Ne me souhaitez plus jamais mon anniversaire

Publié le 28 novembre 2020 - par - 15 commentaires - 1 306 vues

Le 27 novembre, c’était hier… Pour la plupart des gens, cette date ne signifie rien, avec raison – car quoi de plus banal qu’un 27 novembre ?…

Pour moi, c’est un peu différent.

D’abord, c’est la date où ma mère m’a mis au monde. J’ai certes passé l’âge, depuis bien longtemps, de célébrer un événement qui n’a pas plus d’importance que celle de me rappeler (en me narguant), chaque année, que je… vieillis, comme tout un chacun. Mais… c’est aussi la date où la nation avait décidé de rendre hommage aux victimes des islamistes des attentats de Paris…

Fêter son anniversaire dans ces conditions-là… J’aurais aimé, vous pouvez le croire, que cela se passe autrement ! Je me remémore ces instants glauques…

Initialement, je ne voulais pas m’y rendre, car quoi de plus tragique qu’un “hommage”, si présidé par le pitre coresponsable de ces attentats, faisant semblant d’être affecté par ce qui venait d’arriver à la France et aux Français, alors que lui et ses prédécesseurs, ainsi que les membres de tous les gouvernements de collabos s’étant succédé depuis le traité de Barcelone, avaient TOUT fait pour que cela arrive – consciemment ou pas, cela reste à démontrer, mais, pour ma part, mon idée est faite.

Mon fils, très touché par la disparition de sa sœur, voulait assister à ce si triste événement. Son chagrin était tel que je me suis fait violence, et l’ai donc accompagné – en de telles circonstances, mon rôle de père m’obligeait à être à ses côtés !

Dès notre arrivée, nous avons été parqués, dans le froid et sous le crachin, en attendant qu’ils daignent nous laisser entrer. Puis petit à petit, la longue colonne des victimes se mit à avancer vers l’intérieur des Invalides.

Là, remarquant dans cette foule silencieuse des hommes en djellaba et des femmes voilées, j’alerte des gardes en civil, outré qu’en plus de ce que nous étions obligés de vivre, on nous impose un tel spectacle, comme pour nous provoquer (n’habitions-nous plus en France, désormais – et le port du voile n’était-il pas interdit ?…).

Me révoltant avec éclat (faisant donc “scandale”…), c’est moi, Français de souche qui venait de perdre sa fille tuée par des mahométans, que l’on prévenait que, sauf à cesser, j’allais être expulsé – le monde à l’envers ! En France, soit tu fermes ta gueule, soit tu es viré… si tu n’es pas musulman, bien sûr !

Puis on nous achemina vers les tribunes, toujours sous une sorte de crachin et dans le vent glacial, et là, on a dû attendre que François « le roi des clowns » consente à paraître,  pour lire un discours insipide. Dont on se foutait complètement, et dont je ne me souviens même plus de la teneur.

La seule chose m’ayant redonné un peu espoir, c’est le courage de ce monsieur qui a assisté au discours du clown en lui tournant le dos. Je ne sais pas de qui il s’agissait, mais un grand “Merci !”,  à cet homme.

Je pense, Monsieur, que si nous nous étions connus avant, je ne vous aurais jamais laissé tourner seul le dos à ce collabo – nous aurions été deux. Aujourd’hui encore, je regrette de ne pas avoir tourné le dos à cet odieux personnage !…

Comme son discours s’arrêtait, je pensais qu’il allait au moins venir saluer les victimes. Ce qui aurait été, à mon sens, la moindre des choses ! Mais, détrompez-vous ! En plus d’être un vrai C.N et un SALOPARD, ce TRISTE SIRE n’a aucun savoir-vivre, ni même d’éducation – et nous sommes repartis comme nous étions arrivés.

Soulagé pour ma part d’en avoir fini avec cette corvée complètement inutile. Tout aussi inutile que la breloque remise par Juliette Méhadel, “secrétaire d’État aux victimes du terrorisme” (tout un programme, non ?…  Il y a toujours, et même chaque jour, des victimes du terrorisme… mais on a supprimé ce poste ministériel ;  allez hop, circulez,  y a rien à voir – comme le disait le regretté Coluche) à laquelle chaque victime a eu droit. Je me suis bien gardé, personnellement, de la réclamer !

Pour moi, le calvaire de cette triste journée d’anniversaire n’était cependant pas encore fini. En effet, j’étais convoqué au 36 Quai des Orfèvres, haut lieu de la police parisienne, afin qu’on me remette les effets personnels de Nathalie, trouvés sur les lieux de sa mort.

