Nice : les gens de gauche n’ont aucune honte à protéger l’islam

Publié le 11 janvier 2015 - par

C’est extraordinaire. Enfin, façon de parler… Il y a des gens qui n’ont vraiment pas honte, qui manquent totalement de pudeur. Il y avait du monde au rassemblement du sept au soir, à Nice, place Garibaldi. Le tram ne pouvait même plus passer. Ça trainait, ça piétinait, ça faisait du sur-place, ça se faisait des bises et ça bavardait. On était Charlie. Des gens comme il faut. Bon, pourquoi pas.

Depuis le temps que je ne vais plus aux manifs de gauche et autres défilés du premier Mai, je ne connais quasiment plus personne. Ah tiens, comment s’appelle-t-elle ? Ce n’est pas important. Une vieille de la vieille comme qui dirait, un demi-siècle de militantisme au PCF et maintenant au Front de Gauche. L’échange est bref. J’ose poser la question de la connivence, comment dire, de l’étrange indulgence que témoignent à l’égard de l’islam, radical ou pas, les descendants de Thorez. Est-ce qu’il ne serait pas temps que les forces dites progressistes ouvrent les yeux sur la véritable nature de cette idéologie et adoptent enfin des positions plus fermes sur la question de la laïcité par exemple, mais pas seulement… puisqu’il semble qu’avec le massacre du matin, on vienne de changer de palier ? Non ? Crier à l’islamophobie, est-ce que ça suffit ? Deux phrases, trois peut-être, c’est tout ce que nous parvenons à échanger.

La sentence tombe, gueulée même : tu es fou ! Je suis fou… C’est vrai, je venais de suggérer que des organisations comme le Front de Gauche avaient peut-être une responsabilité dans ces dramatiques évènements. Elle l’a même répété : tu es fou ! Elle avait déjà tourné le dos. Danielle, apparatchik de longue date du PS local, zigzaguait dans la foule, son « Je suis Charlie » sur le ventre, l’air un peu hagard. Et Marylin de la CGT, et machin du PCF, bref, ils étaient tous là. Et Leila, tiens, des alternatifs rouges et verts, toujours aussi mignonne, avec qui je ne veux pas me fâcher. Nous bavardons. Je m’avance à pas de loup. Est-ce que l’extrême-gauche ne devrait pas se remettre en question, renouveler sa réflexion, que sais-je, se demander si… ? A la lumière de ce qui vient de se passer ? Non ? Leila ne se fâche pas. Elle sait que je l’aime bien… Et puis elle est patiente. Leila est assistante sociale aux Moulins, un de ces quartiers où l’étranger (le souchien) ne va pas même en plein jour.

Le problème selon Leila, c’est l’humiliation que ressentent « tous ces jeunes » issus de l’immigration. – Tu sais ce qu’ils m’ont dit ? C’est bien fait. Sa mère porte le foulard. Dans la rue, on la regarde de travers, il paraît. On est désagréable avec elle. Moi : les gens commencent à en avoir marre, non, tu ne crois pas ? Il n’y a pas un jour sans qu’on n’entende parler de violences commises par les musulmans en je ne sais quelle partie du monde… Il y a un problème, tu ne crois pas ? Est-ce que l’islam ne peut pas se réformer, évoluer ? Leila a vraiment de beaux yeux. Elle les ouvre grands. – Evoluer vers quoi ? – Je ne sais pas… il faudrait un nouvel islam non ? Et puis, regarde autour de nous, est-ce qu’il y a beaucoup de musulmans dans ce rassemblement ? S’ils font vraiment partie de la nation française, du peuple français, pourquoi ne viennent-ils pas protester eux aussi? Leila en convient. Il n’y en a pas. Son téléphone sonne dans son sac. Elle disparait dans la nuit. Ouf, on ne s’est pas disputé ! Que disais-je ? Ah oui, l’extraordinaire… d’un certain point de vue, je comprends les contradictions de Leila, le flou dans lequel elle est.

Mais l’extraordinaire, c’est bien, oui, cette indécence des gens de gauche, des bobos comme on dit. Mais qui sait, dans la nuit d’hiver, douce puisqu’on est à Nice, peut-être en est-il qui commencent à réfléchir un peu plus loin que le bout de leur nez ?

Marc Alexandre

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