N’en déplaise à « Plus belle la vie », Noël est une fête pilier de notre civilisation

8-12-2013RRLa colère de Jean-François Copé ne sera certainement passée inaperçue à vos yeux. Et on le comprend. Nous aussi, le rapport fourni par des experts (lequels ?) préconisant l’abandon de l’intégration au profit de l’inclusion, nous met en colère. A bas l’Histoire dont les personnages sont tous Blancs, Chrétiens et hétéros (sic). Messieurs les Experts, pardonnez-nous d’exister, c’est promis on le fera plus, à l’instar de Miss France on va tous se métisser on va tous devenir homos hâtant ainsi le Grand Remplacement que prophétise Renaud Camus. Et pour continuer à suivre vos recommandations, on va enlever les noms et les traces de tous ces personnages qui ont fait la France, de  ces tyrans et esclavagistes que sont Louis XIV ou Napoléon et inscrire la diversité sur nos noms de rue. Place Leonarda, Avenue Merah… Voilà des actes qui rétabliront la justice historique tout en nous gratifiant en prime d’un brin d’exotisme.

Bien sûr, je soutiens Copé, j’applaudis des deux mains son discours, mais lorsqu’il dit en substance que si l’on met en pratique les recommandations contenues dans ledit rapport,  ce ne serait plus aux immigrés à s’adapter à la France mais aux Français à s’adapter aux immigrés, je me vois obligée de lui rétorquer que le pauvre ouvre les yeux bien tard.

Cela fait déjà quelques décennies qu’il en est ainsi. Que l’on parle davantage de l’Islam dans les livres d’Histoire des collèges que du Christianisme. Pire, que l’on ne parle du premier qu’en termes laudatifs alors qu’il n’en va pas de même pour le second. Que l’on parle de l’empire du Monomotapa que peu d’Africains eux-mêmes connaissent au détriment des Gaulois qui n’auraient jamais existé. Cela fait longtemps que dans les livres d’Histoire, l’on ne parle plus de Louis XIV mais de l’Absolutisme, grille de lecture à travers lequel le monarque est présenté, sans préciser que nous lui devons nos frontières actuelles, nos Académies de Lettres et de Sciences, qu’à son époque, la France était la plus grande puissance du monde et le Français la langue des Cours. Cela fait belle lurette que Napoléon n’est présent dans les livres d’Histoire qu’au titre d’esclavagiste et de dictateur. Cela fait quelques décennies que l’on propose dans les écoles primaires des cours d’arabe alors que s’imposeraient plutôt des cours de soutien de français. Cela fait déjà quelques temps que nous mangeons hallal sans le vouloir et sans le savoir et qu’il n’y a jamais de porc à la cantine. Quelques temps que les classes sont à moitié vides le jour de l’Aïd et que le Proviseur vous demande discrètement de ne pas faire de devoirs ce jour-là ou de ne pas entamer de nouvelles leçons, quand il ne met pas une salle à disposition des élèves qui pratiquent le  jeûne du ramadan.

Cela fait déjà longtemps aussi que les instruments de propagande que sont la télévision et le cinéma  nous préparent au changement de civilisation et au grand remplacement. Il sort, en effet régulièrement des films français dont le pitch est grosso modo le suivant: le héros, ou plutôt l’anti-héros, est un Français blanc, d’âge moyen, seul dans la vie, mangeant directement dans une boîte de conserve, un brin voire carrément raciste: normal il est Blanc  donc coupable avant d’être né, lequel rencontre un étranger, immigré, clandestin de préférence, souvent enfant de surcroît, qui va lui apporter tout ce qu’il n’a pas dans sa nature et dans sa vie : le sens du partage, la générosité, l’altruisme, l’ouverture et le thé à la menthe. [1]

La rencontre avec l’Autre est pour le Français une véritable Rédemption qui va le purifier à tout jamais de son racisme atavique et accessoirement de son humeur renfrognée et de son indécrottable solitude.

La télévision n’est pas en reste. Je ne citerai que Plus Belle la Vie que j’affectionne tout particulièrement avec sa fausse vision post-pagnolesque de Marseille. Plus Belle la Vie a pour principe de suivre l’actualité au jour le jour. Ainsi, cette semaine, nous préparons Noël. Le feuilleton en donne sa version.  Chez les personnages du Mistral, cette période de l’année se réduit à une épuisante corvée de  courses dans des magasins bondés qui se terminent par l’achat de choses frivoles et inutiles, nos comptes en banques dans le rouge. Soit.

Qu’en est-il alors de la spiritualité? Hé bien pour PBLV, cet aspect est révolu. Luna, sympathique et rebelle personnage-clé de la série qui suscite chez les fans une forte adhésion, déclare en parlant de sa belle-mère et de sa mère, qu’elles sont les deux dernières Chrétiennes du quartier. Or, cette réplique n’est en aucun cas utile à l’action de la scène. Totalement gratuite, elle œuvre à présenter les Chrétiens à travers des femmes,  sous-entendu, des êtres peu rationnels, vieilles qui plus est, autrement dit, des fossiles. On enterre le Christianisme en le ringardisant.

Bref, il y a le souci  évident chez les scénaristes de la série, d’ôter tout sens et toute joie à cette fête, la perversité d’en gâcher d’avance le plaisir aux téléspectateurs et in fine le dessein de leur faire accepter  qu’elle est devenue obsolète.

Or, Noël, quoi qu’on en pense, quel que soit l’état de nos nerfs et de notre compte en banque, c’est une fête pilier de notre civilisation, qui préexiste au Christianisme, qui tout simplement nous fait chaud au cœur. Même ça, on veut nous l’enlever.

 Monique Bousquet

 



[1] Welcome (2009) avec Vincent Lindon, (2011);  Coup d’Eclat (2010) avec Catherine Frot, Kaniousha (2011) avec Miou-Miou, pour ne citer qu’eux parmi tant d’autres.

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