Niqab à l’Opéra : Esther Benbassa joue l’islam contre la France

Publié le 24 octobre 2014 - par - 1 489 vues
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esther benbassaEn s’indignant qu’une femme intégralement voilée ait été priée de quitter la salle de l’Opéra Bastille pendant l’entracte de La Traviata, (1) Esther Benbassa (2) a eu le mérite de concentrer dans ses dires tous les contresens existant sur le port du niqab.

Pour elle, il n’y a aucune « malveillance » à s’afficher ainsi dans l’espace public, comme si le niqab n’était pas l’expression d’un « mauvais vouloir » (3) à l’égard de la loi française qui interdit le voile intégral.

Pour elle, la situation qui a conduit « à exclure cette spectatrice est proprement absurde », comme si l’absurdité ne consistait pas à introduire au cœur même d’une oeuvre de Verdi un symbole culturel qui aurait horrifié Verdi.

Pour elle, on aurait dû laisser cette personne tranquille parce qu’elle « avait payé fort cher son siège au premier rang », comme si l’argent autorisait tout !

Pour elle, « cette manière de se comporter » à l’égard d’une femme voilée « ne vaut pas mieux que les agissements constants de Nadine Morano », comme si Nadine Morano ne traduisait pas le ressenti profond des Français sur le voile en général et le niqab en particulier.

Pour elle, la loi interdisant le niqab ne devrait s’appliquer que « pour demander un passeport » : au delà, c’est faire offense à la laïcité, comme si le niqab incarnait la laïcité.

Pour elle, la laïcité est « devenue un instrument d’exclusion », comme si ce n’était pas le niqab qui s’excluait de la république laïque.

Pour elle, la niqabée qui assistait à l’opéra de Verdi « s’est juste contentée de s’asseoir pour entendre de la musique ». Notre sénatrice aurait-elle dit la même chose si une personne s’était « juste contentée de s’asseoir pour entendre de la musique » en étant toute nue ?

Pour elle, une telle exclusion est du « racisme » (4), comme si le niqab permettait de voir la race de la personne qu’il cache.

Pour elle, cette exclusion fait du musulman « le bouc émissaire idéal comme l’était le juif durant l’entre-deux-guerres » (5), comme si le refus du niqab englobait automatiquement le refus de la personne qui le porte.

Pour elle, « si l’éducation et le progrès social dans notre pays étaient davantage pris en compte, il est probable que moins de jeunes femmes se voileraient actuellement », comme si le fait de se voiler dépendait de « l’éducation » et du « progrès social » de « notre pays ».

Pour elle, la loi n’aurait jamais dû s’appliquer à l’encontre de cette femme, comme si la loi n’avait pas son sens dans son application même !

Pour elle, une telle décision « fait le lit de l’extrême droite et conforte les élucubrations d’un Eric Zemmour », ce qui « pousse notre pays dans les bras de Marine Le Pen ».

Mais là, je préfère me retirer sur la pointe des pieds, de peur d’être écrasé par l’énormité de cet ultime contresens.

La seule chose que je puisse ajouter à l’attention d’Esther Benbassa, c’est que le niqab, comme le voile, est « sexiste », « séparatiste » et « discriminant » : « sexiste », parce qu’il ne vaut que pour un sexe (6) ; « séparatiste », parce qu’il dit « non » à l’intégration ; « discriminant », parce qu’il distingue la bonne de la mauvaise musulmane, et, par suite, la musulmane de la non-musulmane.

Bref, la femme voilée nous dit ceci : « Oui, nous sommes en France, mais nous ne sommes pas de France. Votre loi contre le voile n’est donc pas notre loi, car nous n’avons qu’une loi, et c’est celle d’Allah ! ».

Maurice Vidal

  1. Les faits datent du 3 octobre 2010.

  2. Esther Benbassa est une universitaire franco-turque-israélienne, née le 27 mars 1950, à Istanbul. Membre d’Europe Ecologie Les Verts, elle est sénatrice du Val-de-Marne depuis 2011.

  3. Cf. Le Petit Robert.

  4. Celle-là, je l’attendais !

  5. Ben voyons !

  6. Comme par hasard, il s’agit toujours du sexe féminin !
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