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Mulhouse : le séparatisme, un nouveau mot pour diluer la réalité de l’islam radical

©SEBASTIEN BOZON / POOL/EPA/MAXPPP – epa08225702 French President Emmanuel Macron (R) surrounded by people, answers journalists’ questions as he arrives to the police station in the district of Bourtzwiller, in Mulhouse, eastern France, 18 February 2020. During his visit in Mulhouse, French President will announce the government’s strategy to fight ‘Islamist separatism’ and ‘discrimination’, he said on February 18. EPA-EFE/SEBASTIEN BOZON / POOL MAXPPP OUT

Le président Macron s’est rendu à Mulhouse, plus précisément dans le quartier de Bourtzwiller, en février dernier pour évoquer le communautarisme musulman avec un nouveau mot afin d’atténuer une soi-disant portée discriminante : le séparatisme. D’ailleurs nous sommes aujourd’hui à quelques semaines de la présentation de cette future loi.

L’offensive politico-religieuse de l’islamisme en France est une offensive très coordonnée. Aujourd’hui la question de l’identification d’un l’islam politique dangereux est essentielle. Il faut arrêter de confondre les questions de la laïcité et de l’islam politique. L’État n’a pas à s’immiscer dans les religions. La sécularisation doit être de mise afin que la loi religieuse passe après la loi de la République et cela pour stopper la mainmise des islamistes sur l’ensemble des musulmans de France.

Plus que jamais il s’agit d’identifier, de nommer les choses. Avec le gouvernement actuel il y a trop de mots et pas assez de résultats, car personne ne veut dire les faits tels qu’ils sont afin de ne pas déranger le confort intellectuel du bien-vivre ensemble. Cette lâcheté face à un mouvement qui est à l’œuvre depuis des décennies en France doit cesser.

Bourtzwiller fait partie des quartiers dits de reconquête républicaine et ce même quartier est plus concerné que d’autres par l’instruction à domicile qui se développe de manière exponentielle depuis 2017. L’Éducation nationale constate même une explosion des chiffres. À en croire un article du quotidien l’Alsace du 3 janvier 2017, les motivations de cette instruction à domicile sont diverses et ne tiennent pas qu’à des convictions pédagogiques. Selon certains parents « l’environnement fausse l’éducation » qu’ils veulent donner à leurs enfants. Les parents se défient de l’école publique dont ils pointent des défaillances : retour négatif sur le niveau des élèves et la violence, souci vis-à-vis du comportement des élèves, influence néfaste, classes trop chargées. « Le vivre-ensemble ne va pas dans les deux sens, on doit se mêler, se respecter les uns les autres, si un enfant musulman est forcé à manger de la viande à la cantine ses valeurs ne sont pas respectées, à l’école on fête Noël, pas l’Aïd… » De plus ces parents ne se reconnaissent pas dans certains programmes : il y aurait du mensonger dans l’histoire de France sur la colonisation, Charles Martel, l’islam… Les parents s’étonnent également que l’école parle de sexualité, parle d’homosexualité.

Nombreux sont ceux qui prennent aussi la décision d’inscrire leurs enfants dans le privé. Ainsi, à Mulhouse, le nombre d’enfants musulmans scolarisé dans les écoles catholiques privées a fortement augmenté les dernières années, à un tel point par exemple que dans une classe de CM1, sur 25 élèves seulement 9 préparent encore leur première communion. Prônant une éducation stricte, ces parents reprochent une forme de laxisme à l’Éducation nationale et cherchent des valeurs qui tiennent des valeurs musulmanes au sein des écoles privées (respect, honnêteté…). Mais les revendications religieuses ne tardent pas à apparaître : pétitions pour la mise en place de repas halal à la cantine, demandes de dispense pour les activités liées au calendrier de l’Avent, etc…

L’islamisme, c’est cette peur de la femme émancipée, cette peur de la mixité, la détestation de notre nation laïque. Le récent sondage Charlie ne peut que nous interpeller : pour 74 % des Français musulmans de moins de 25 ans l’islam passe avant les valeurs de la République.
Depuis 2004 l’islam politique est présent dans l’espace scolaire. Aujourd’hui il y a un réel retard dans la concrétisation de la lutte contre l’islamisme. L’école laïque disparaît petit à petit grâce aussi au militantisme d’extrême gauche présent dans les salles de profs.
Mulhouse se distingue également en cette rentrée scolaire 2020 avec l’ouverture de la première école musulmane privée du Haut-Rhin. L’annonce a été faite sur les réseaux sociaux début juillet. Peu de personnes connaissent l’existence de cette école.

