N’en déplaise à Edwy Plenel, le football français ne peut pas continuer comme cela !

Publié le 2 mai 2011 - par - 4 890 vues
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Le fondateur de Médiapart doit être fier de lui. Grâce à son journal, et à un titre tapageur « Foot français, les dirigeants veulent moins de noirs et d’arabes », le scandale éclabousse le football français. Le directeur technique national, François Blaquart, est suspendu, tandis que le sélectionneur, Laurent Blanc, a dû présenter des excuses. Que s’est-il donc passé de si grave pour que le commissaire politique Plenel obtienne un tel résultat ? Le football français serait-il dirigé par de dangereux racistes qui font une éruption boutonneuse à chaque fois qu’ils voient un noir ou un arabe sur un stade ? En tout cas, les chiens de garde, derrière Plenel, sont lâchés, le lynchage des « coupables » se met en place…

Médiapart s’est procuré les extraits d’un entretien, datant d’octobre 2010, entre le nouveau sélectionneur, le directeur technique national et le responsable des moins de 20 ans. Tous trois faisaient un constat juste. Dans les centres de formation, de plus en plus de jeunes sont essentiellement sélectionnés sur des critères athlétiques, souvent au détriment des qualités footballistiques. On constate souvent – ce que confirmait Laurent Blanc – que ces critères se traduisent par une majorité de jeunes noirs, souvent plus précoces et plus athlétiques, dans les centres de formation des clubs professionnels.

Autre problème évoqué par les responsables nationaux du football français, qui n’est pas sans relation avec ces choix : dans les sélections de jeunes, en équipe de France, aujourd’hui la moitié des sélectionnés possède la double nationalité. Première anomalie. Très souvent, des jeunes joueurs sélectionnés dans les équipes nationales françaises choisissent de jouer, plus tard, pour un autre pays. Ils ont ainsi la possibilité d’être sélectionnés plus facilement que dans l’équipe de France, où la concurrence est sévère. Les responsables français ont donc l’impression, à juste titre, de faire tout le travail de détection, de formation, et que d’autres pays en profitent, au nom des origines du joueur, même si celui-ci est né en France. C’est comme si, hier, Raymond Kopa avait joué pour l’équipe de Pologne, ou Michel Platini pour l’équipe d’Italie, alors qu’ils sont nés en France, et doivent tout à ce pays.

Dernière piste de réflexion, les limites du recrutement basé principalement sur les qualités athlétiques. L’équipe d’Espagne, récente championne du monde, et l’équipe de Barcelone, qui domine le football européen, font un pied de nez à la théorie des « gros blacks » qui, par leur puissance athlétique, feraient la différence. Ces équipes sont constituées de petits gabarits, très techniques, très vifs, qui confirment que le football n’est pas qu’une histoire de muscles, mais surtout d’intelligence de jeu et de finesse technique. Les Xavi, Iniesta, Messi, Fabregas, font, tous les dimanches, la démonstration que la force athlétique, si elle fait souvent la différence jusqu’à 16-17 ans, n’est plus décisive par la suite. Il est donc tout-à-fait légitime que des responsables nationaux s’interrogent sur ces questions, et cherchent à reconstruire une équipe de France qui se fasse aimer de ses supporters, ce qui n’est plus le cas depuis l’ère Domenech, en pratiquant un football d’inspiration qui correspond à la culture footballistique française.

Je dois préciser qu’amateur de football, je connaissais cet entretien entre les responsables nationaux, qui m’avait été révélé par un ami. Ce père de famille m’avait confié le cas de son fils, junior (17 ans) qui, dans un club professionnel, était le seul blanc de l’équipe, et mesurait une tête de moins que l’ensemble des autres joueurs, noirs de peau. Il m’avait dit que cela lui posait problème, et que son fils se sentait mis à l’écart, pour des raisons ethniques, dans cette équipe.  Récemment, revoyant un joueur avec qui j’avais joué, il y a une vingtaine d’années, celui-ci m’avait expliqué, dans son club (dont il était dirigeant), dans les équipes de jeunes, c’étaient des joueurs d’origine arabe qui tenaient les vestiaires, et que ce communautarisme faisait fuir les autres jeunes footballeurs.

