N’en déplaise à Libération, le sexe et la race n’ont rien à voir avec la République

Publié le 25 juin 2012 - par - 1 580 vues
Share

Lors de la présidentielle de 2007, on se félicitait qu’une femme pût briguer la fonction suprême. Lors de l’investiture de Barack Obama, on se réjouissait qu’un noir fût à la tête de la première puissance mondiale. Aujourd’hui, d’aucuns dénoncent les «cabinets blancs de la République» (1), autrement dit des cabinets non respectueux de la parité ethnique, la France étant désormais une nation métissée. Demain, il faudra qu’il y ait autant d’homosexuels que d’hétérosexuels, d’obèses que de maigres, de végétariens que de non-végétariens, de cynophiles que de cynophobes… Et si quelqu’un affirme sa singularité en marchant sur la tête, il faudra aussi recourir à la parité… quoique cela semble impossible, la singularité étant ici vouée à l’unanimité !

En effet, voilà plus de vingt ans que nous ne cessons de marcher sur la tête, au point d’oublier l’article 2 la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, qui stipule que «chacun peut se prévaloir de tous les droits et de toutes les libertés proclamés dans la présente Déclaration, sans distinction aucune, notamment de race, de couleur, de sexe, de langue, de religion, d’opinion politique ou de toute autre opinion, d’origine nationale ou sociale, de fortune, de naissance ou de toute autre situation».

En oubliant l’esprit qualitatif de cet article, nous en quantifions la lettre. D’où les quotas et la discrimination positive ! Or, les premiers comme la seconde sont des absurdités (2). Le comptage racial est déjà du racisme.  Parler de «minorités visibles» n’augure rien de bon. Tout cela n’est que division, tension, rupture, dans une république qui se veut «une et indivisible». Au lieu de compter les sexes et les races, comptons sur l’humain ! Et puis, apprenons une bonne fois pour toutes à valoriser les idées et les comportements laïques et démocratiques, au lieu de nous focaliser sur l’origine ou la particularité de ceux qui les incarnent !

La diversité n’est pas l’égalité : la diversité est un fait ; l’égalité est un droit. Ce n’est pas la diversité qui est représentative d’une nation : c’est son Droit. Or, le Droit n’est droit (c’est-à-dire ni courbe, ni tordu) que s’il lutte contre les déterminismes sociaux défavorables en favorisant les talents et les compétences de qui que ce soit,  indépendamment du sexe et de la couleur.

Le sport de haut niveau devrait, en ce domaine, nous apporter sa lumineuse évidence : combien de jaunes ou de noirs dans les bassins ? Combien de blancs dans la finale du 100 mètres ? Combien de noirs en patinage artistique ou en tennis de table ? Combien de jaunes ou de noirs au Tour de France ou à Roland-Garros… ?

Ce que nous voulons ici, ce ne sont pas des jaunes, des noirs ou des blancs, ni même des hommes ou des femmes, ce sont des champions.

En politique, ce sont des caractères et des intelligences suffisamment solides pour nous sortir de la crise et préserver la paix.

Maurice Vidal

(1) Libération, 31-05-2012.

(2) Cf. La colère d’un Français, p. 149-150.

Print Friendly, PDF & Email
Share

Les commentaires sont fermés.