NC Référendum J-23 : Kanaky, vers une dictature ethnique?

Publié le 9 octobre 2018 - par - 25 commentaires - 1 188 vues
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Dans un document paru en octobre 2017, l’Union calédonienne, principale composante du Front de libération kanak socialiste (FLNKS), les Calédoniens ont découvert ce que serait la Kanaky si le OUI l’emportait lors du référendum du 4 novembre 2018 – consultation qui, rappelons-le, est l’aboutissement d’un viol démocratique (30 000 citoyens privés du droit de vote).

La lecture de ce document, véritable retour vers le passé des dictatures idéologiques, politiques et économiques issues des décolonisations des années 60, est une nouvelle preuve de l’enfermement promis aux Calédoniens par les indépendantistes.

Depuis, le FLNKS a sorti une brochure d’une quinzaine de pages qui édulcore le projet initial, un texte sans relief, passe-partout, d’un flou délibéré.

Une lecture idéologique de l’Histoire

Dans le premier comme dans le second document, on retrouve un ethnocentrisme appuyé sur le constat d’une colonisation passée et dépassée depuis près de 60 ans.

« C’est le sens de l’Histoire du pays des trois dernières décennies, depuis les événements politiques de 1984-1988, […]. Les enfants du pays ont beaucoup œuvré durant cette période pour sortir des séquelles de la colonisation et construire ensemble le pays, en responsabilité. Pour le FLNKS, le temps est venu d’ouvrir une nouvelle ère d’émancipation complète de la puissance de tutelle comme socle de progrès et de perspectives politiques nouvelles. »

« Sens de l’Histoire », « enfants du pays » (remplaçant avantageusement « peuple kanak », trop marqué), « ère nouvelle d’émancipation », mais qui, dans tous les esprits indépendantistes, cachent mal un ethnocentrisme qui interprète l’histoire des trois dernières décennies calédoniennes comme l’histoire des seuls indépendantistes. Elle ne peut être, dans l’esprit des partisans de la Kanaky, que synonyme d’indépendance et d’accès à la pleine souveraineté. Les propos de Daniel Goa le week-end dernier en sont l’illustration.

 

https://ripostelaique.com/nc-j-26-les-independantistes-kanaks-menacent-de-violer-la-democratie.html

 

Cette lecture marxiste qui prévalait dans la première moitié du XXe siècle a trouvé son aboutissement dans les décolonisations d’après la Seconde Guerre mondiale. L’Histoire nous montre que cette approche est un fiasco total, précipitant les populations dans la misère, l’ignorance et la dictature.

En cas de victoire de la Kanaky, la population non kanake (60 % des habitants) sera au mieux une population de second ordre appelée à faire fonctionner la société sans avoir son mot à dire, au pire destinée aux poubelles de l’Histoire, comme l’a rappelé un leader indépendantiste .

L’affirmation d’une victimisation unilatérale

En Nouvelle-Calédonie, personne ne nie plus depuis longtemps que la colonisation a été un choc pour les populations qui l’ont subie. Mais l’accord de Nouméa (1998), signé par les indépendantistes, a fait la part équitable entre les « ombres et les lumières de la colonisation ». On est loin de l’affirmation grotesque et dangereuse de Macron pour qui la colonisation reste un « crime contre l’humanité ». Pensée immature. Nulle part le droit international ne prend cette affirmation en compte.

Les Mélanésiens de Nouvelle-Calédonie n’ont pas été les seuls à être blessés par l’histoire coloniale de leur pays :

— Les « bagnards » et leurs descendants en savent quelque chose, avec les mauvais traitements, l’obligation de résidence dans un pays qu’ils ne connaissaient pas ;

— Les Vietnamiens (Chan Dang) importés d’Indochine comme de la marchandise et voués en Calédonie à accomplir les tâches les plus ingrates dans les mines ;

— Les colons libres, victimes d’une IIIRépublique qui, par une propagande mensongère leur promettant une fortune rapide, les propulsa à l’autre bout du monde. En réalité, elle voulait faire oublier dans la colonisation la défaite humiliante de 1871.

