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Non, factieux Mélenchon, ce n’est pas la rue qui a vaincu le nazisme

Non, monsieur Mélenchon, le pouvoir ce n’est pas la Rue.

Et la rue n’est pas le peuple, loin s’en faut.

Le pouvoir, c’est le Parlement sorti des urnes.

Le peuple, c’est l’ensemble des 47 millions d’électeurs inscrits.

Vous alignez péniblement 30 à 50000 manifestants. C’est un chiffre ridicule.

Vos soutiens que vous galvanisez, ne représentent en réalité que le millième des votants qui se sont exprimés démocratiquement dans les urnes.

Car le peuple souverain a voté en mai 2017. Son choix est sans appel.

37 millions d’électeurs vous ont relégué à la 4e place. Pas brillant !

Vous ne l’acceptez pas, vous ne vous soumettez pas au verdict des urnes, mais le peuple vous a désavoué et un sondage Odoxa vous explique pourquoi :

58% des Français ont une mauvaise opinion de vous.

66% estiment que vous feriez un mauvais président.

68% vous jugent agressif.

63% pensent que vous jouez “perso”.

Voilà qui a le mérite d’être clair. Mais vous vous comportez comme un factieux, comme le dit très justement Manuel Valls.

La rue n’a aucune légitimité ni aucun pouvoir légal. La rue, c’est le contraire de la démocratie.

La rue, c’est mai 68 et son contre-modèle de société.

Vous semblez vous réjouir que “la rue ait abattu les rois, les nazis, le plan Juppé et le CPE”.

Mais faut-il se réjouir qu’en 1793 la tête de Louis XVI ait roulé sur l’échafaud ?

La Révolution a apporté la liberté, certes. Mais elle a aussi apporté la Terreur et le génocide vendéen.

Pas de quoi magnifier cette sinistre page d’histoire !

Il est vrai qu’on ne vous a jamais entendu condamner votre ami Maduro, qui fait tirer sur le peuple vénézuélien… Et vous osez parler d’un “coup d’Etat social” de Macron ?

Question histoire de France, c’est vous, monsieur Mélenchon, qui devriez revoir  votre copie.

Car ce n’est certainement pas la rue qui a abattu le nazisme, ni à Paris, ni ailleurs.

Le 10 août 1944, les Allemands commençaient à plier bagages.

Le général Koenig, commandant les FFI, souhaitait un soulèvement populaire.

Mais il se ravisa après la terrible répression qui s’abattit sur la résistance polonaise, lors de l’Insurrection de Varsovie, le 1er août 1944.

Prudence louable pour éviter un bain de sang du peuple parisien.

Il fallut donc attendre l’arrivée de Leclerc le 25 août pour chasser les nazis.

J’ajoute que le nazisme fut liquidé dans les steppes glaciales de Russie, où Hitler a englouti  80% de son armée, tout comme Napoléon 130 ans plus tôt.

Ensuite, vous vous réjouissez d’avoir fait reculer Juppé sur sa réforme des retraites en 1995 et Villepin sur le CPE en 2006. Là encore, mauvaise pioche !

Les conséquences du renoncement à ces réformes sont éloquentes :

Les caisses de retraite sont en faillite faute d’avoir traité le problème à temps.

Et si en 2006 il y avait 20% de chômeurs chez les moins de 25 ans, ils sont aujourd’hui 25% sans emploi ! Où est donc la victoire de la rue ?

Le Contrat de première embauche était un bon projet pour aider les jeunes à entrer sur le marché du travail. Mais l’idéologie de gauche ne sait que détruire.

Voilà où mène systématiquement le blocage de la rue. A la faillite et au chômage.

La rue, c’est la démagogie et la violence. C’est le recul quand les autres avancent.

La liberté de manifester ne doit pas être une entrave à la liberté de circuler et de travailler, comme l’ont toujours fait les ultras de la contestation.

La France n’est pas une dictature, par conséquent elle n’a pas besoin d’une révolution comme les printemps arabes, qui ont davantage détruit que protégé le peuple.

Ce que vous défendez monsieur l’insoumis, c’est le refus de l’ordre, du droit, du verdict des urnes, et même le refus de la vérité !

Ce que vous tentez d’obtenir, en aiguillonnant les étudiants, les routiers, les syndicats, c’est un mai 68 puissance 10 pour fédérer tout ce que la France comprend d’anti démocrates.

Votre modèle, c’est l’Alliance bolivarienne créée par Castro et Chavez, deux leaders révolutionnaires qui ont ruiné leur peuple !

Beau programme !

Jacques Guillemain