Ne pas tolérer l’intolérable et protéger l’individu, y compris dans la « sphère » privée

Publié le 14 décembre 2009 - par
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J’ai été frappé par cette citation de Claude Levi-Strauss (1) :
« Les cultures, pour survivre, doivent conserver une certaine imperméabilité les unes aux autres. » C’est un pavé dans la mare du multiculturalisme.

Bien que, comme Pena-Ruiz, je réfute l’utilisation du mot culture quand on l’applique à de simples traditions, voire superstitions, surtout si elles s’accompagnent de pratiques portant atteinte à l’intégrité morale, psychique, voire physique, des individus soumis à la communauté. On oublie souvent ce volet fondamental de la laïcité : ne pas tolérer l’intolérable et protéger l’individu, y compris dans la « sphère » privée.

Certes, quand il s’agit de folklore, que ce soit la langue, la musique, le chant ou la cuisine, rien n’empêche une ethnie de se retrouver occasionnellement autour de ses souvenirs communs, un peu comme les auvergnats ou les bretons de Paris. Pratique courante qui ne compromet pas, sauf à être trop visible et indiscrète, le nécessaire processus d’intégration à la communauté nationale, la seule qui mérite ce nom.

Tout autre chose est le voile islamique avec des dérives extrêmes comme la burka, qu’il faut comprendre comme une réaction de défense de la communauté dite musulmane envers les populations occidentales auxquelles elles devraient s’intégrer: c’est d’abord une barrière contre les couples mixtes (musulmane/non musulman.)

N’oublions jamais que l’Islam (et le coran est très explicite là-dessus) accepte à la rigueur qu’une femme « des autres religions du livre » puisse être épousée par un musulman : il va de soi qu’elle se convertira à l’Islam, puisqu’elle est totalement soumise à son mari. Par contre, pas question qu’une fille de musulman épouse un infidèle. J’ai connu en Algérie un humanitaire américain qui s’était converti par amour, mais c’était déjà, dans les années 60, très très exceptionnel (la future était kabyle.)

Quant aux épouses voilées, c’est surtout, pour les maris, la garantie affichée de leur fidélité. Il faut savoir que lors des salamalecs, demander à un homme des nouvelles de ses filles, à plus forte raison de sa femme, est une grave insulte. C’est vraiment un autre monde !

Même ces mariages mixtes musulman/non-musulmane, très courants dans le passé, même recherchés (car gratuits, entre autres) au début de l’immigration maghrébine, surtout en France, sont aujourd’hui combattus par les intégristes qui gagnent mosquées après mosquées dans notre pays (l’envahissement des rue de Paris par les prières publiques en est une des illustrations.) Le mot intégration les fait vomir, là est tout le problème. Certes, je ne minimise en rien le caractère symbolique, donc politique de cet affichage. Mais ce n’est pas que cela.

Les « docteurs en Islam » disaient déjà qu’un bon musulman ne peut vivre que dans un pays aux institutions musulmanes. D’où les conquêtes califales qui ont abouti au plus grand empire de tous les temps, allant de l’Indonésie à l’Espagne et jusqu’à l’Afrique subsaharienne, accessoirement grande pourvoyeuse d’esclaves.

Ce n’est pas l’avis de Tarik ramadan, plus subtile dans son discours, qui préconise la conquête de droits spécifiques par les musulmans d’occident, débouchant inévitablement sur le communautarisme et ses territoires réservés.

La seule solution : que les « bons » musulmans soient un peu moins « bons », pour pouvoir se sentir bien en France, leur pays. L’Islam doit pouvoir s’adapter aux temps modernes. Les autres religions l’ont bien fait.

Daniel Cabuzel

1) http://www.marianne2.fr/Levi-Strauss-sans-formol_a182655.html

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