Mur des Cons : la meute réserve un procès de Moscou à Clément Weill-Raynal

Publié le 30 avril 2013 - par - 2 864 vues
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Pas gênée pour deux ronds, la présidente de ce qui se dit être un syndicat*. C’est elle qui passe à l’offensive.

Elle accuse même Christiane Taubira de s’être jointe à une meute de liberticides et d’affreux personnages de la « droite dure », et même d’extrême droite… A l’évidence, ce sont des réponses syndicales. De qui se moque-t-on ?

Libération, de son côté, montre ce qui se prépare. En l’occurrence, nous assistons à une sorte de procès de Moscou à Paris. Ici et là, on prépare un procès dont l’accusé serait le journaliste qui aurait osé filmer le « mur des cons » et en rendre public les images en l’envoyant à un média dont il avait tout lieu de penser qu’il ne s’autocensurerait pas.

Voudrait-on obtenir, dans cette triste affaire, le résultat juridique obtenu contre la chaîne TV qui avait pris la responsabilité de diffuser les images et les paroles de la sœur du djihadiste assassin d’enfants Juifs à Toulouse, approuvant le « combat » de cet assassin ?

On ne parle en effet plus du fond. On se focalise essentiellement sur la forme, la forme, rien que de la forme. Le journaliste serait un répugnant personnage. Il aurait obtenu par surprise un moyen de preuve, et ce dans un lieu privé prêté par l’administration, dans un local « syndical » situé un bâtiment public.

D’autres tentent d’aller sur un fond frelaté. Cette prise d’images et leur diffusion participerait d’une offensive contre le syndicalisme… Comme si le « SM » était un syndicat, au sens des confédérations ouvrières.

Pour revenir à la majorité des enquêteurs et des procureurs du sale personnage ayant violé le « domicile privé » du « SM », ce mur, ce ne serait en somme que des paroles lancées en l’air, comme ça, sans être réfléchies, sans exprimer la pensée véritable de ses auteurs …

La ficelle est grosse, grossière même, mais elle suffit au journal de Laurent Joffrin.

D’ailleurs, rajoute ce journal, le journaliste soupçonné -qui serait l’auteur de cette capture de « propos privés » tenus dans un lieu privé et exprimés au moyen de photos et de commentaires, – est « déjà déontologiquement problématique (…) pour avoir mené campagne contre Charles Enderlin. ».

Tout est dans tout, nous apprenait-on. On le voit ici. L’accusé, ce ne devrait pas être quelques magistrats ayant ciblé des victimes potentielles de futurs jugements. Non, l’accusé, ce devrait être un journaliste, un pelé, un galeux, un homme ayant osé dénoncer ce que de plus en plus de gens et même de tribunaux et d’autres journalistes de par le monde considèrent comme une odieuse imposture, à savoir le « reportage de la mise à mort » du jeune Mohamed Al Dura.

Pour « Libération », peut-être aussi pour les chefs indignés du ci-devant « syndicat » (le SM), la déontologie journalistique non-problématique, devait consister à se porter garant de Charles Enderlin et de son photographe militant de l’OLP ; elle devait consister à qualifier de vérités non contestables sous peine de devenir « problématique », les mensonges enderlinesques ; mensonges mis en lumière et en évidence lors des procès auxquels ce « reportage » aux effets meurtriers** donnera lieu ?

Pour le quotidien Libération, et pour la Présidente du mouvement politique de « masse » qualifié abusivement de syndicat, la déontologie professionnelle non-problématique eut consistée à rire ou sourire de ce dazibao, ou d’en relativiser au maximum la gravité. Elle eut consisté à refuser de voir ce qu’il contenait de menaces potentielles pour de nombreux citoyens, via l’indépendance du pouvoir des juges pouvant déboucher sur la vindicte judiciaire.

Doit-on voir les choses comme le revendique la Présidente du « SM » et ses supporters, favorisant, qu’on le veuille ou non, une autre évolution –une évolution redoutée par d’autres syndicalistes, ceux du mouvement ouvrier non inféodé à un parti politique- à savoir la montée inquiétante du pouvoir des juges, comme un volet et complément nécessaire du pouvoir des bureaux bruxellois opposé au pouvoir élu -basé sur le suffrage universel citoyen- par le système de l’union europoïde.

Alon Gilad

*Avec le SM, nous nous trouvons devant ce que le tout gauchisme estudiantin de la fin des années soixante, – gauchisme, qui colonisait et ruinait le syndicat étudiant UNEF, pour faire d’une organisation de masse un champ clos des rivalités entre étudiants staliniens de l’UEC, -plus ou moins alliés aux chrétiens de gauche des étudiants socialistes unifiés (ESU, les étudiants du PSU)-, et les variétés de « maoïsmes » et de « trotskismes »- appelait du nom poétique de « mouvement politique de masse ».

Ce gauchisme, dont le SM est un triste avatar, réunissait, conflictuellement, tous ceux qui affirmaient vouloir changer la vie –avec Rimbaud et les surréalistes- tout en tombant, à chaque occasion, en transe amoureuse devant toutes les sortes de caudillisme et de dictatures à faux-nez « socialiste » ou « anti-impérialiste ».

Ce gauchisme s’agenouillera et se prosternera, devant le stalinisme vietnamien produisant une « victoire sur l’impérialisme » jetant dans l’aventure souvent mortelle des boat people des centaines de milliers de prolétaires et de paysans Vietnamiens.

Ce gauchisme, donneur de leçon de morale, – mais pas vraiment intéressé par les effets, pour les ouvriers, pour les petites gens et pour tous les esprits libres, de ces « victoires sur l’impérialisme » qui l’enthousiasmaient jusqu’à l’orgasme intellectuel- ne se donnera pas la peine de savoir ce que les populations d’Iran, du Vietnam, du Cambodge, de Cuba, d’Algérie, d’Angola et d’ailleurs, gagneront à ces victoires sur l’impérialisme, au plan de leur vie quotidienne et de leur liberté personnelle.

Pour tous les habitants de la capitale et des villes du « Kampuchéa démocratique », la victoire sur l’impérialisme, saluée par ce gauchisme sans lequel n’existerait pas le SM, ce seront les camps de concentration forestiers de la jungle cambodgienne, des camps où pas loin de la moitié du pacifique peuple Khmère perdra la vie ; la « victoire sur l’impérialisme », ce sera être, quotidiennement, exposé aux exécutions sommaires, la « victoire sur l’impérialisme », ce sera être assassiné à grande échelle au moyen d’une harassante besogne de chaque instant et d’humiliations incessantes prétendant rééduquer un peuple qui n’était pas digne de ses nouveaux dirigeants.

** Le soi-disant meurtre d’un jeune palestinien tué dans les bras de son père, le reportage enderlinesque, constituera le réquisitoire des assassins du journaliste Juif Daniel Pearl. C’est au motif de venger le jeune Al Dura, que les al-quaidistes Pakistanais décapiteront ce journaliste, dans les conditions sadiques révélées par la vidéo tournée par les assassins, pour illustrer et authentifier leur exploit.

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