Non, M. Barettapiana, Riposte Laïque n’a pas à nuancer son discours sur l’islam

Publié le 22 mai 2014 - par - 1 310 vues
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Les analyses de cet article sont fondées sur des « suppositions » historiques inexactes et / ou simplificatrices, selon les cas, en partant d’une Gaule « gauloise » originelle, qui relève du fantasme : notamment les Celtes ou Gaulois sont des envahisseurs arrivés, entre autres, sur le territoire de la France actuelle, quelques siècles seulement avant l’ère du Christ, et il y avait déjà du monde sur place, dans le sud de la Francs, par exemple et en bref, les Ibères à l’ouest et les Ligures à l’est.

Le parallèle entre la France actuelle face à la poussée islamique et « la Gaule » face aux invasions franques, est infondé, notamment, d’une part, parce que « la Gaule » envahie par les Germains avait été antérieurement colonisée par les Romains, et n’était plus la Gaule à proprement parler, d’autre part, parce que les Francs n’étaient pas porteurs, ni d’une religion, ni d’un mode de vie, qu’ils voulaient imposer à tout prix.

En fait, les envahisseurs Francs plutôt que d’être des assimilateurs ont été des assimilés, la preuve en est que les Francs à leur arrivée n’étaient pas chrétiens et qu’ils le sont devenus, au contact des populations (« conquises par eux », sic ) gallo-romaines déjà présentes et DÉJA largement christianisées.

Il en fut de même d’ailleurs pour les Burgondes, les Wisigoths et autres Ostrogoths, idem plus tard pour les Vikings, les Vandales eux, ne se sont pas arrêtés et sont allés plus loin et les Huns sont retournés d’où ils venaient.

Le parallèle entre la propagation actuelle de l’Islam en Europe avec l’implantation du Christianisme en Europe au début du 1er millénaire, n’a pas de sens, notamment la religion Chrétienne s’est répandue, par la conversion consentie, grâce à quelques poignées de prédicateurs, au comportement exemplaire, et non pas par l’arrivée massive de population exogène.

Le parallèle entre les victimes de l’Inquisition et les massacres islamiques, n’est pas pertinent, notamment parce que l’Inquisition ne s’exerçait qu’à l’encontre des chrétiens, alors que les massacres islamiques n’étaient pas « réservés » aux seuls musulmans, bien au contraire.

Le fait que s’ajoutaient à l’Inquisition, les persécutions sporadiques à l’égard des juifs, n’a pas pour effet de valider ce parallèle.

Au demeurant, tant qu’à rechercher des similitudes entre Christianisme et Islam, il faudrait aussi faire des comparaisons en nombre de victimes, et il suffit de rappeler que le total des victimes de l’Inquisition sur plusieurs siècles et sur la Terre entière (Europe et Amérique Latine surtout ) est inférieur à celui des seules victimes de la Terreur lors de la Révolution Française, pour avoir une idée des ordres de grandeur dont il s’agit.

Alors qu’il est évoqué couramment des pourcentages de 50% de la population passée au fil de l’épée lors de certaines conquêtes musulmanes, par exemple en Afrique du Nord.

Ou encore, autre exemple significatif, la réduction d’individus chrétiens dans un esclavage particulièrement abject, notamment pour les femmes, au moyen d’enlèvements parmi les populations européennes, dont le nombre pour les seules rives du Nord de la Méditerranée occidentale, pour la période de 1530 à 1780, par les Barbaresques, est estimée à 1 250 000 personnes.

Or, aucune mise en servitude de cette nature par le Christianisme n’est à déplorer, même durant les Croisades, qui d’ailleurs, a bien des égards apparaissent comme une aimable plaisanterie, sauf sans doute à l’encontre des chrétiens de Constantinople.

Quant à la traite Transatlantique, outre qu’elle a fait l’objet de contestation de principe en Occident, dés l’origine au 16eme siècle (controverse de Valladolid, actions de l’évêque de Cuba, Las Cases, bulle du Pape Paul III Farnése ), elle a été surpassée par la traite arabo-musulmane qui a duré 3 fois plus longtemps, tant sur le plan quantitatif en raison du nombre de victimes, que sur le plan qualitatif, si l’on peut dire, en raison du sort subi par les victimes survivantes, systématiquement la castration pour les hommes et l’esclavage sexuel pour les femmes. De surcroit, ces pratiques n’ont jamais été condamnées par aucune des autorités musulmanes, muettes sur ce sujet.

Par ailleurs, il est faux d’attribuer, les différences entre les langues d’oil et les langues d’oc aux apports de la « phonétique germanique ».

En effet, selon les études sur ce sujet, pour l’essentiel, l’origine des différences entre ces deux parlers proviendrait des substrats de populations anté-celtique, et non pas des superstrats ultérieurs, dont les Francs. Ce qui donne à penser, que les apports de populations franques n’étaient pas assez suffisants pour modifier fondamentalement les idiomes utilisés avant leur arrivée.

S’agissant des périodes de jeûne prescrites par les religions, il y a lieu d’observer que les anciennes prohibitions alimentaires du carême chrétien, qui étaient variables tant en nature qu’en durée selon le sujet concerné (laïc baptisé, prêtre, moine, etc. ), correspondaient uniquement à une symbolique ayant pour objet de permettre aux fidèles de communier avec les souffrances endurées par le Christ.

Aucune interdiction absolue, aucun aliment n’était interdit comme « mauvais », au  contraire c’est ce qui était sensé être le meilleur qu’on devait provisoirement supprimer dans un esprit de sacrifice. Ainsi à certains moments la consommation de certains aliments réputés gratifiants, comme la viande, était « suspendue » en mémoire de « celui qui est mort sur la Croix ». Actuellement ne subsiste plus, dans le rite Catholique Romain, que la prohibition de la viande pour le seul Vendredi Saint.

Les prohibitions alimentaires dans les religions juives et musulmanes ne relevant pas du tout de cette symbolique  du sacrifice et de la communion,  et étant permanentes et absolues, faire un rapprochement avec celles, circonstancielles et momentanées, des cultes chrétiens, est tout à fait inapproprié.

Par ailleurs, aucune religion n’interdit la consommation de la viande de cheval.

Enfin, et surtout, la civilisation qui prévaut jusqu’ici en Europe, et en France en particulier, est le résultat  d’un lent et long brassage de populations successives et diverses, échangeant au fil du temps les unes avec les autres, et se fondant entre elles, s’enrichissant mutuellement, qui s’est étendu sur plus d’un millénaire, et même si, bien sûr, il y a eu souvent de rudes moments et d’innombrables affrontements meurtriers, cela n’a rien à voir avec l’extension rapide du Monde Musulman qui a été réalisée par la seule force guerrière en guère plus d’un siècle, jamais par des prédicateurs affables et bienveillants, en imposant, dans le cas de survie, la soumission par une assimilation brutale, ou à défaut un statut inférieur et humiliant.

C’est pourquoi donner à croire que toutes les religions se valent est une ineptie et il n’est pas besoin d’être croyant en l’une d’elles pour le penser.

La laïcité c’est « rendre à Dieu ce qui est à Dieu, et à César ce qui est à César » et une religion qui n’admet pas ce principe, c’est d’abord une idéologie.

Pierre Mazers

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