Le « 36 », c’était pour moi le temple de la police criminelle française. Que non : des locaux vétustes, voire poussiéreux. Et là encore, on vous fait poireauter (1 h 30), avant de vous faire gagner les étages par un vieil escalier en bois. Arrivé à destination, re-attente ! Un fonctionnaire passant par là, je lui fais remarquer que cela fait déjà 2 h 45 que je patiente. Il me prend en pitié, et me dit : « Normalement, ce n’est pas à moi de rédiger votre déposition, mais laissez-moi un quart d’heure, et je vais vous prendre dans mon bureau ». En fait, le “quart d’heure” se prolonge, pour atteindre les 45 min. Mais vous n’osez même pas le lui faire remarquer quand il vous prend (enfin !) en charge. Il vous a fait une faveur ! La déposition est rapidement tapée, sur un ordinateur datant des premiers « Commodore 64 », mais bon, c’est fait, et vous croyez pouvoir être libéré… Pas du tout : il faut désormais que le fonctionnaire zélé appose la « Marianne » sur votre document pour qu’il ait une valeur. Et là, c’est un vrai sketch, car il lui faut faire tous les bureaux (et ils sont nombreux) avant de mettre la main sur la fameuse « Marianne ».

On vous libère à 22 h 30, alors que la convocation était à 17 h 30. Et vous devez maintenant vous taper 250 km pour rentrer chez vous, car le lendemain c’est encore une épreuve qui vous attend, et quelle épreuve… Vous devez enterrer votre fille.

Alors vous savez, moi, les anniversaires, ce n’est plus la peine de me les souhaiter – d’autant que désormais, il y en a bien plus derrière que devant, évidemment – et c’est très bien comme cela…

Patrick Jardin

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Notifiez de
Marnie

La France est devenue un pays sans cœur, sans raison et presque sans âme. Au sein de nos institutions nous avons des professionnels de la politique dont les buts glauques sont honteux. Les entendre dire que nous devons vivre avec les attentats paraît irréel. C’est comme lorsqu’on nous dit que “nous sommes en guerre” alors que c’est nous qui subissons une vraie guerre et que nous gouvernants accueillent et même font venir dans notre pays ceux qui assassinent. C’est indigne de nous obliger à supporter, à endurer une telle infamie. Indignons-nous.

POLYEUCTE

Vivez avec l’Avenir ! Et engagez-vous !
Multiple redite…

adagiocrescendo

Monsieur JARDIN orphelin depuis l’âge de 5 ans je sais ce que veut dire perdre sa chair. J’ai passé 13 années en institutions religieuses et d’état , j’ai vite compris que je n’étais qu’un poids et une charge pour la société . J’ai aussi vu le monde dans lequel j’allais devoir vivre plus tard. Malhabilement j’essaie de vous dire que moi aussi je n’aime pas fêter mon anniversaire .J’ai été très sensible à votre témoignage ceux qui n’ont pas souffert ne peuvent comprendre la souffrance.

Laure

De tout cœur avec vous.

ISA

Bon anniversaire, quand même, M. Jardin ! Cela me donne l’occasion de vous témoigner ma sympathie et mon admiration pour votre combat contre l’injustice institutionnalisée en pouvoir. Vos valeurs sont les garantes de votre résistance à l’oppression. N’oubliez pas que vous n’êtes pas seul, et permettez-nous de vous apporter quelque consolation ! Merci !

patphil

patrick tes constatations me redonne du moral, je ne suis pas le seul à voir combien on se fait agresser quotidiennement par la vue, par les reportages télé, par les pubs, tout ce qui peut nous choquer, ils en remettent des couches!
mais savoir que nous ne sommes pas seuls, est une thérapie

FCC Cercle Légitimiste de France

Les anniversaires, heureux ou malheureux, sont des commémorations… pour les vivants… pour les morts… afin de renforcer la chaîne des générations… si le corps de votre fille s’ est retiré, son âme brille par vous pour nous tous… ne la laissez pas s’ éteindre…. faites-la toujours briller… faites qu’ elle vive toujours!

jardin

Merci comptez sur moi JAMAIS je ne pourrais l’oublier

Mossad

Chaque fois que je vous lis, je sens la rage monter en moi, surtout quand je vois tous ces collabos donneurs de leçons qui font tout un plat parce que la police a emplâtré une “chance pour la France”.

Gyl

La “chance pour la France” à laquelle tu fais allusion est un Antillais….
Depuis quand, les Antillais ne sont-ils plus ”français”…?

patphil

certes mais ils sont de plus en plus antifrançais
même les guyanais commencent à être antiblancs alors qu’ils ne l’étaient pas il y a dix ans

andrée

Heu ! c’est pas vraiment un gaulois ce martiniquais ! français de papier …

jardin

Pourtant, c’est le récit exact de ce que j’ai enduré !

Anonyme

Hollande n’a même pas salué les proches des victimes. Fidèle à sa personnalité abjecte.
Et vous vivez la triste réalité, bien différente de celle claironnée dans tous les médias, du fonctionnement si efficace et plein de sollicitude de l’administration “républicaine”.
Un logement pour la nuit a-t-il été proposé aux proches. Je pose la question pour la forme.
Un homme a tourné le dos pendant toute la cérémonie. Un geste glorieux qui redonne espoir en l’humain.

liliane

personnellement j’ai tourné plusieurs fois le dos à ce genre de collabo:
mon ancien maire et j’en suis fière malgré que ce n’étais pas le président

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