Mouloud Aounit et l’Islam « de » France

Publié le 20 février 2011 - par - 357 vues
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Le 10 février 2011, Nicolas Sarkozy  se prononçait pour un « islam de France ».  Sur ce point, la réaction de Mouloud Aounit, ancien président du MRAP et président d’honneur de cette association est fortement intéressante. Il analyse cette précision dans les termes suivants:   : « Vous avez le droit de pratiquer l’islam, mais l’islam que je veux. C’est particulièrement dangereux ». L’analyse est un peu courte pour ne pas dire primaire. En tout cas elle est révélatrice de la façon dont certains, sur le territoire nationale, considèrent les pratiques des religions. Ils pensent que la religion, ses pratiques et ses moyens ne doivent pas supporter un cadre de référence et qu’elles sont placées au-dessus de toutes contraintes législatives.

Vous vous trompez monsieur Aounit, cet islam « de » France auquel fait référence Nicolas Sarkozy ce n’est pas l’islam que désire tel ou tel groupe politique. Notre état est laïque, notre constitution le constate et nos lois organisent cette laïcité. Les pratiques religieuses de France  font donc l’objet d’un cadre que chacun doit respecter. Ce n’est pas propre à l’ Islam. C’est le lot commun de toutes religions.

N’en déplaise à Mouloud Aounit mais, quand une procession catholique est prévue en Bretagne pour  un recueillement au pied d’un calvaire, elle fait l’objet d’une autorisation délivrée par les autorités « ad-hoc ». Les temples, les églises, les mosquées, les synagogues, malgré leur caractère religieux et le coté sacré que les fidèles leurs confèrent doivent obéir aux règles techniques de réception du public comme un supermarché ou une salle de sport.

La liberté ne peux s’exprimer que dans le respect de règles communes à tous. Ou est donc le danger, monsieur Aounit, d’avoir un Islam de France ? Considérez-vous que le fait de respecter la législation d’un pays soit une entrave à la pratique  l’ Islam ? Ou bien, pensez-vous qu’un islam qui ne peut plus s’affranchir des règles communautaires est un Islam perdant sa raison première à savoir  l’hégémonie totale sur toute autres religions ou systèmes de gouvernement et, qu’a partir de là il est en danger.

Il serait intéressant que Mouloud Aounit, membre émérite du Mouvement contre le Racisme et l’Amitié entre les Peuples puisse se livrer à une enquête sur les prêches délivrés dans certains lieux de culte. Il semblerait, aux dires de sources journalistiques, que nombres de ces diatribes sous le couvert d’un discours religieux, soient en fait de véritables plaidoyers pour la violence pour ne pas les qualifier d’appels aux meurtres contre ceux qui ont une pratique religieuse différente. Ce qui, vous l’admettrez est un obstacle puissant contre l’amitié entre les peuples.

Le MRAP qui est à l’origine de la loi du 1er juillet 1972 qui fait du racisme non pas une opinion mais un délit, serait dans la droite ligne de ses objectifs en dénonçant  les groupes ou associations qui, toujours sous le couvert de la religion, souhaitent réaliser ou réalise un apartheid en réservant des installations gérées par la collectivité ou des espaces publics pour leurs seuls pratiquants.

Au nom de la religion des groupes de pression fortement organisés contestent les contenus scientifiques de nos programmes scolaires. Des religieux s’élèvent contre le fait que les jeunes filles doivent participer aux activités physiques et sportives que dispense l’éducation nationale.

Toujours au nom de la religion ces mêmes religieux affirment la suprématie de l’homme sur la femme et souhaitent que cette différence soit admise dans notre quotidien.

Enfin, si le MRAP menait en justice ceux qui, publiquement, déclarent que les lois de leur Dieu doivent supplanter les lois de notre pays, ne serait-ce pas un combat nécessaire pour la préservation des libertés publiques.

Pensez-vous, monsieur Aounit, que, faire cesser de telles choses puisse présenter un danger quelconque pour la religion a laquelle ils s’adossent ?

Pierre Thyde

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