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Ne pas se fier à Pécresse, une girouette qui dit tout et son contraire

Pécresse aux musulmans, à l’iftar 2015 : vous reconnaîtrez que nous avons fait du bon travail pour vous !

Valérie Pécresse, en se présentant à l’investiture des Républicains, a déclaré quelque chose comme : « je sais ce que je veux et je le fais. » Fort bien. Mais sait-elle seulement ce qu’elle veut ? On peut en douter vu ses prises de positions aussi diverses que variées et ses mouvements de girouette. C’est une reine du « en même temps. »

« Souvent femme varie, bien fou qui s’y fie » : Valérie Pécresse illustre très bien ce dicton. Car elle passe sans arrêt d’une idée à son opposé.

Ainsi elle a quitté les Républicains le 5 juin 2019, sur fond de mésentente avec Wauquiez, pour y revenir en octobre 2021.

En septembre, elle est allée se montrer à la fête de l’Humanité. On se demande où est le fil conducteur. Comme les autres, elle tire sur une pseudo-extrême droite, mais ne voit pas d’inconvénient à l’héritage des cent millions de morts.

Il est vrai qu’il lui faut se démarquer de son milieu versaillais absolument nauséabond. Elle a donc commencé très fort en 2010 en signant avec Christiane Taubira, à l’initiative de gens comme Rockaya Diallo et la participation de Rama Yade,  « l’Appel pour une république multiculturelle et postraciale. » Alliance pour le moins surprenante avec des « décolonisateurs » racisés sur fond de novlangue.

Sur la famille : par exemple en 2013, à la Manif pour tous, elle affirmait que « la famille en France, c’est une valeur ». Mais interrogée par Elle sur sa participation à cette manif, elle avait haussé les épaules et réduit sa présence à une corvée.

D’un côté, elle a affirmé qu’elle était « pour les droits de l’enfant » et de l’autre, un peu plus tard, qu’elle était pour l’avortement, la PMA, la GPA, enfin tout. Sait-elle ce qu’elle veut ?

Elle avait parlé de « démarier » les homos, puis avait changé d’avis… uniquement devant le tollé des uns et des autres.

En 2018, elle s’était « refait une virginité » gay friendly en saluant un film sur Act Up, subventionné par le conseil régional qu’elle présidait !

Bien chanceux celui ou celle qui saura après cela démêler ses intentions réelles. En fait, elle n’en a pas et soigne surtout sa popularité.

Elle a promis de ne jamais subventionner la théorie du genre, mais sa région finance le CRIPS… qui lutte pour la théorie du genre !

Sur l’islam: en ce qui concerne le voile à l’école, elle s’y est opposée en 2004. Mais en 2013, ministre de l’Enseignement supérieur, elle s’est déclarée hostile à l’interdiction du voile à l’Université. Où est la logique ?

En 2014, elle s’est opposée à Nadine Morano et dite pour la liberté de mettre un burkini à la plage. Mais en 2018, elle interdit le burkini sur les îles de loisir dans la région IDF.

Dans ses discours, elle pointe la liberté de s’habiller comme on veut, si on respecte les lois de la République, et « en même temps » elle dit que le voile institue la soumission de la femme à l’homme. Donc il n’est pas républicain et devrait être interdit, mais elle ne voit pas la contradiction.

Mais « en même temps » en 2019, elle est pour le port du voile des mamans accompagnatrices.

C’est donc le flou artistique le plus total, très pratique. Elle ménage tout le monde. Cependant, elle prend soin d’aller à la rupture du jeûne chaque année. On se sait jamais, ça pourrait rassurer des électeurs…

En 2017, après s’être opposée aux prières de rues, elle prône un concordat avec l’islam. Tout en recommandant une « laïcité plus ferme ». Elle oublie juste que le concordat a été établi avant 1905, avant la mise en avant de la laïcité.

Toujours en 2019, elle affirme avec aplomb : « l’islam est une religion française. Tous ceux qui diraient le contraire se trompent. » Et pourtant, comment ne pas voir que c’est, justement, le contraire ?

Pour le reste, les seules idées non fluctuantes qu’elle a sont désastreuses. Sur les énergies, elle est à fond pour l’éolien, cette arnaque sans fonds, destructrice de notre patrimoine paysager, quasi mafieuse, difficilement recyclable, et polluante. Et elle crie avec le reste du troupeau qu’il faut sortir du nucléaire. Sortir du nucléaire, cette excellence française, risque de nous coûter très cher sur tous les plans mais comment faire entendre raison aux gens quand ils sont pris dans une idéologie ?

Curieusement à l’époque où Valérie Pécresse était ministre du Budget, son mari Jérôme Pécresse qui est dans l’éolien marin a vu tous les feux rouges passer au vert. Il y a des coïncidences qui interrogent. Mais chuuut.

Ses idées économiques sont nébuleuses, comme le reste.

Sur le vaccin, elle a déclaré, menaçante : « il faut respecter la liberté, mais la liberté des uns s’arrête là où commence la liberté des autres. » Elle parle de la liberté des vaccinés, bien sûr. Mais la liberté des non vaccinés, ça ne semble pas lui venir à l’esprit. De toutes manières, elle est pour la vaccination obligatoire.

Nous seront donc tous invités à l’abattoir de la piquouse si elle est élue.

Elle veut battre Emmanuel Macron dit-elle, mais en réalité elle est proche de Macron sur le plan des idées, et avec son côté « moi je ». C’est bonnet blanc et blanc bonnet. C’est la plus « Macron-compatible » des candidats de droite estime Marine Le Pen, à juste titre.

D’ailleurs en 2017, elle a invité à voter Macron « pour faire barrage au FN ». et « par intérêt supérieur du pays », ce qui nous laisse sans voix. Outre le côté antidémocratique de cet appel, on peut voir en effet qu’elle est un clone de Macron.

Son élection à la présidence de la République serait un événement détestable. Nous aurions tout à en craindre. Elle ne ferait rien, comme son mentor Chirac dont elle se réclame sans arrêt.

Qu’espérer enfin d’une femme qui dit que sa France n’a rien à voir avec celle de Zemmour ? Elle ne voit rien ? Ni invasion, ni ruine programmée de notre civilisation, ni ce qu’est devenue la France ni ce qu’elle était  ? Zemmour ne parle que de faits. Peut-elle nier les faits ?

Qu’espérer d’une femme qui a peur du Covid au point d’annuler son premier meeting ? Zemmour, lui, a maintenu le sien. Un triomphe.

Malgré tout son élection à la primaire des Républicains est intéressante mais certainement pas comme elle le croit : on rêve de voir les voix de Ciotti se reporter sur Éric Zemmour car leurs idées sont proches. Ce qui n’était pas possible si Ciotti avait été élu à la primaire.

Oui, on peut rêver, cette élection primaire peut servir Zemmour et son élection à la Présidence. Déjà de nombreux Républicains se sentent floués et trahis par le résultat qui ne convient pas à leur combat. Ils parlent de hold up orchestré par Gérard Larcher et Christian Jacob. Et s’ils choisissaient Zemmour ?

Une girouette comme Pécresse, aussi légère et superficielle, mais cependant dangereuse,  doit s’arrêter de nuire si elle rencontre une volonté et de la fermeté.

Sophie Durand