Non, halal et casher ce n’est pas la même chose, professeur Mouthon !

Publié le 27 mai 2013 - par - 28 131 vues
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Samedi dernier a eu lieu une journée exceptionnelle sur le halal. Merci et bravo à Alain de Peretti de l’avoir et permise    et organisée. J’invite chacun d’entre vous à en écouter les enregistrements sur Vigilance halal. Même ceux qui croient tout savoir du halal seront    étonnés du nombre de choses qu’ils ignoraient !

Je m’arrêterai aujourd’hui néanmoins sur une des interventions qui m’a quelque peu gênée par son parti-pris de renvoyer dos à dos halal et casher, celle du professeur Mouthon. On peut la réécouter ici, juste après la fin de la présentation par Alain de Peretti.

Bien entendu je ne remets pas en cause l’ensemble de la prise de parole du professeur fort intéressante, au contraire, il y a notamment évoqué la souffrance des animaux, les risques sanitaires terribles qui mettent en danger la vie de nos enfants et le rappel des textes officiels.

Il n’empêche…

Ce n’est pas l’abattage halal qui est soutenu, c’est l’abattage casher

Les campagnes halal sont financées par des organisations israélites ” et, lors des questions posées à la suite de son intervention ” Il y a à peu près autant d’abattage casher que d’abattage halal en France“.

Je signale en passant cette énormité entendue également : ” Le halal c’est comme le voile, une simple pratique. Je vous signale que dans la religion catholique les femmes étaient obligées de mettre un voile dans les églises.”  Ce sujet n’est pas mon propos mais montre à mon sens un désir de relativiser tout ce qui est lié à l’islam de la part du professeur qui pose question, comme je le lui ai fait remarquer après son intervention. Parce que, tout de même, évoquer le voile dans une intervention vétérinaire sur le halal et mettre sur le même plan un voile imposé à toutes les femmes pour les cacher, parce qu’elles sont considérées comme des diablesses entraînant à la lubricité et le foulard indiquant du respect dans un lieu sacré, c’est un peu fort de café et cela entache sérieusement le reste !

Je dois avouer que la première affirmation prétendant que nos élites défendraient le halal pour préserver le casher me laisse pantoise. Il y a toujours eu des juifs… et du casher en France, sans que cela pose question. Environ 600.000 juifs en France, dont seulement soixante à quatre-vingt dix mille mangent casher, présents depuis des siècles dans notre pays sans que cela pose problème, puisqu’il n’y a nul prosélytisme juif et qu’ils n’ont jamais demandé du casher ni    du “sans porc” dans les cantines… Il y avait un seul abattoir casher, avec un religieux qui venait vérifier que la bête avait été sacrifiée correctement. Effectivement l’arrrière des bêtes, non conforme, se retrouvait dans le commerce traditionnel et vendu sans étiquetage “casher”. Seulement, le faible nombre de bêtes concernées devait donner à un pourcentage infime des Français l’occasion de manger casher sans le savoir. Ce qui est inacceptable, on en est bien d’accord, mais ne peut justifier le renvoi dos à dos du casher et du halal. D’autant que le casher est    bien plus cher que le halal (voir lien ci-dessus).