Dans la Constitution de la Kanaky, la terre est au cœur de la formation du pays.

« Source de conflits et de confrontations depuis sa prise de possession, la terre est promue par le FLNKS au rang des fondamentaux de la nouvelle nation, comme élément fédérateur et vivifiant du vivre-ensemble.

La Nation garantit l’existence de trois types de foncier : les terres du domaine public ; les terres du domaine privé ; les terres coutumières.

Un accès privilégié et prioritaire au foncier sera réservé aux ressortissants du nouvel État. »

Manière détournée de faire des Kanaks les seuls possesseurs de la terre, car les « ressortissants du nouvel État » seront issus, dans leur immense majorité, d’une seule ethnie : les Kanaks.

La séparation persistante entre « Kanaks » et « non-Kanaks »

« Le socialisme […] continue d’orienter les travaux et l’action politique menés au nom du FLNKS. De nombreuses réalisations politiques, économiques et sociales traduisent dans les faits cette orientation idéologique du mouvement indépendantiste.

Le socialisme a inspiré dans les années 1980 la volonté de convaincre tous les citoyens et l’État français d’engager le pays dans un processus d’émancipation et de décolonisation, puis de porter avec le peuple autochtone, peuple colonisé, le projet d’accession à l’indépendance pour tous, au nom du « droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ».

Le socialisme se retrouve aujourd’hui dans les politiques publiques menées au nom du mouvement indépendantiste […].

Ce « socialisme en action », ancré dans le réel, constitue la vision de la société que le FLNKS se propose de promouvoir et de valoriser dans l’État indépendant. »

L’association de socialisme et de peuple kanak est évidemment destinée à conserver aux indépendantistes la priorité des actes et des décisions dans le nouvel État.

En ne faisant référence qu’au seul FLNKS, les rédacteurs annoncent l’enracinement idéologique de la nouvelle nation : légende du combat pour l’indépendance, à l’instar de l’Algérie où le FLN a construit la République algérienne sur le combat de ses fellaghas et continue à en vivre avec les résultats que l’on connaît.

Il faut que les Calédoniens – du moins une partie d’entre eux  (« Que le pays s’appelle Calédonie ou Kanaky, j’en ai rien à foutre », ai-je entendu de la part d’un jeune garçon d’origine européenne) – cessent d’être naïfs : jamais, en Kanaky, il ne seront traités sur un pied d’égalité avec les Kanaks.

Une organisation institutionnelle verrouillant définitivement le pouvoir kanak

 

Les assemblées de provinces, les mairies et le Sénat coutumier éliront les députés. Et ceux-ci éliront le président de la République. Avec une majorité trafiquée depuis la création des provinces, avec des mairies majoritairement aux mains des indépendantistes, avec un Sénat coutumier entièrement kanak, le président de la Kanaky sera toujours issu de la même ethnie.

L’organisation politique de l’hypothétique futur État verrouillera ainsi totalement et définitivement l’instauration d’une dictature ethnique.

La Kanaky dans toute sa splendeur !

À J-22 du référendum, les Calédoniens doivent se convaincre définitivement de voter NON à l’indépendance kanak socialiste s’ils ne veulent pas se retrouver exilés dans leur propre pays.

Lucette Jeanpierre

 

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25 réponses à “NC Référendum J-23 : Kanaky, vers une dictature ethnique?”

  1. crap2sp dit :

    Les blancs vont souffrir !! chose promise en metropole par une indigene,pour la NC il en sera de meme,ne compter pas sur l’aide de ce gouvernement.il y aura sans aucun doute de nombreux morts,les kanak s’en foutent ils ont le soutien de la collabosphere,ne vous laisser pas faire,

  2. lafronde dit :

    En cas d’Indépendance, les caldoches doivent se garantir un Etat identitaire à eux ! Une partition de l’Ile ! S’ils n’ont pas ces garanties, ils doivent attaquer la légalité de cette consultation devant le Conseil d’Etat pour discrimination électorale.

  3. Mickdan dit :

    Si l’indépendance l’emporte je souhaite bien du courage aux blancs calédoniens,quand j’étais militaire il y avais deux sections de kanaks,de sacrés connards incontrôlable et méchant comme la gale !!

