Non, Hollande, la France n’est pas davantage responsable de la rafle du Vel d’Hiv que des assassinats de Merah (suite)

Comme prévu, Normal 1er, l’homme qui demande pardon au nom de la France plus vite que son ombre (sans doute le souvenir de sa vie passée avec Ségolène Royal, qui passait son temps à s’excuser au nom du peuple français) a rejoint ce matin le discours de Chirac, et tourné le dos à celui de Mitterrand.

http://christinetasin.over-blog.fr/article-il-a-ose-ce-crime-a-ete-commis-en-france-par-la-france-108397073.html

A lire aussi le remarquable texte de Paul-Marie-Couteaux, au nom du Siel.

En déclarant que la rafle dite du Vel d’Hiv du 17 juillet 1942, fut « un crime commis en France par la France », le Président de la République contrevient à la vérité historique que pourtant il invoque : si ce crime fut commis sur la territoire national, comme tant d’autres le furent sous l’Occupation, et si la police parisienne était à la botte de l’Occupant, la responsabilité de ce crime n’est nullement imputable à la France. Aucune des autorités que reconnaissaient alors les Français, celle de Vichy pas plus que celle de Londres ne gouvernait la zone occupée. Faut-il rappeler que, odieux rouage de la folie criminelle que l’impérialisme allemand imposait alors à presque toute l’Europe, le général Oberg, commandant la place de Paris, avait ordonné à la police parisienne, dont les agents étaient arrêtés ou instantanément fusillés s’ils n’obéïssaient pas, la livraison de 25 000 juifs étrangers réfugiés en France mais que des policiers français ont, au péril de leur vie, supprimé des fichiers ou prévenu dans la nuit des milliers de familles juives, en sorte que la moitié de ce qu’exigeait l’Occupant furent arrêtés ? Faut-il rappeler que c’est la France qui accueillit le plus grand nombre de réfugiés de confession juive, et en France qu’en furent sauvés le plus grand nombre ?

M. Hollande ignore l’Histoire, à la différence de François Mitterrand et Charles de Gaulle qui la connaissaient assez pour avoir toujours refusé de commémorer des faits qui ne sont pas davantage de la responsabilité de la France défaite que ne le furent les atrocités commises par l’Occupant sur le sol national. A force de mensonges et de repentances controuvées, une part croissante de notre peuple s’accuse de crimes qui ne lui sont nullement imputables, érodant sa mémoire, par là sa fierté, par là sa volonté. Jusqu’où les grands prêtres de l’abandon national, oubliant l’héritage du Général de Gaulle, renouant avec les traditions politiques du radicalisme et du pacifisme qui furent responsables du désarmement de la République face au péril nazi, iront-ils pour dédouaner l’Allemagne des horreurs qu’elle a commises et en accabler la France ? Jusqu’où iront-ils pour désarmer la confiance des Français en la France, et les soumettre aux hégémonies nouvelles d’une construction européenne à direction allemande -et d’ailleurs de plus en plus équivoque ?

Il y a une semaine, j’avais écrit un texte (voir ci-dessous) qui m’a valu, ainsi qu’à Pierre Cassen, en tant que responsable de RL, quelques courriers vengeurs, voire parfois insultants, de la part de membres de la communauté juive. Pour illustration, je vous mets, ci-dessous, le texte d’un lecteur, qui sommait Pierre de lui répondre, et sa réponse.

Pierre Cassen approuve-t-il Lucette Jeanpierre ?

Monsieur,

L’article que j’incrimine ici n’étant pas le fait d’un de vos lecteurs mais d’une de vos collaboratrices, c’est d’abord à vous que je m’adresse.

