Niqab à l’Opéra : Rachid Nekkaz se comporte en agent de l’islam…

Publié le 25 octobre 2014 - par - 2 092 vues
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niqabAprès Esther Benbassa (1), c’est au tour de Rachid Nekkaz (2) de clamer son indignation suite à l’affaire du niqab de l’Opéra Bastille (3).

A ses yeux, en effet, la décision d’exclure une spectatrice intégralement voilée d’un « haut lieu de la culture française et européenne », est « honteuse » et « scandaleuse », car « la culture est universelle » – ce qui est vrai.

Mais le caractère universel de la culture ne signifie pas que tout soit universellement acceptable. La preuve : en quoi le niqab le serait-il ? Quelle femme éprise de liberté et fière de sa féminité en revendiquerait le port ? Comment le niqab pourrait-il incarner l’universel ? Ne relève-t-il pas plutôt d’un particularisme ethno-religieux ?

Evidemment, Rachid Nekkaz ne reconnaît plus « cette France ouverte, portée par les valeurs de tolérance et de respect des différences ».

Mais qu’est-ce donc qu’une France « ouverte », si l’ouverture accueille l’enfermement ? Le niqab n’a-t-il pas pour but de maintenir à l’intérieur la femme qui s’aventure à l’extérieur ? Que dit le niqab sinon que la femme n’a le droit d’être visible dans le monde extérieur qu’à la condition d’y être invisible ?

Plus encore, depuis quand la tolérance aurait-elle pour vocation de tout tolérer ? Le « tout » ne contient-il pas le « pire » ? Le niqab n’est-il pas le pire des vêtements qu’un homme puisse imposer à une femme ? Son port ne provoque-t-il pas des allergies cutanées, notamment par fortes chaleurs ? Rachid Nekkaz voudrait-il respirer là-dessous ?

Qu’est-ce enfin que ce « respect des différences », sinon le sésame d’une différence culturelle qui n’a de respect pour aucune différence culturelle, hormis la sienne ?

Evidemment, Rachid Nekkaz ne manque pas de comparer l’affaire du niqab de l’Opéra Bastille avec l’exclusion des « juifs de l’Opéra de Berlin » « à l’époque nazie », comme si la niqabée était destinée aux camps de la mort ! Faut-il rappeler qu’il eût suffi qu’elle découvrît son visage pour assister sans le moindre problème à l’opéra de Verdi ?

Evidemment, Rachid Nekkaz invoque « la France de Rousseau et de Voltaire », comme si l’on pouvait trouver, chez ces deux auteurs, des éléments de pensée favorables au port du niqab ! Rachid Nekkaz a-t-il lu seulement la tragédie de Voltaire intitulée Le fanatisme ou Mahomet le prophète ?

Evidemment, Rachid Nekkaz prétend avoir « une position très claire » en défendant « la liberté » et la « dignité » des femmes intégralement voilées : mais alors pourquoi ne prône-t-il point le port du niqab en tout lieu ? La « liberté » et la « dignité » ne conviendraient-elles pas partout ?

Ou bien Rachid Nekkaz n’a rien compris à la signification profonde du niqab, ou bien il sait très exactement ce qu’il en est.

Je parie pour la seconde hypothèse, ce qui expliquerait qu’il paie systématiquement les amendes dont doivent s’acquitter les niqabées prises en flagrant délit dans l’espace public !

Maurice Vidal

(1) Esther Benbassa est une universitaire franco-turque-israélienne, née le 27 mars 1950, à Istanbul. Membre d’Europe Ecologie Les Verts, elle est sénatrice du Val-de-Marne depuis 2011 (cf. Riposte Laïque n° 378).

(2) Rachid Nekkaz est un homme d’affaires et militant politique franco-algérien, né le 9 janvier 1972 à Villeneuve-Saint-Georges, dans le Val-de-Marne.

(3) Les faits datent du 3 octobre 2014.

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