Multiculturalisme ou dilution des cultures ?

Publié le 25 avril 2011 - par - 708 vues
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Les véritables journalistes ne devraient-ils pas se demander pourquoi  en Europe, les votes des populations se déportent vers la droite  depuis quelques années ? Plutôt que de crier: « hou les affreux fascistes sont de retour !», « la bête immonde revient !», ne devraient-ils pas se questionner eux-mêmes : « Qu’est-ce qui se passe ? N’y- a-t-il pas quelque chose qui nous  échappe, quelque chose que nous n’avons pas vu, pas senti ? »

Au lieu de cela beaucoup usent de l’injure ou campent  sur des certitudes, dans une position moutonnière bien-pensante, re-assenant des affirmations ultra libérales: la mondialisation c’est le top, vive la bougeotte collective, supprimons les frontières,  chacun doit pouvoir aller et venir où il veut, quand il veut, comme il veut ! Après l’illusion communiste, voici l’ère de l’obligatoire et inéluctable mondialisation dans laquelle  on nous promet que multiculturalisme et métissage seront  les 2 mamelles du bonheur planétaire  demain ! Au cas où l’on ne serait pas vraiment convaincu on nous rétorque: »Et de toutes les façons, ma bonne dame on n’y peut rien, c’est comme ça ! » C’est cette évidence  que nous vendent nos médias depuis 30 ans: » c’est comme ça, on n’y peut rien ! » Or, en matière de bonheur des peuples, les idées, mêmes celles qui peuvent paraître les meilleures et les plus généreuses, doivent être analysées en fonction des fruits qu’elles produisent.

Tout doit pouvoir toujours être analysé, contesté, remis en question dans tous les domaines, tout au moins ce devrait être le rôle de nos politiques. Est-ce  que, ce que nous pensions autrefois à été plutôt une bonne chose ou pas ? Devons-nous maintenir le cap, ou en changer ? Quel pouvoir de décision gardons-nous? Il en est des méthodes de lecture, comme des modes de production, comme des choix de société. On a l’impression aujourd’hui que nos journalistes ont perdu leur capacité d’analyse ou de critique, comme s’ils étaient embarqués sur un tapis roulant qui irait à toute vitesse et dont ils ne pourraient  s’extraire, ce tapis transportant une cohorte de personnes pensant toutes pareil !

Parmi les facteurs qui semblent déstabiliser les populations européennes, l’obligation du multiculturalisme ne serait-il pas à analyser ? Est-ce une notion si évidente à intégrer pour les peuples ? Est-ce que c’est facile, est-ce que ça doit obligatoirement leur plaire, et ont-ils ou non le droit de se prononcer sur la question ? Si l’on revient, par exemple, à la période post coloniale, au moment des indépendances, partout des géographes ont tracé sur des cartes des pays artificiels,  sans  demander leur avis aux peuples concernés.

Quand on sait à quel point la tribu, en Afrique par exemple,  peut être source de force, de convivialité, mais aussi de rancœurs ancestrales  vivaces, on a préparé le pire et le pire est souvent arrivé. Nous en mesurons  aujourd’hui encore les conséquences. De même que la fin de l’empire colonial britannique s’est traduit par des conflits entre l’Inde, le Pakistan le Bengladesh, et aussi au moyen orient, où subsistent des tensions terribles. Quand, par-dessus tout cela,  les religions, qui sont souvent un élément culturel  fondamental d’union mais aussi d’opposition aux autres,  s’ajoutent aux mélanges ethniques, dont on  veut forcer la cohabitation, on peut fabriquer des poudrières.

Près de  nous, lors des élections en Bosnie, des personnes de bonne  volonté avaient constitué à Sarajevo une liste pluri-culturelle serbe, croate, bosniaque ; au moment du vote, cette liste avait recueilli, si je me souviens bien, moins de 5 % des voix… Ces élections ont été suivies des horreurs que nous avons tous en mémoire ! Quand on est un « être politique » ou un journaliste n’est-il pas nécessaire de regarder  le monde avec réalisme ? Jugeons les hommes tels qu’ils sont et cessons  d’en faire des anges !

Bien sûr, nos sociétés sont toutes le résultat de fusion  de populations, entre les invasions et les immigrations, les personnes se sont mélangées, les cultures se sont brassées, imbriquées les unes dans les autres, mais ça s’est fait sur les temps longs, voire sur plusieurs  centaines d’années. Nos sociétés européennes se sont bâties sur une unité judéo-chrétienne, et jusqu’à ces 30 dernières années les vagues migratoires étaient relativement uniformes, contrôlées, gérables. L’Europe  n’est pas une abstraction sans âme, il y a une unité européenne dans les modes de vie, bien que chaque pays garde son originalité et c’est ce qui fait le plaisir des voyages !

Or, depuis 30 ans, tout va plus vite, tout va trop vite ! La vitesse des moyens de transports a explosé, la population de la planète est passée de 3 Milliards en 1960 à  7 milliards en 2011, la misère a grandi aussi, et les flux migratoires, largement liés à cette misère, s’exportent dans tous les azimuts, et vers l’Europe, eldorado convoité. Il serait malhonnête de nier que ces flux migratoires ne déstabilisent pas les sociétés, elles-mêmes en grave crise économique, avec une paupérisation grandissante. Où fixer les limites à la générosité européenne et que souhaitent les Européens ?

Ils veulent, dans leur grande majorité, préserver  leur culture et peut-on leur reprocher cela ? Ils souhaitent aussi, que les flux migratoires restent mesurés et surtout que les arrivants intègrent les valeurs de leur  pays. Malika Sorel rappelait dans son livre « Le puzzle de l’intégration » que le migrant devait s’insérer dans la communauté d’accueil, que ce pouvait être une douleur, mais qu’il devait abandonner une partie de sa culture, les us et coutumes du pays d’accueil devant rester prioritaires, la langue en particulier. Comment faire quand, dans certaines villes de banlieues, il n’y a plus d’autochtones, et que s’y côtoient une centaine de nationalités différentes? Ces dernières peuvent, par le phénomène des bandes, reproduire quelquefois les conflits ethniques de leurs pays d’origine. Les victimes de ces conflits sont souvent les familles populaires et modestes des dites banlieues.

Que devient alors la culture originelle, doit-elle s’acculturer, se déculturer, ou se multiculturer et alors en combien d’exemplaires ?   Quand dans  nos villes de France, mais aussi en Angleterre, en Allemagne, dans les pays nordiques, au motif de la religion, se promènent  des silhouettes de femmes vêtues comme les intégristes des pires théocraties musulmanes, devons-nous, comme des éponges  avaler ce breuvage là au prétexte que maintenant c’est comme ça, et qu’il le faut ?

Pour réussir une intégration il faut fixer des règles et préserver, d’abord, la culture des autochtones. Comme dans les couples, le vivre ensemble ne s’impose pas ! Les idéologies à la mode, qui arrangent bien  ceux qui cherchent une main d’œuvre bon marché, risquent de transformer notre monde en un vaste désordre destructeur de cultures. On semble se préoccuper aujourd’hui  plus de la protection et de la survivance des espèces animales que de la préservation des multiples beautés ethniques de notre planète puisque nos identités doivent obligatoirement se brouiller au nom du multiculturalisme et du métissage.

Certains responsables politiques, en Allemagne, en Angleterre commencent à comprendre les faiblesses et les échecs de cette idyllique idéologie.

Chantal Crabère

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