offensive était lancée contre le gouvernement et ses manières de dissimuler ce qui ne lui plaisait pas et en face une contre attaque, presque à la hauteur de celle de Verdun, pour finir de démolir la réputation de la république exemplaire imposée par Macron Premier.

Les interventions sur les plateaux se suivaient sans répit, les LREM défendant la position du chef, les LFI/DRG/PS d’une part et des LR de l’autre côté des tranchées portant de grands coups d’arquebuses contre les méthodes macroniennes. Les pétoires commençaient cependant à perdre de leur puissance et la canicule aidant et les Français pensant à leurs vacances, il ne restait plus grand chose dans les besaces des belligérants.

Alors une dernière salve devenait un élément impératif du conflit. Elle se cachait dans la constitution sous la forme de « Motions de Censure » pour mettre l’exécutif au pied du mur. Les rares soldats des partis mutilés avait préparé leurs mousquetons pour fusiller le Premier ministre et son cabinet.

Pendant une journée, on assista plutôt dans les discours et les interpellations à des « Manœuvres de Cons » tellement les arguments étaient vides et incohérents surtout que les pourfendeurs de Macron savaient qu’elles n’aboutiraient à rien. Ils étaient loin, très loin d’une majorité. Assis paisiblement sur son siège au devant de l’hémicycle, on voyait Philippe entre autres compter les points et s’esclaffer intérieurement de cette mascarade. Il pensait plus au grand repas du lendemain à l’Elysée où il rencontrerait tous ses acolytes autour d’une bonne bouffe et de verres de champagne, le tout payé par le contribuable. Ils se taperaient sur l’épaule, se donneraient des accolades et des bises pour se féliciter d’être enfin sortis de cette tempête qu’il mettrait comme Paris, comme la France dans une bouteille de bourbon, jetée à la fin de la soirée au recyclage politique.

Puis ils se quitteraient sur le seuil du palais, la mine égayée, l’œil pétulant, la langue moqueuse devant les journalistes avides de photos à sensation. Macron Premier et sa Reine mère les accompagneraient jusqu’à la sortie et avec des effusions enthousiastes leur souhaiteraient de passer de bonnes vacances et d’oublier un peu la politique.

Puis les amoureux, eux, partiraient pour une courte lune de miel dans le fort de Brégançon pour se mettre les pieds dans leur nouvelle piscine.

La question en suspens est de se demander à quoi ont pu servir ces « Motions de censure » plus des « Manœuvres de cons » pour extirper le pays du marasme dans lequel il s’enfonce : hausse du chômage, une croissance affaiblie, des ricanements diplomatiques, des grèves à répétitions, un métro qui déconne, une gare paralysée et des bilans désastreux pour Air France.

Attendons la rentrée en septembre pour repartir vers des sommets encore plus hauts de la connerie de la présidence. Y aura-t-il une autre affaire pour nous amuser ? D’autres scandales pour énerver les Français ?

Mais la plus éloquente relance du peuple viendra de la divulgation des chiffres des bénéfices des millionnaires qui les aideront à mieux vivre. L’exemple qui pourrait faire mal c’est la ristourne de 60 000 euros sur les impôts sur la fortune de Pénicaud, payée par 107 retraités plumés. Est ce que ces chiffres seront révélés ? Macron ne fera-t-il pas tout pour les dissimuler de peur de la réaction des Français maltraités ? Mais comme la presse est encore libre, l’un de nos canards les imprimera noir sur blanc et  nous verrons la réaction de tous.

André Girod

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6 Commentaires

  1. Il fallait la faire, cette motion de censure pas conne du tout pour que le peuple sache qu’il y a des parlementaires qui ne sont pas d’accord avec cette mascarade et surtout pour démasquer la corruption de la présidence.

  2. Censures ? Combat symbolique, mais encore permis, dans un Etat confisqué !
    Ultime révolte d’un Parlement croupion !
    Dernier râle avant la réforme de la Constitution.
    « Résistible ascension d’Arturo Macron » ?
    Oui ! « Résistible » ! A condition qu’on s’y colle ! TOUS !

  3. superbe photo des uns soumis,et dire que cela fait partie de l’assemblee nationale,ah elle s’est bien degradee notre assemblee

    • Dégradée seulement par ceux-là mêmes qui ont voté pour ces des putes

  4. De toute cette histoire (qui n’a pas dit son dernier mot) l’évènement le plus marquant est que ce soit « L’immonde » lèche-Q qui ait levé le lièvre en brûlant la politesse au « Canard-langue-de-P »…

    l’Histoire-à-la-con retiendra que c’est Le Monde qui aura permis mettre en évidence la vraie dimension de Minus-1er Freluquet du château ! Une racaille dans un bas de soie !

  5. À force de tirer des boulets sur les remparts il finira par s’effondrer aussi rapidement qu’il est monté au sommet de l’État ce félon. Les traîtrises se paient toujours.

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