« La France n’est pas davantage coupable de la déportation du Vel d’Hiv que des assassinats de Merah »

Donc ce n’était pas l’Etat français en France de 1940-44, ce n’était pas l’assemblée nationale, ce n’était pas la police française qui a arrêté mon grand-père maternel médaillé de 14-18 et qui l’a livré aux Allemands qui l’ont tué, ce n’était pas l’Etat français qui a déporté les Juifs, volé ma famille de tous ses biens, c’était selon Mme Lucette Jeanpierre la faute  l’occupant… Revoyez les images de Mitterand refusant avec des paroles menaçantes de reconnaître la réalité de la culpabilité de l’Etat français, les faits sont têtus et Chirac a apaisé des douleurs réelles pour nombre de familles françaises et pas que françaises. Alors dans le désir de refuser la repentance dite coloniale, mettre tout dans le même sac d’une plume lourdement  inconséquente, c’est manier l’équivoque, c’est caricatural jusqu’au ridicule achevé, et c’est offenser la résistance, la vraie qui s’est sacrifiée pendant les années noires. C’est con à un point que je vous demande de me rassurer quant à une telle tromperie : est-ce seulement ridicule ou l’approuvez-vous ?

Danste

REPONSE DE RL

Cher Monsieur,

Vous me posez une question précise, me sommant presque de me démarquer de la contributrice de RL Lucette Jeanpierre. Entendons-nous bien, d’abord, afin de lever toute ambiguïté, dans ce débat, il n’y a pas les méchants, qui refusent de reconnaître la responsabilité de l’Etat français, et les gentils, qui demandent pardon. Il n’y a pas ceux qui ont du cœur, et ceux qui n’en ont pas. Je connais nombre de personnes qui, comme vous, ont perdu des membres de leur famille, qui ont eu des ancêtres résistants, et qui ne partagent pas le point de vue de Jacques Chirac ou de Christiane Taubira pour autant. Donc, évitons les intimidations manichéennes.

Je considère que l’Etat français pendant le régime de Vichy était un Etat de fait, non un Etat de droit, et par conséquent les actes qu’il a accomplis n’engagent pas la France. En effet ce régime n’avait aucune légitimité puisque  la loi du 10 juillet 1940 par laquelle l’assemblée nationale (à l’époque on appelait ainsi la réunion de la chambre des députés et du sénat) a délégué ses pouvoirs à Pétain pour élaborer une nouvelle constitution, n’a pas été respectée.

Elle prévoyait que la nouvelle constitution serait ratifiée par la nation, et appliquée par les assemblées qu’elle aurait créées.  Or Pétain une fois en possession des pleins pouvoirs les a utilisés pour gouverner seul, n’a jamais élaboré de constitution (sauf 12 actes « constitutionnels » disparates), n’a jamais consulté la nation, n’a jamais créé la moindre assemblée. En outre le vote du 10 juillet 1940 devenait rétroactivement illégal puisque le régime qui s’en était suivi n’était pas républicain, or la constitution de 1875 interdisait que l’on remette en cause la forme républicaine du régime par une modification constitutionnelle.

Dès lors on était en présence d’une sorte de coup d’état suivi d’une dictature, sous la protection implicite des troupes allemandes.

Si on adopte ce point de vue, on considère que les réparations qui ensuite ont été accordées aux Juifs à partir de 1999  l’ont été au titre de la solidarité nationale sans qu’il y ait reconnaissance de responsabilité, encore moins de culpabilité, un peu comme on le fait vis à vis des victimes d’infractions qui sont parfois indemnisées par la collectivité dans un premier temps.

Par ailleurs, vous savez sans doute aussi bien que moi dans cette période, certains policiers se sont comportés comme les pires salauds, et que d’autres, quand ils le pouvaient, prévenaient les familles qui allaient prochainement arrêtées.

Si je devais faire une comparaison, si d’ici deux générations, notre pays tombait sous la loi de la charia (ce qui hélas n’est pas une hypothèse totalement exclue) des policiers et des juges français feraient appliquer ces lois (certains avec empressement), et agiraient de manière aussi ignoble vis-à-vis de vos enfants ou des miens que les policiers français avec votre famille. Cela rendrait-il la France pour autant responsable, et pourrait-on considérer que la charia, ses lapidations de femmes, ses exécutions de juifs et d’homosexuels, etc. c’est encore la France et ses valeurs démocratiques et laïques ?

Je vous invite enfin à lire cette contribution de Pierre Lefranc, ancien combattant de Bagnolet, et de sa remarquable conclusion.

