Najat Belkacem, porte-parole de Ségolène Royal, roule pour le Roi du Maroc

Publié le 5 septembre 2011 - par - 6 887 vues
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Lorsque Ségolène Royal est allée « rompre le jeûne du Ramadan » dans les quartiers nord de Marseille (cf. l’article de Christine Tasin), elle était suivie pas à pas par sa porte-parole et fidèle soutien Najat Belkacem comme on peut le voir sur cette vidéo :

Voici quelques images extraites de cette vidéo, qui montrent Najat Belkacem suivant dans l’ombre les pas de son idole :

Belle carrière politique que celle de Najat Belkacem, née au Maroc en 1977. Elle est conseillère générale PS dans le Rhône, 5ème adjointe à la mairie de Lyon où elle est chargée des « grands événements » (sic !), de la jeunesse et de la vie associative. Elle était déjà porte-parole de Ségolène Royal durant la campagne de l’élection présidentielle de 2007, et elle remet le couvert pour la primaire socialiste.

Mais ce qu’oublie de dire sa fiche Wikipedia, ainsi que la plupart des commentateurs et des socialistes, c’est que Najat Belkacem a une double carrière politique simultanée, l’une au service de la France et l’autre au service du Maroc !

En effet, depuis décembre 2007, elle fait partie des 37 membres du « Conseil de la communauté marocaine à l’étranger » directement nommés par le roi Mohamed VI :

http://infomaroc.sitego.fr/membres-du-conseil.html

Information confirmée par l’ambassade du Maroc en France :

http://www.amb-maroc.fr/accueil-actualit%E9/hommage/portrait-elyazami.htm

Ainsi que par le site de ce « Conseil » :

http://www.ccme.org.ma/fr/Le-Conseil/Biographies/Najat-Belkacem.html

Najat Belkacem assume totalement cette double allégeance politique dans une interview à un journal marocain, où elle explique que ce conseil « s’exprimera d’abord sur les sujets dont [il] sera saisie par Sa Majesté en faisant valoir un point de vue de Marocains de l’étranger, et pour ce qui me concerne de Franco-Marocaine engagée dans la vie politique française. »

Malika Sorel avait dénoncé cette ambiguïté sur son blog dès 2008 :

« Le 21 décembre 2007, le Roi du Maroc installait le Conseil de la Communauté marocaine à l’étranger (CCME). Parmi les missions qu’il assigne à ses membres, figure celle d’œuvrer à « l’essor de leur mère patrie, au renforcement de son rayonnement international ». Quoi de plus naturel pour des citoyens marocains, me direz-vous ? Bien sûr, sauf que parmi les membres de ce conseil figurent des personnalités très actives au sein de structure nationales françaises à caractère politique. Je vous laisse juges :

– Najat Belkacem, membre du cabinet du maire de Lyon et porte-parole de la candidate Ségolène Royal aux dernières élections présidentielles ;
– Abdellah Boussouf, vice-président du Conseil français du culte musulman (CFCM), nommé Secrétaire général du CCME ;
– Najat Azmy, Conseillère municipale de la ville de Roubaix, présentée par le PS à la députation pour la circonscription de Tourcoing ;
– Driss El Yazami, membre du Conseil d’administration et du Conseil d’orientation de la Cité nationale de l’histoire de l’immigration en France, nommé Président du CCME.

Trouverait-on acceptable que demain, des Français possédant aussi la nationalité américaine, en position d’influencer les plus hautes sphères du pouvoir politique de la France, puissent accepter une mission officielle de la part de George Bush pour œuvrer à l’essor de leur mère patrie, les États-Unis d’Amérique ? Ou que des concitoyens de sensibilité juive acceptent une telle mission au service de l’État d’Israël ? »

Alors, quelle est la « mère patrie » de la porte-parole de Ségolène Royal ? La République française ou le Royaume marocain ?

Roger Heurtebise

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