Noël est la reine des fêtes

La première image qui me vient à l’esprit lorsque je pense aux Noëls de mon enfance est celle du grand sapin vert orné d’ampoules clignotantes, de guirlandes et de mandarines (1), qui trônait dans le temple où j’avais coutume d’aller le dimanche.

La joie que je ressentais devant cet arbre était identique à celle qui m’envahissait la veille des vacances scolaires : tout devenait beau. Et ça l’était, en effet, même en dehors du temple, même dans l’appartement de mes parents : 30 m2 sous les toits, sans salle de bains, sans toilettes, avec pour seule pièce chauffée la cuisine – où ronronnait un fourneau à bois et à charbon.

Mais ce qui me réchauffait le plus, c’était la crèche que ma mère n’oubliait jamais de faire. Avec mon frère – qui avait deux ans de moins que moi – on n’en finissait pas d’admirer le petit Jésus, le bœuf et l’âne, Joseph et Marie, les Rois mages, les bergers et leurs moutons, et les santons de Provence. C’était le luxe suprême. On n’avait besoin de rien d’autre. Nous étions au cœur de l’évidence, et l’évidence nous servait de chœur.

Noël est la plus rayonnante des fêtes : lumières, chants, ferveur, cadeaux, joie d’être avec ceux que l’on aime.

Embrasser quelqu’un à Noël, c’est comme embrasser l’espérance. Tout est chargé d’azur, et l’invisible nous regarde.

Même si l’enfant que j’étais ne saisissait pas l’importance de ce mystère, ce mystère me portait en silence, et portait les personnes qui m’entouraient. Le sacré n’est pas autre chose.

Dans ma jeunesse, Noël était sacré, à l’instar de la France.

Certes, Noël est toujours sacré, puisqu’il l’est par essence, mais je crains que la France ne le soit plus, sans quoi elle ne permettrait pas que des voix s’élèvent en son sein pour demander la suppression de la reine des fêtes !

Maurice Vidal

(1) L’odeur d’une mandarine que l’on pèle me replonge encore, le temps d’une seconde, dans cette atmosphère incomparable qu’est la magie de Noël.

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2 Commentaires

  1. Le père Noël nous apportait une orange. Nous devions en faire don à l’église qui la redistribuait aux plus Pauvres. Je me sentais alors riche de ne pas souffrir de manque et d’avoir apaisé des souffrances. Joyeux Noël à tous et à Maurice qui m’a inspirée avec sa mandarine.

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