Neda : il y a deux ans la République islamique assassinait la beauté et la liberté d’une femme

Publié le 8 juin 2011 - par - 973 vues
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Emblème du soulèvement iranien Neda (1), tuée en juin 2009 lors des manifestations de Téhéran, est devenue maintenant, pour la jeunesse d’Iran et pour une partie du peuple, un personnage historique de la résistance. Le mardi 7 juin  France 5 a proposé à ses spectateurs, sous le titre « Neda la voix de l’Iran », un  documentaire exemplaire. Réalisé  avec tact et finesse, ce film d’ Anthony Thomas, a permis aux spectateurs français de connaître la famille de Neda, mais aussi d’analyser à quel point, dans cette République islamique tenue d’une poigne de fer par les mollahs et les sbires d’Ahmadinejad, la vie est insupportable. L’Iran islamique  des barbus mène la jeunesse  au désespoir.

La famille de Neda est chaleureuse, on sent à la fois la profonde douleur de la perte de cette belle jeune femme pleine de vie, mais aussi, comme un baume sur la blessure, le sentiment du symbole que son sacrifice  représente  pour le peuple iranien d’aujourd’hui. Les parents et les sœurs montrent des photos, des films : Neda au joli sourire qui chante, qui danse, Neda si belle,  qui voyage en Turquie ou elle est interprète dans le tourisme, Neda qui voulait vivre hors d’Iran. Ils expliquent  aussi sa révolte de toujours… « Neda fut une enfant rebelle dès le départ » dit la maman, rebelle à l’autorité, rebelle au voile dès l’école , Neda fan de  littérature  qui lit des œuvres jugées subversives par le régime !

Son destin fut celui de toute la jeunesse sacrifiée et muselée par Khomeyni et ses successeurs. Le réalisateur incorpore dans son documentaire des prises de paroles de femmes et d’hommes qui expliquent le carcan dans lequel fonctionne cette société. Le sort le plus dur est celui des femmes, l’âge du mariage abaissé à 13 ans dès l’arrivée de khomeyni, l’obligation pour tout déplacement d’avoir l’autorisation d’un homme de la famille, et surtout l’interdiction de la beauté. Pour les religieux  musulmans iraniens, et pour bien d’autres d’ailleurs dans d’autres pays, et même aujourd’hui en France,  la femme doit cacher son corps. Tout est mortifère dans cet islam totalitaire, les femmes qui montrent leur beauté sont des tentatrices et éloignent de Dieu et du paradis les hommes incapables de  contrôler leurs pulsions !

Là-bas les jeunes filles et les femmes sont fliquées. Quand Neda décide d’aller à l’université de philosophie, les jeunes filles ne peuvent pénétrer dans l’amphithéâtre qu’emballées dans  leur long tchador,  elles sont contrôlées à l’entrée, on leur efface toute trace de maquillage. Peu avant sa mort les fliquettes musclées de la police(3) avaient supplié Neda de cacher sa beauté : « tu es trop belle, fais attention à toi ». Comment au nom d’une religion peut-on condamner la beauté des femmes ? Comment, dans de nombreux pays du monde, l’image de la femme musulmane peut-elle être cette silhouette voilée, noire si triste, alors que les femmes sont si belles ?Allah n’aimerait-il que la laideur ?

On suit alors le long engagement du peuple de Téhéran convaincu de la fraude électorale… Combat que nous avons tous vu sur nos écrans… Neda a entraîné sa mère dans la révolte, mais, ce funeste après-midi, la maman a dissuadé sa fille d’aller à cette manifestation dont on avait annoncé la répression. Inquiète, elle lui téléphone plusieurs fois dans l’après-midi, Neda promet : « maman ça chauffe mais je reviens bientôt », mais Neda ne reviendra pas. Accompagnée d’un ami médecin, et d’un professeur elle est au milieu d’une échauffourée, elle courre mais  on tire sur elle, son ami médecin dit «  elle a été touché à une artère vitale » elle meurt en quelques secondes. On ne retrouvera jamais l’assassin !

Deux ans bientôt que Neda est morte et des élections l’an prochain (4), actuellement les ultras conservateurs tentent, avant les élections de 2012, d’isoler le Président qui ne peut  pas briguer un autre mandat. Ils soupçonneraient un courant déviationniste. Celui-ci  serait mené par  Esfandiar Rahim Machaie (actuel chef de cabinet de Ahmadinejad) qui nourrirait des ambitions présidentielles. Ce courant menacerait l’islam et la révolution ! L’islam,  qui a réussi à mettre en place toutes les lois du Coran et crée une telle dictature, sous le doux vocable de République islamique, n’est décidément pas, quoi que l’on veuille nous faire croire ici en France, une religion  comme les autres !

Comment comprendre, après le visionnage de ce documentaire que des musulmanes françaises, alliées utiles des mollahs d’Iran,  portent voiles et tchadors comme là-bas. Sont-elles inconscientes de ce que cela signifie et de ce qui pourrait nous arriver un jour ?

Chantal Crabère

(1) Prénom prédestiné ?  Neda signifie voix

(2) Neda, la voix de l’Iran – France 5 & vous

(3) Comme des femmes  ont soutenu et œuvré à  la propagation du nazisme, le régime islamique de Téhéran a sa police des  mœurs fermement encadrée par des militantes religieuses, ( en commence à voir dans certains quartiers de   France des militantes islamistes prosélytes portant les mêmes costumes que ces femmes iraniennes et comme elles faire de la morale).

(4)Article de Cecile Hennion Le Monde du 3 juin.

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