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Nantes, point d’orgue d’une semaine France Orange Mécanique

Darmanin, ministre de l’Intérieur, a déclaré place Beauvau « Je ne serai pas un ministre derrière la police mais devant elle. ». Pour le moment, Monsieur le ministre, nous ne vous avons aperçu que « derrière elle », les lendemains, pour constater les dégâts, poser des couronnes, déambuler les bras ballants, et promettre que « cela ne se renouvellera plus ».

Alors que pensez-vous de ce qui suit ?

Après le « ras-le-bol » récent des habitants de Pantin, aux portes de Paris, voici qu’à l’intérieur même de la capitale, les habitants du quartier des Olympiades, dans le 13e arrondissement, viennent de saisir le procureur de la République et le préfet de police car « ils n’en peuvent plus ». Depuis une quinzaine de jours c’est l’escalade de la peur : tirs de mortiers, feux d’artifice sauvages, affrontements avec les forces de l’ordre presque toutes les nuits, trafic de drogues à ciel ouvert. Le quartier est au bord de la crise de nerfs, trop c’est trop, ils disent « stop », par l’intermédiaire du président de l’association syndicale libre Olympiades, Emmanuel Compain. Il dénonce « un quartier entre les mains de bandes d’individus qui font régner leurs lois sur cet espace public. »

N’est-ce pas vous, Monsieur le ministre de l’Intérieur, qui devez faire régner les lois de la République, en France ?

À Bordeaux, ce promeneur marchait, rue Maucoudinat, dans le quartier Saint-Pierre, quand une voiture est arrivée à tout allure à sa hauteur et l’a heurté à la jambe.

C’est alors que le conducteur est sorti de son véhicule, non pas pour s’excuser, mais un couteau à la main, dont il a fait usage, blessant le malheureux piéton à deux reprises, au nez et à l’arcade sourcilière. Il a dû être secouru par les pompiers. L’enquête a été confiée aux policiers.

Désormais Bordeaux dispute à d’autres villes de notre « Douce France » le podium de l’insécurité : douze attaques au couteau recensées en quelques jours.

Dans la seule nuit du 24 au 25 juin dernier, en quelques heures, sept personnes ont été blessées par arme blanche.

Face à ces trop nombreuses agressions violentes, les Bordelais ont peur et certains décident de s’organiser.

À Cavaillon, dans le Vaucluse, autre ville qui va sans doute accéder au podium de l’insécurité, une très courageuse mère de famille s’est déplacée, ce 16 juillet, du village de Lauris jusqu’à Cavaillon, et s’est rendue vers 16 h à la cité Dr Ayme, bien connue comme point de vente de la drogue.

Munie d’un couteau de boucher, cette mère a osé menacer le chef de bande de ces voyous, qui emploie son fils pour dealer.

Elle lui a demandé qu’il cesse de l’utiliser pour son trafic.

Elle a été aussitôt frappée et dépouillée et sa voiture vandalisée.

Pour le moment, elle n’a pas été placée en garde à vue !

On en sait un peu plus sur l’un des agresseurs du malheureux chauffeur de bus qui a perdu la vie récemment à Bayonne.

Cet individu n’aurait jamais dû se trouver en France. Il squattait l’appartement de sa compagne, décédée, dans une tour du quartier Balichon.

Une procédure d’expulsion avait été lancée début décembre car « il était en situation irrégulière sur le territoire français » ; donc il s’agit d’un clandestin et, selon une des voisines de palier, quinquagénaire, « consommateur de drogues qui logeait les jeunes qui ont agressé le chauffeur de bus et il faisait peur car il était très agressif ».

Le Conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance avait été alerté, sans que cela ne les inquiète, et l’on peut constater le résultat mortel.

Après Notre-Dame de Paris, c’est aujourd’hui la cathédrale Saint-Pierre et Saint-Paul, de Nantes, qui est la proie des flammes.

Trois départs de feu et la piste criminelle envisagée, par le procureur de la République de Nantes, Pierre Sennès, qui indique « que ces trois départs de feu ont été observés à l’intérieur de la cathédrale, ce samedi matin. Le premier au niveau du grand orgue et les deux autres à la droite et la gauche de la nef. »

Les pompiers ont été alertés à 7 h 44 par des passants.

Cet édifice, bâtit au XVe siècle, était classé bâtiment historique depuis 1982. Les vitraux du XVIe siècle sont détruits ainsi que le grand orgue mais, pour l’instant, le feu est circonscrit, affirme le responsable des pompiers.

L’enquête a été confiée à la PJ de Nantes.

Le directeur départemental SDIS 44 a aussitôt tenu à préciser « que l’on n’était pas dans un même scénario que Notre-Dame de Paris ». Le seul fait d’en parler indique déjà que l’on y pense !

La maire de Nantes, Johana Rolland, s’est exprimée « C’est une journée de tristesse pour les Nantais et les Nantaises » : « C’est une journée de tristesse, et de colère, pour tout le pays ».

Bien entendu, le Premier ministre, le ministre de l’Intérieur et la ministre de la Culture se rendent sur les lieux… et ensuite ?

Manuel Gomez