Déclarer aujourd’hui que Vichy était la France c’est insulter la nation et les victimes qui ont payé pour son salut, et l’on ne peut que déplorer que de très hautes instances de l’Etat aient cru bon de rappeler la noire entreprise de Vichy, en paraissant lui reconnaître une légitimité. Ceux qui se sont réjouis d’une telle inutile et malencontreuse réhabilitation, au point de qualifier de « bonne nouvelle », ne refusent pas l’abaissement de leur pays et ne portent sans doute pas en eux la certaine idée de la France qui pousse les victimes des dictatures à chanter La Marseillaise avant de tomber.

J’ignore si je vous ai convaincu, mais j’ai répondu avec le maximum de sincérité à votre vive interpellation.

Bien à vous,

Pierre Cassen

TEXTE DE LUCETTE JEANPIERRE PUBLIE LE 16 JANVIER

Nous sommes dans une période où on attribue à la France tous les crimes du monde, et où notre pays est sommé de s’excuser en permanence, souvent par les pires dictateurs. En 1995, Chirac osait reconnaître la responsabilité de la France, pourtant occupé et qui avait donc perdu sa souveraineté, dans la rafle du Velodrome d’Hiver du 16 juillet 1942, il y a juste 70 ans aujourd’hui.

Pourtant son prédécesseur, François Mitterrand, exprimait, en des termes très vifs, sa totale hostilité à ce qu’il appelait des revendications qui exprimaient un discours de haine de la France.

[dailymotion xi9jxy]

http://www.dailymotion.com/video/xi9jxy_mitterrand-puis-chirac-face-a-la-rafle-du-vel-d-hiv_webcam

Sans surprise, la ministre de gôche francophobe Taubira, ce matin, a rendu hommage non pas au président de son camp, mais à Jacques Chirac. Qu’en pense Normal 1er, et que dit notre gouvernement du fait que, grâce à ses disciples qui sévissent dans l’Education nationale depuis plus de trente ans, aujourd’hui, 60 % des Français de moins de 35 ans ne savent rien de cet événement ?

Il est intéressant de constater que ceux qui exècrent la France s’empressent de lui faire porter des responsabilités qui ne sont pas les siennes. Qui a oublié la démarche de l’ancien candidat francophobe écolo Alain Lipietz, qui a traîné devant les tribunaux la SNCF, accusée d’avoir convoyé son père durant les années 1940 !

Dans le même registre, nous avons eu droit à un couplet de Laurent Joffrin, qui faisait un parallèle sordide entre l’antisémitisme historique qu’il attribuait à la France et les crimes de Mohamed Merah, en oubliant évidemment d’évoquer le poids de l’islam dans ces actes.

Faut-il rappeler que l’idéologie du régime de Vichy, qui a sévi sur notre sol, il y a soixante-dix ans, et la barbarie islamiste, qui s’y implante, ne représentent absolument pas les valeurs de la République, ni celles de la France. Elles sont, dans le premier cas, le fruit d’une défaite militaire, et d’une perte de souveraineté, dans le deuxième cas, la conséquence d’une politique immigrationniste irresponsable, qui, en s’appuyant sur un lent grignotage de nos valeurs et sur la démographie, entend imposer à notre pays une dictature barbare, sans avoir besoin d’une occupation militaire.

Faut-il rappeler également qu’Adolf Hitler était fasciné par l’islam, et que Mein Kampf demeure un best seller dans les pays arabo-musulmans, qui ont rendu hommage récemment au négationniste Roger Garaudy. Donc, pas davantage Vichy que Merah, unis par le même antisémitisme, ne représentent la France.

Notre pays, n’en déplaise aux apôtres de la repentance, n’avait pas davantage à présenter, hier, des excuses pour la rafle du Vel d’Hiv qu’il n’en a, aujourd’hui, à présenter aux dictateurs algériens, et encore moins aux égorgeurs islamistes et à leurs adeptes qui sévissent aujourd’hui, tel des Merah, sur notre territoire.

Lucette Jeanpierre

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