NC J-24 : le projet éducatif des Kanaks contre la langue française

Publié le 8 octobre 2018 - par - 3 commentaires - 1 044 vues
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Récemment, dans une interview, Gilbert Tyuienon, maire de Canala et premier vice-président de l’Union calédonienne en charge des ateliers économiques, a prétendu que la Calédonie ne coûtait presque rien à la France. En lisant entre les lignes, on apprenait même que c’était la France qui devait des centaines de milliards (en francs CFP) à la future Kanaky. Grotesque inversion de la réalité.

Tyuienon faisait ensuite le catalogue des domaines où la Kanaky pourrait faire des économies.

Pas très constant dans son propos, le patron des ateliers économiques du FLNKS : soit la Nouvelle-Calédonie ne coûte rien à la France, alors pourquoi chercher des domaines dans lesquels il faudra faire des économies ? Soit le territoire coûte à la France – coût certes négligeable par rapport à la gabegie métropolitaine – et il faut trouver des combines moins « budgétivores » pour reprendre un terme de Gilbert Tyuienon.

« Nous savons que la France finance directement le fonctionnement des compétences régaliennes et l’enseignement secondaire aujourd’hui à hauteur de 90 milliards. […] Ces coûts peuvent être revus dans le cadre d’une nouvelle organisation et, dans nos prévisions, nous pourrions être en mesure d’y faire face d’ici trois à quatre ans, en s’y préparant durant la période de transition vers la souveraineté…», explique benoîtement le maire d’une commune où, c’est le moins que l’on puisse dire, l’ordre ne règne pas.

Réduction des coûts : qu’y a-t-il derrière ces mots ?

Le retour des EPK (écoles populaires kanakes) qui ruinèrent l’avenir de milliers d’enfants mélanésiens entre 1984-1989 ? Ces EPK montrent encore leur nocivité : ce sont les enfants et les petits-enfants des anciens élèves de ce « populisme » kanak qui posent problème aujourd’hui.

Depuis les années 80, l’enseignement tient une place importante dans la réorientation kanakiste.

Sous couvert de transfert de compétences, la réforme Belkacem a été gravée dans le marbre de la loi calédonienne en 2016 pour éviter que des projets comme celui de Jean-Michel Blanquer ne viennent un jour perturber le système éducatif local, fortement orienté vers l’indépendantisme.

Comme en métropole, au motif de l’apprentissage dans la langue maternelle sur le territoire néo-calédonien, l’enseignement se fait au détriment du français, langue véhiculaire par excellence.

Dans des textes lardés de phrases vides, assemblage de mots convenus, copié/collé du jargon du ministère de l’Éducation nationale, est annoncée la diminution de l’impact du français. La visée idéologique est évidente : enfermer les Mélanésiens – et l’ensemble des habitants qui demeureront en Kanaky – dans une des 28 langues autochtones.

En privilégiant une littérature parfois qualifiée d’orale, dans un oxymore que peu relèvent (contes et fables kanaks), en qualifiant l’utilisation obligatoire des langues mélanésiennes de « facteur de cohésion sociale et de réussite scolaire », un choix idéologique, politique, raciste a été effectué.

En encensant « l’usage efficace d’une langue autre que le français », il s’agit de reléguer le français en langue subalterne, de le rendre encore moins maîtrisé par les élèves, de privilégier une aire linguistique restreinte, de confiner la pensée dans un localisme qui permettra toutes les dérives sectaires du kanakisme.

On note aussi, en lisant le projet, la part dérisoire laissée à l’enseignement et à la promotion des TICE (technologie de l’information et de la communication), la grande négligence autour de l’enseignement de l’anglais et l’absence de volonté d’élargir le champ des LV2 au collège.

C’est la logique de l’enfermement dans un pays qui prétend vouloir se construire en résonance avec le monde.

Voter NON à l’indépendance kanake socialiste, c’est avoir la volonté de demeurer français dans la langue tout en souhaitant une communauté de destin entre Calédoniens de toutes origines.

Lucette Jeanpierre

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3 réponses à “NC J-24 : le projet éducatif des Kanaks contre la langue française”

  1. Rodriguez dit :

    Bien vu et très bon article.
    A l’époque des EPK les responsables politiques ( mis à part quelques responsables peu importants) envoyaient leurs enfants dans les écoles, collèges ou lycées d’enseignement normal français. Si on peut appeler « enseignement normal français » celui imposé par les multiples réformes ou « déformes » qui ont provoqué la chute du niveau général de l’enseignement en France et en Nouvelle-Calédonie.

  2. fu-k-u dit :

    On brule d’impatience de voir enseigner le théorème de Pythagore en langue tribale !

  3. Jill dit :

    Que les Kanaks se débarrassent de la France, et
    la France des Kanaks… un divorce à l’amiable, sans prestations compensatoires, çà va de soit.