Mulhouse accueillera donc des classes du CP au CM2 dans cet établissement situé dans les locaux appartenant au Millî Görüs à la Mer Rouge. Ces locaux abritent déjà la controversée mosquée de Dornach dont la création et l’expansion ont fait l’objet de plusieurs réunions et délibérations en conseil municipal depuis 2013. D’emblée il est précisé qu’un enseignement religieux y sera dispensé.
L’école privée est hors contrat avec l’État mais affiliée à un réseau d’écoles musulmanes, l’UEPM. Fondée en 2016 pour fédérer des établissements privés musulmans l’UEPM dépend de la puissante Confédération islamique du Millî Görüş (CIMG) qui compte déjà plusieurs établissements fonctionnels.

Milî Gôrûs, mouvement né à l’initiative de Necmettin Erbakan, principal acteur politique de l’islamisme turc de ces quarante dernières années et ancien Premier ministre turc dont les propos sont tout un programme : « Les Européens sont malades… nous leur donnerons les médicaments. L’Europe entière deviendra islamique, nous conquerrons Rome. »
Milli Görüs, principal mouvement islamique encadrant la diaspora turque et dont les liens avec les « frères musulmans » sont connus. Le mouvement est d’ailleurs classé « islamiste fondamentaliste » par le renseignement fédéral allemand et en 2003, « Milli Gorüs » a figuré sur la liste des associations pouvant servir de base arrière au terrorisme dans le pays.
Des documents de « Milli Görüs » mentionnent d’ailleurs que « chaque individu membre doit s’engager dans la guerre religieuse (djihad) (…) doit se conditionner de manière à être prêt à tout moment pour le djihad ! (…) La communauté est un moyen servant l’objectif de l’islamisation de la société ».

Milli Görüs, dont la vision est partagée par Edorgan. La diaspora turque installée en Europe est en prise directe avec « Milli Görüs » qui la relie au pays et vit largement en vase clos dans un communautarisme qui a été conforté par l’actuel Premier ministre Erdogan lors d’un discours au Zénith de Paris en 2010, lorsqu’il a déclaré : « Personne ne peut vous demander d’être assimilé. Pour moi, le fait de demander l’assimilation est un crime contre l’humanité… », et il a incité ses compatriotes venus l’acclamer, drapeau turc à la main, à coloniser légalement le pays, proposant la création d’établissements scolaires turcs en France afin de consolider leur implantation, établissements qui ont vu le jour dès 2014.
Erdogan a également déclaré : « On ne peut pas être à la fois laïque et musulman… On est musulman ou on ne l’est pas… parce que c’est Allah qui est le créateur de l’islam, il est le seul souverain ».

L’objectif de l’organisation est donc clairement annoncé : assurer la domination d’Allah ! L’ensemble des organisations avec lesquelles elle a des relations défend le régime de la charia avec la perspective idéologique de « Milli Görüs » de se servir de la violence. Il est donc un danger social pour l’Europe.
Ajoutons que son logo est la carte de l’Europe enchâssée d’un croissant islamique.
De plus, en Allemagne, la liste des allégations contre « Milli Görüs » sont nombreuses : fraude, escroquerie sur fonds public, collecte de fonds douteux, faux détournement de fonds et blanchiment d’argent… dont il n’est jamais fait état dans la presse française, pas plus qu’il n’est fait référence à son orientation extrémiste, ce qui n’empêche pas non plus nos gouvernants français de lui faire bénéficier de toutes leurs largesses.

Nos gouvernants sont donc largement prévenus mais obstinément complices et maîtres d’œuvre de la destruction de notre société.
Edorgan avait, par ailleurs, fait des appels au djihad qui ont été largement occultés lors des débats sur la question de l’entrée de la Turquie en Europe. Néanmoins, « Milli Görüs » est en pleine expansion, maillant le territoire de nouvelles mosquées et de nouvelles écoles chaque année dans de nombreuses villes de diverses régions de France.

Fondamentaliste religieux, Millî Görüs s’inscrit dans un islam rigoriste que l’on retrouve dans la promotion faite pour leurs écoles sur la page Facebook du groupe scolaire de Mulhouse. Ainsi, dans une vidéo sous forme de dessin animé, chaque personnage féminin, femme et enfant, est voilé. Nul doute ne plane sur cet islam religieux présent dans cette école.
L’ouverture de cet énième établissement à Mulhouse doit nous interroger et nous avons entrepris d’interpeller le ministère de l’Éducation nationale qui ne s’est pas interposé au projet.

L’école Avicenne de Mulhouse est-elle vraiment une école comme les autres ?

Christelle RITZ

Conseillère municipale de Mulhouse