Nicolas Sarkozy, chronique d’une débâcle annoncée

Publié le 5 mars 2012 - par - 706 vues
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Nul besoin de sondages ou d’expertises de politologues pour prévoir que Nicolas Sarkozy va perdre l’élection présidentielle. Il est même envisageable qu’il ne soit pas au second tour, rendant encore plus humiliante son inéluctable défaite, et imposant à la France l’expérience déstabilisante d’un « 21 avril » à l’envers.

Peu importe la campagne que le président sortant va faire: c’est la chronique d’un échec annoncé.
En effet, Sarkozy ne séduira bien évidemment pas l’électorat de gauche, qui lui est hostile par nature. Mais il n’attirera pas non plus l’électorat d’extrême-droite car, malgré des tentatives de racolage avec un Guéant multipliant les déclarations d’intention (jamais suivies d’effets) à l’égard de l’islamisme, les électeurs préféreront toujours l’original (Marine Le Pen) à un ersatz. Sarkozy ne fera pas enfin le plein des voix de droite car, d’une part il a déçu et trahi l’électorat traditionnel de la droite en ponctionnant comme jamais les classes moyennes; d’autre part, De Villepin se fait un plaisir de se présenter contre lui juste pour assouvir sa rancune.

Et pourtant Nicolas Sarkozy se représente quand même! Au mépris de toute logique et malgré l’affaire Bettencourt : juste parce qu’il le veut bien ! En effet, dans notre pays pourtant républicain, le Président sortant dispose d’une sorte de droit divin qui le dispense de rendre des comptes à quiconque; comme si un principe dynastique, résurgence d’Ancien Régime, prédisposait ce président sortant à se succéder à lui-même. Il fallait voir ces dernières semaines la mine consternée et déconfite de Juppé, affligé de devoir servir une fois de plus moins intelligent que lui, mais n’osant pas se rebeller contre l’hérédité présidentialo-monarchique…

Nicolas Sarkozy est l’homme qui a affaibli la droite comme personne auparavant, l’homme qui l’a conduite à l’échec aux municipales, aux régionales, aux cantonales et même aux sénatoriales. C’était  pourtant un exploit que de réussir à transformer une assemblée par nature rurale et réactionnaire telle que le Sénat en bastion de gauche! Les socialistes eux-mêmes n’y croyaient guère… Sarkozy l’a fait! Nonobstant, cet homme, qui n’a donc pas la moindre chance de gagner, se représente pour parachever le désastre politique de son camp en donnant tous les pouvoirs à la gauche.

Pendant ce temps, les élus UMP, tel l’orchestre du Titanic continuant à jouer en plein naufrage, persistent à soutenir leur capitaine au nom d’un Führerprinzip totalement suicidaire et anachronique; alors que les socialistes viennent de se donner toutes les chances de gagner avec leurs primaires, bel exemple de pragmatisme politique et de démocratie participative.

Dans n’importe quel pays, un candidat au bilan catastrophique comme Sarkozy serait disqualifié et tous les élus de son parti (du maire jusqu’au député) mèneraient la Fronde afin de l’empêcher de se représenter. Pas en France! En France, les élus UMP se mettent sagement en rang derrière leur général Custer et se laissent docilement conduire à la débâcle.
Comme des lemmings…

Marc Nièvre

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