Non à la banalisation de l’extermination des juifs

Publié le 7 avril 2015 - par - 1 722 vues
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auschwitz20prisonersJe connais l’habitude de Riposte Laïque, qui consiste souvent à laisser paraître un article assez polémique, pour susciter des réactions et approfondir des débats. Au début, j’ai eu du mal à m’y habituer, mais à présent, j’ai compris comment fonctionne votre journal.

Je comprends que l’instrumentalisation des propos de Jean-Marie Le Pen par les gauchistes antisémites puisse irriter nombre de patriotes. Pour autant, je souhaite réagir aux propos de Jean-Louis Burtscher, parus dans un article qui m’a plus qu’irrité, bien qu’il paraisse sous la rubrique « Point de vue ».

http://ripostelaique.com/chambres-a-gaz-je-suis-excede-par-la-nouvelle-affaire-le-pen.html

Quelques exemples :

« les Juifs ne furent pas les seuls tués dans les chambres à gaz » : justement si, à l’exception de quelques milliers de handicapés et quelques milliers de Tziganes, les chambres à gaz nazies ont été utilisées pour tuer 3 millions de Juifs. Et c’est tout. Les Juifs représentent environ 95% de toutes les personnes gazées par les nazis ! Ce qui prouve suffisamment la focalisation sur les Juifs de l’extermination par chambres à gaz !

« On estime à 6 millions ceux à avoir perdu leur vie par ce moyen » : faux, il y a eu 3 millions de personnes gazées par les nazis, pas 6 millions.

« Mais à bien y réfléchir, était-il plus noble de mourir en quelques secondes dans une chambre à gaz  que les 70 millions d’autres auxquels on a pris la vie, écrasés sous les bombes, brûlés par le phosphore, tués par les obus et les balles, dans les tranchées, au bord des routes, morts de famine et d’épuisement dans les prisons et les camps, jetés dans les fosses communes, brûlés dans leurs maisons, morts de faim, de soif, de frayeur, de blessures ».

Propos plus que discutables ! Il y a une différence totale entre le fait d’être pourchassé systématiquement en raison de sa race, avec toute sa famille et ses enfants — et le fait de mourir par malchance dans une guerre, ou tué au combat !

Et jamais les Juifs n’ont dit qu’il aurait été « plus noble » de mourir gazé !!! Les Juifs auraient bien aimé ne pas bénéficier de cet « anoblissement », pour reprendre les termes de  Burtscher !

« Certes, la Shoah a été une chose épouvantable, mais ni plus ni moins que les milliers d’horribles détails qui constituent l’histoire de la Seconde Guerre mondiale. Il n’y a pas de morts meilleurs et plus à plaindre que d’autres. Pourtant, c’est ce qu’on voudrait nous faire croire. »

IL EST TOTALEMENT DIFFERENT d’être systématiquement exterminé en raison de sa race (hommes, femmes et enfants) — et de mourir par hasard tué par une bombe, ou lors de combats ! Seuls les Juifs ont été pourchassés, avec la collaboration d’une partie des populations d’Europe, pour être exterminés.

Et personne, une fois encore, ne prétend qu’il y aurait « des morts plus à plaindre que d’autres » ! Jamais les Juifs n’ont dit cela. 

Dire que « la Shoah a été une chose épouvantable, mais ni plus ni moins que les milliers d’horribles détails qui constituent l’histoire de la Seconde Guerre mondiale« , c’est nier le fait que seuls les Juifs ont été pourchassés en raison de leur race, volontairement, systématiquement — c’est donc participer à la négation de l’antisémitisme nazi et de la mise en oeuvre spécifique du génocide des Juifs.

Aucun autre groupe de personnes en Europe n’a été exterminé systématiquement, hommes, femmes et enfants, comme les Juifs le furent (pas même les Tziganes, dont les nazis se détournèrent après les premiers massacres : 50% des Juifs européens furent exterminés pendant la 2e Guerre Mondiale, contre 20% des Tziganes).

Voilà quelques réalités que nul ne doit nier, et qui répondent au relativisme de Jean-Louis Burtscher. Les Juifs n’ont pas été les seules victimes des nazis, mais ils furent les seuls dont l’objectif avoué des criminels (soutenus par le mufti de Jérusalem) était leur anéantissement et leur extermination totale.

Et cela, je ne crois pas que cela ne soit qu’un détail.

Martin Moisan

 

 

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