NC J-22 : ultimes tentatives pour embrouiller le référendum

Publié le 11 octobre 2018 - par - 5 commentaires - 786 vues
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L’approche du référendum d’autodétermination calédonien du 4 novembre 2018 fait surgir sur la scène politique des personnages jusqu’alors quasiment inconnus.

Ainsi en est-il de Nadège Wackenthaler, épouse Faivre, une fille de Pouembout, un village de la Côte Ouest de la Grande Terre, à quelques kilomètres de Koné, la capitale de la Province Nord.

Dans une interview accordée au site Médiapart, la « Caldoche » Nadège Faivre, – c’est elle qui s’affuble de cet adjectif honnis par la plupart des Calédoniens d’origine européenne – appelle à voter « OUI » à l’indépendance. L’argumentation de ce choix est pour le moins confuse.

Gonflée à l’hélium mental d’une prise de parole sur un média national de gauche, elle annonce que le « OUI » à l’indépendance est l’unique option possible le 4 novembre. Madame Faivre est donc pour les référendums où la pile de bulletins « OUI » côtoie la pile de bulletins… « OUI ». Il est vrai que cela faciliterait les choses et éviterait à beaucoup d’indépendantistes des cauchemars et des ulcères. Mais c’est la démonstration que madame Faivre remet en cause la nécessité du référendum, comme les plus extrémistes des indépendantistes kanaks qui ont fait le choix du boycott.

La passionaria blanche du kanakisme affirme que « tout Caldoche qui se respecte est indépendantiste ». C’est sans doute la raison pour laquelle les Calédoniens votent contre l’indépendance depuis 40 ans à hauteur de 70 % ; dans ce pourcentage beaucoup de « Caldoches ». Et si l’on poursuit le raisonnement de Nadège Faivre : la majorité des Calédoniens ne se respecte pas elle-même. Là encore, elle rejoint les extrémistes kanaks qui promettent de rejeter les opposants à l’IKS (Indépendance kanake socialiste) dans les poubelles de l’Histoire.

Les « Caldoches », poursuit-elle, parlent français mais sont avant tout calédoniens. Quelle découverte ! Les Corses, les Alsaciens, les Bretons, les Antillais, les Tahitiens, les Ch’tis, les Basques, les Réunionnais… parlent français mais se sentent avant tout alsaciens, antillais, ch’tis ou réunionnais sans pour autant cracher sur la France. Madame Faivre aura-t-elle un jour l’esprit assez ouvert pour appréhender la nuance qui existe entre identité régionale et sentiment national ? C’est peu probable.

Bizarrement, elle prétend qu’elle se surprenait à parler anglais en France parce que son environnement d’origine est anglophone (comprendre que les pays entourant la Nouvelle-Calédonie sont de langue anglaise). Nadège Faivre n’aurait-elle donc pas connu les bancs de l’école de la République ? Coquetterie de midinette idéologique.

Et madame de pleurnicher autour de son ancêtre bagnard.

Mais Madame Faivre, beaucoup d’autres Calédoniens sont issus du bagne et, contrairement à vous, leur choix ne va pas en faveur de l’indépendance.

Nadège Faivre se considère comme unique victime, seule à avoir souffert d’une Histoire pourtant partagée par beaucoup d’autres. Au lieu de trouver dans ce parcours motif à dépassement, elle préfère s’enfermer dans le projet d’une dictature océanienne.

« Regardez-moi ! semble-t-elle dire. Je suis celle contre laquelle la colonisation, le bagne, le monde rural calédonien et la présence américaine en Calédonie de 42 à 45 se sont ligués pour m’isoler, m’exploiter, me marginaliser. Me détruire. Je me venge donc d’un sentiment personnel et maladif d’injustice en réclamant l’indépendance et le sous-développement pour tous. »

On frémit à l’idée que de telles motivations aient pu la conduire à devenir, selon elle, l’assistante de Jean-Marie Tjibaou assassiné en 1988 par un autre indépendantiste.

On comprend aisément pourquoi l’interview a disparu du site Médiapart.

Un autre personnage transpire sur la scène politique : Patrick Louis, le référent La République en Marche de Nouvelle-Calédonie.

Né à Djibouti en 1969, il dit être arrivé en Nouvelle-Calédonie en 1992, pour y effectuer son service militaire.

Comme son patron, Macron, considérant certainement que la colonisation est un crime contre l’humanité, il refuse d’impliquer LREM dans le référendum.

Il se voit – comme un certain nombre de politiciens calédoniens – dans l’après-référendum. Refusant de prendre parti, il pérore sur une réflexion sur l’amélioration de la vie post-référendaire des Calédoniens. Un chapelet de lieux communs (la relance économique, les problèmes écologiques, la diminution des inégalités sociales, la formation, l’apprentissage, la sécurité) sont évoqués  pour étayer un projet de société dans un avenir commun. Sauf que monsieur Louis refuse de penser que son projet de société LREM fera pschitt si la Kanaky voit le jour le soir 4 novembre.

Peut-être est-il, à l’image de la pensée de  son gourou élyséen, « en même temps » pour et contre l’indépendance ?

Patrick Louis aimerait que les Calédoniens, à contre-courant de leurs compatriotes métropolitains, montent sur le Titanic macronien au moment où il sombre.

« T’as qu’à croire ! » peut-on espérer qu’ils lui répondront, dès le 5 novembre au matin.

Lucette Jeanpierre

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Notifiez de
J-J Tatie

NON à l’indépendance du Caillou ! Bien que certains Quanaques soient vraiment très, très c.ns (expérience vécue, mauvaise…) je n’arrive pas à croire qu' »ils » se sépareront aussi simplement du RSA et de tous le avantages sociaux octroyés par la métropole… Y fait beau, y fait chaud et surtout pas de boulot !!! Vive la coutume…

Jill

Oui à l’indépendance, autrement dit au divorce à
l’amiable ;mais attention, sans prestations compensatoires.

Aux Armes Citoyens

Les abstentions ont toujours tort.

Aux Armes Citoyens

Perso, j’aurais inversé les plateaux de la balance, non ?

zen

Belle galerie de débiles profonds.