D’ailleurs, en écoutant à nouveau l’intervention du professeur Mouthon je me suis rendu compte qu’il ne cesse d’évoquer les rabbins… pas un mot des imams ! Au    moment où Moussaoui, Président du Conseil Français du Culte Musulman, vient, devant la commission qui se penche sur la question, de prétendre que l’égorgement provoque moins de souffrances que la mort après étourdissement et qu’il n’était pas question de renoncer  aux dérogations dont le halal bénéficie… (Le Professeur Mouthon nous a au contraire affirmé qu’il n’y avait pas de souci pour convaincre les musulmans et que la mosquée de Paris acceptait le principe de l’étourdissement… ). Et ce sont bien les musulmans qui évoquent    le chantage économique pour dissuader les membres du Sénat de voter la proposition de loi imposant l’étiquetage de la viande provenant d’abattage rituel. Ils mentent délibérément : si effectivement il y avait étiquetage cette viande qui est “refourguée” dans les circuits traditionnels ne serait plus vendue, ce qui ferait    considérablement augmenter le coût des viandes casher et halal. Cette dernière deviendrait un produit rare, de luxe, et la barbarie disparaîtrait, de fait, de notre pays, au lieu d’être généralisée puisque tuer selon l’abattage rituel est plus rapide et donc plus rentable pour les dirigeants d’abattoir. Et peu importe que les animaux soient découpés vivants et conscients… parce que c’est ça la réalité d’un animal égorgé qui met entre 2 et 14 minutes à mourir. Temps qu’on ne lui donne pas, comme cela a été fort bien rappelé samedi dernier par le vétérinaire Yves Lahiani dans une très brillante intervention.

On rappellera au professeur Mouthon que Frédéric Lefebvre, secrétaire d’Etat au commerce de Sarkozy avait explicitement refusé l’étiquetage afin de ne pas  “stigmatiser les musulmans”.

On lui rappellera également que prétendre qu’il y a autant de casher que de halal en France est une énormité. Entre 10 à 15 % des juifs mangent casher pour 90% des  6 à 10 millions de musulmans qui mangent halal – 9 sur 10    affirment consommer des produits halal selon le Point n° 1978  du 12/8/2010 p.68- soit 5 à 9 millions… Quant aux petites annonces de pôle emploi réclamant des    sacrificateurs musulmans qui se multiplient, c’est sans doute une vue de l’esprit…

Bref, la réalité c’est que personne n’ose dire non à l’islam (voile, halal, mosquée, -les prières dans les rues et les nikab c’est sans doute encore un coup des    juifs, monsieur le professeur ? – et qu’on cherche des responsables d’une manière fort irresponsable qui rappelle l’argumentation de Soral et ses séides.

Deuxième affirmation du professeur Mouthon. La campagne Fièrement halal aurait été faite – et donc financée a priori – par la marque Isla Délice qui ne fait que du    halal et qui se revendique du partenariat de la Grande Mosquée de Lyon sur son site. Isla Délice fait partie de la société Zaphir, qui appartient à Jean-Daniel Herzog, qui est juif. Je n’ai quant à moi rien trouvé concernant des organisations israélites (si elles existent il appartient au professeur Mouthon d’en faire la preuve). Je déduis donc de tout cela que c’est la présence de Jean-Daniel Herzog à la tête de Zaphir qui a amené cette affirmation étonnante.

J’aimerais comprendre comment on peut utiliser le fait qu’un chef d’entreprise juif, sans conscience, et avec une mentalité de dhimmi, ait compris l’importance du    marché du halal pour faire de l’argent pour affirmer que “la campagne pro-halal est financée par des organisations israélites“. Je trouve cela non seulement énorme mais malhonnête de la    part du professeur Mouthon qui, interpellé sur le sujet, a juste dit que c’était un autre professeur (dont je n’ai pas retenu le nom) qui l’avait dit.  Et le professeur Mouthon répète    inconsidérément ce qu’il a lu, sans l’avoir vérifié, sans être capable de le prouver, et ce, dans une intervention préparée…Un peu gênant, non ?

Christine Tasin       

Post-scriptum. On ajoutera que si l’abattage casher doit, pour nous, être interdit au même titre que l’abattage halal, il y a dans la pratique même, une énorme    différence que l’on peut lire sur wikipedia et qui confirme toutes les informations que j’ai reçues de différentes    sources.  L’abattage casher fait bien moins souffrir l’animal que le halal parce que, dans le rite juif, le sacrificateur apprend son métier, qu’il doit avoir un couteau spécifique    particulièrement bien affuté afin de couper d’un seul coup tandis que dans le halal il suffit d’être musulman pour être chargé de la chose… pour ne pas parler de l’abattage en série qui prévaut    !

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