D’autre part, n’en déplaise à la bien-pensance, qui se déchaîne, et voit bien sûr une nouvelle preuve épouvantable du racisme qui gangrénerait notre pays, il faut tout de même se rappeler de certains faits, qui n’ont jamais ému Edwy Plenel et sa fine équipe de MediaPart.

- Les supporters de l’équipe de France de football ne supportent plus d’avoir des joueurs, majoritairement issus de l’immigration post-coloniale, qui montrent au mieux de l’indifférence, au pire du mépris, pour le maillot qu’ils portent, et notre hymne national qu’ils ne chantent pas.

– L’épisode de la viande halal, imposé par les meneurs musulmans Ribery et Anelka, n’a jamais indigné ces vertueux bien-pensants, pas davantage que les propos ahurissants de Laurent Blanc, disant qu’il n’y aurait plus de porc dans les menus. Que dire des prières musulmanes fort visibles de Ribery ou d’Abidal…

– Le football est la caricature de la mondialisation libérale, avec la volonté d’en finir avec toute idée de nation. Ainsi, alors que Michel Platini réclame que six joueurs sur onze alignés par les clubs européens soient originaires du pays de leur club, l’Union européenne refuse catégoriquement cette mesure, qui protégerait les pays les moins fortunés de l’avidité des clubs britanniques. Ainsi, des clubs comme Arsenal ou Chelsea peuvent aligner sans problème onze joueurs, avec des salaires exorbitants, sans qu’un seul anglais ne soit sur le terrain ! Cela s’appelle la concurrence libre et non faussée…

– On n’a pas entendu les bonnes âmes réagir au fait que Gourcuff ait été maltraité par Ribery et les siens, lors de la dernière coupe du monde, pour avoir accordé un entretien à un magasine homosexuel, confirmant, selon la culture primaire de certains internationaux, le fait qu’il n’ait pas une pratique sexuelle conforme à celle des vrais mâles !

– En Belgique, des écoles de médecine et de vétérinaire, en ont eu assez que des Français soient formés à leurs frais pour, au final, ne pas exercer en Belgique, soigner les belges mais revenir en France diplôme en poche. Ils ont imposé des quotas d’étrangers français. Cela ne me choque pas.

– On n’a pas entendu Plenel protester quand Anne Lauvergeon a tenu des propos expliquant que dans son groupe, Areva, elle encourageait une discrimination contre les mâles blancs.

– On n’a pas davantage entendu ses protestations quand Martine Aubry propose ni plus ni moins, au Parti socialiste, la discrimination positive, donc des quotas ethniques : « Sur la question de la diversité, la gauche n’a pas été bonne, je le reconnais. Aujourd’hui, nous agissons : 20 % des membres de notre direction sont ainsi issus de la diversité. Pour les élections européennes, nous garderons le même critère, y compris pour les places éligibles et les têtes de liste. Vous verrez bientôt que je ne vous ai pas raconté d’histoires ! ».

– On n’a pas entendu davantage ses protestations quand Sciences Po a réservé un certain nombre de places à des jeunes issus de banlieue – avec un résultat catastrophique – pénalisant sur des bases communautaristes des élèves plus méritants qu’eux.

Le fait que le gouvernement, via Chantal Jouanno, qui était pourtant fortement – et à juste titre – opposée au retour de Ribery et d’Evra en équipe de France, ait ordonné une enquête, et que les responsables de la Fédération de football se couchent tout de suite, terrorisés à l’idée d’être qualifiés de racistes, voire poursuivis devant les tribunaux – à l’instar de Zemmour, de Guéant ou de Riposte Laïque – montre, mieux que de longs discours, la profondeur du mal qui ronge la société française, et le poids des dictateurs de la pensée unique comme Plenel et ses amis.