  4. pandre dit :

    Ca promet d’etre chaud. Si les independantistes l’emportent, c’est le debut de la guerre civile dans ce territoire.

  5. Allobroge dit :

    Si le non à l’indépendance l’emporte, ils referont le coup de l’Algérie ! Ils donneront l’indépendance quand même !

    • Témoin oculaire dit :

      Bien vu !! Cela a été le cas de l’Algérie où il y avait deux piles de bulletins de vote, la pile du OUI et la pile du OUI !!!!!

  6. Yohann le debattant dit :

    Au même moment, Oscar Temaru leader du parti indépendantiste « Tavini » polynésien veut poursuivre la France pour « crime contre l’humanite«  pour les essais nucléaires en Polynesie:. Simple coïncidence?

    • Allobroge dit :

      Et dire que les essais nucléaires français ont permis la paix et à TEMARU de s’enrichir !

      • vérité dit :

        TEMARU n’a jamais protesté pendant la période des essais, trop occupé à s’enrichir..
        Il a d’ailleurs la double nationalité néo zélandaise pour pouvoir se sauver plus facilement en cas d’indépendance.

  7. Anton dit :

    Cassons-nous de là ! Idem Antilles, « Réunion » et surtout Mayotte: ces confettis ne savent vivre que sur notre dos !

  8. Jill dit :

    Je suis pour le divorce d’avec la Kanakie ;divorce
    sans prestations compensatoires.

    • Allobroge dit :

      Il n’est bien évidemment pas question que la France ne paie rien, elle paiera et au centuple ce qui fera les choux gras des dirigeants corrompus, après….ils viendront vivre en France comme les algériens !

  9. Joël dit :

    « se convaincre définitivement de voter NON à l’indépendance »
    Absolument aucune conséquence s’ils votent OUI. La France continuera, comme pour toute l’Afrique, à les « indemniser » au nom de la réparation et de la repentance.

  10. Monique F. Stutz dit :

    Personnellement la nouvelle Calédonie doit être libérée de son attachement à la France…pourquoi Macron en Algérie pleure sur elle et se déplacerai pour une grandeur selon lui du territoire Français ( …) en voulant l’y maintenir ?

  11. Gyl dit :

    Quand on veut virer les noirs et les arabes de France, par soucis de cohérence, ça serait bien de se barrer d’une terre où on a strictement rien à faire et ce, à plus de 10000 kms..

    • Michel dit :

      Bon ben on n’a qu’à dire qu’on va tout quitter… t’iras en vacances ailleurs qu’à Tahiti, Guadeloupe, Martinique, Réunion et autres… On parle de la Corse ou pas ? Parce que visiblement t’as une opinion sur des tas de choses que tu ne connais pas, c’est intéressant. (Moi je vis à Nouméa et je ne vois pas pourquoi je devrais « me barrer »).

      • Jill dit :

        Si les habitants le souhaitaient, il faudrait partir… Mais les Dom-Tom sont moins cons que les Algériens ;ils savent ce que deviendrait
        leur pays sans la France, et surtout les milliards qui sont déverses chaque année sur ces territoires lointains. C’est pourquoi, si les
        Kanaks veulent être indépendants, qu’on ne les
        retienne surtout pas.

      • ven85 dit :

        michel si la kanaky gagnait,il se passerai la meme chose qu’en algerie et en afrique du sud,plus de blanc,plus rien a bouffer,ils rejoindraient l’afrique,des faineants,bon a rien

        • Michel dit :

          mais en attendant il y aurait plus de 100.000 « blancs » à rapatrier. Tout comme pour l’Algérie, il y a le côté économique et il y a le côté humain.

      • EORGHIL dit :

        Sauf que les non kanaks sont 60% de la population, rigolo…

  12. bichlama dit :

    Un futur enviable bichcalqué sur la Rhodésie (ZIMBABWE)

    • Dobermann dit :

      Exact, ni plus, ni moins !!! Pour l’anecdote, le patron du FLNKS, LKU ou Louis Katra Üregeï est surnomé Robert MUGABE lokal !!!……