Dans leur livre « La face cachée du Monde », Pierre Péan et Philippe Cohen, parlant de celui qui était à l’époque rédacteur en chef du quotidien du soir, expliquaient qu’il n’aimait pas la France, et en donnait quelques raisons. A son origine trotskiste, et sa haine viscéral de toute idée de Nation, assimilée à l’extrême droite,  s’ajoutait une histoire personnelle, liée au passé de son père, militant anti-colonialiste aux Antilles. On comprend mieux qu’un journaliste qui n’aime pas son pays s’identifie à des footballeurs qui se servent de la France, pour mieux l’abandonner, comme ces joueurs possédant la double nationalité, ou bien ceux qui, comme Anelka ou Benzema – pourtant nés en France – préfèrent économiquement jouer pour l’équipe de France, sans cacher que ce n’est pas le pays de leur coeur.

Anelka, converti à l’islam, et rendu célèbre pour avoir qualifié le sélectionneur Domenech de « fils de pute », disait, dans le journal 20 minutes: « J’aimerais bien vivre en France, mais ce n’est pas possible. on sait pourquoi: la fiscalité. En France il y a un problème avec l’argent. Je ne veux pas jouer au foot et payer 50% de ce que je gagne. La France est un pays hypocrite ». On croirait un mélange de Sarkozy et de Parizot !

A juste titre, ces propos avaient indigné Jean-Luc Mélenchon qui, reprenant – en oubliant de le mentionner – les arguments  d’un article de Riposte Laïque, avait écrit, dans son dernier livre, page 65 : « Mais qui est cet Anelka? Quelqu’un qui doit tout aux impôts et cotisations de ses concitoyens. Formé aux frais du contribuable par l’Institut national du foot, il doit sa carrière aux cotisants de la sécu! Sa précieuse aptitude à courir derrière lun ballon a en effet été sauvée par la coûteuse réparation de ses graves blessures au genou payées par la Sécurité Sociale ».

Si elle veut réellement retrouver une âme, un style de jeu, une culture footballistique et l’amour des supporters – ce que la nouvelle équipe de France de Laurent Blanc n’a pas encore réussi à faire – il faudra aux dirigeants du football avoir le courage d’aller au bout de leurs réflexions et de défendre publiquement ce que certains responsables techniques disaient entre eux. Cette question, n’en déplaise à Sos Racisme, n’a rien à voir avec une vision racialiste du football, sport qui a toujours été, en France, une école exemplaire d’intégration et d’assimilation.

Ce débat dépasse de loin, bien évidemment, le seul football, et est éminemment politique. La culture footballistique française, c’est celle de l’équipe de France de Raymond Kopa en 1958, celle de Michel Platini dans les années 1980, et celle de Laurent-Blanc,  Didier Deschamps, en 1998. Des joueurs amoureux du beau football, et de leur pays. Plenel et les siens n’avaient d’yeux que pour l’équipe de la diversité de Domenech, qui, avec des méthodes de racailles (propos de Finkielkraut) derrière ses meneurs Ribery et Anelka, imposa le hallal, maltraita Gourcuff, méprisa ses supporters, et fit rire de la France le monde entier par l’attitude d’enfants gâtés, sa grève grotesque et son élimination minable, en Afrique du Sud.

Pour ne plus jamais connaître cela, c’est ni plus ni moins le retour d’une culture patriotique de ses internationaux, de l’amour du maillot, comme leurs homologues du handball ou du rugby, qui est à l’ordre du jour. C’est ce que, avec beaucoup de limites, Laurent Blanc et ses adjoints avaient commencé à évoquer. On comprend donc que Plenel et ses amis aient eu envie de torpiller au plus vite l’initiative… et que les dirigeants politiques, au lieu de les soutenir, soient aux abonnés absents, ou dans le camp de l’accusation bien-pensante.

Pourtant, n’en déplaise à Plenel, l’équipe de France de football, et plus simplement notre France, ne peuvent pas continuer comme cela, cela serait suicidaire…

Idiot utile du capitalisme, Plenel croit, en contribuant au détricotage de notre pays, ce qu’il fait consciencieusement depuis trente ans, faire avancer l’internationalisme prolétarien, alors qu’il sert la soupe à la mondialisation libérale, qui veut imposer sa dictature de l’argent-roi partout, y compris dans le monde du football. 

Pierre Cassen

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