Non, Monsieur Fillon, vous ne pouvez pas vous débiner sur les minarets

Monsieur le Premier Ministre,
Vous avez déclaré lors de votre intervention à l’Institut Montaigne le 4 décembre : « Quant aux minarets, qui sont d’ailleurs assez peu nombreux en France, je dis simplement qu’ils doivent s’inscrire de façon raisonnable et harmonieuse dans notre environnement urbain et social. Et la meilleure façon qu’ils le soient, c’est de faire confiance pour cela aux maires de nos villes. »
Cette manière de botter en touche me rappelle hélas celle des gouvernements, de gauche comme de droite, d’avant la loi du 15 mars 2004 sur la laïcité dans les écoles, collèges et lycées publics : face à l’offensive du voile islamique, ils disaient en substance aux proviseurs et aux enseignants : débrouillez-vous ! Ceux-ci se virent alors harcelés sans cesse à des militants et militantes du foulard islamique, encadrés par des imams et des avocats, et les sulfureuses et encombrantes « affaires du voile » se multiplièrent dans nos établissements.
Voulez-vous mettre nos maires dans la même situation ?
Ignorez-vous que les Français auraient certainement voté comme les Suisses, selon un sondage de l’IFOP (1) qui dit que 46% des Français sont « favorables à l’interdiction de la construction de minarets, c’est-à-dire les tours situées à côté des mosquées », contre 40% qui y sont « opposés » ?
Certes, Canal + a allumé un contre-feu en publiant un sondage BVA qui dit que « les Français voteraient à 55% contre l’interdiction de la construction des minarets » (2), mais en utilisant tout simplement l’astuce d’étendre son échantillon aux 15-18 ans qui n’ont pas le droit de vote, et qui sont hélas bien endoctrinés dans le « politiquement correct » !
Ignorez-vous tous les sondages en lignes effectués par des médias en ligne en France et en Europe, qui vont tous dans le même sens, quelle que soit la sensibilité politique des sites (3) ?
Vous ne pouvez pas non plus ignorer les nombreux projets de mosquées avec minarets en France (4), en particulier à Strasbourg, et à Marseille où le minaret lancera l’appel à la prière par un faisceau lumineux.
Monsieur le Premier Ministre, comment pouvez-vous garantir qu’après l’appel « lumineux » à la prière, ces minarets n’auront jamais un muezzin ou un haut-parleur à leur sommet pour tonitruer cet appel en arabe, alors que c’est la fonction principale d’un minaret ?

Vous n’apportez aucune assurance sur ce point, car si vous pouviez l’assurer, que faites-vous en sorte que la complaisance anti-laïque de monsieur Vaillant, Maire du 18ème arrondissement – qui adoube l’occupation de la voie publique chaque vendredi pour la « prière » islamique (5) – ne soit pas suivie d’une réaction de l’autorité préfectorale ? Car c’est bien le rôle de votre gouvernement – l’exécutif en République française – de faire rappeler et exécuter par les préfets les exigences de la loi des hommes, au lieu de laisser un service d’ordre religieux s’emparer d’un pouvoir régalien de police. Votre silence – et celui de tous les ministres de votre gouvernement – sur ces atteintes au vivre-ensemble vous rend complice de ces « pasdarans » parisiens et du maire du 18ème arrondissement parisien.
Vous ne pouvez ignorer que le débat sur les minarets divise votre propre majorité UMP, et que si le maire de Marseille accepte un minaret géant, celui de Nice s’oppose à tout minaret dans sa ville (6).
Allez-vous laisser les conseils municipaux se déchirer sans cesse sur cette question, dont l’actualité nous montre qu’elle ne laisse pas indifférents nos concitoyens ? Voulez-vous que des musulmans multiplient à nouveau des coups de force contre les élus et les mairies, à coup d’occupations, de séquestrations ou de prières publiques, comme ils l’ont déjà fait à de nombreuses reprises pour « exiger » des mosquées ?
J’aurais aimé plus de courage de votre part, et une meilleure écoute des inquiétudes des Français.
A défaut, puisque vous renvoyez la patate chaude aux maires, j’invite ceux d’entre eux qui sont confrontés à des projets de mosquées ou de minarets de consulter leurs administrés par référendum local. C’est d’ailleurs ce qui se passait en Suisse avant la « votation » fédérale.
Cela peut se faire très simplement. Les musulmans peuvent proposer quelques projets de mosquées, avec ou sans minarets, et les citoyens pourront choisir le projet qui leur paraît le mieux « s’inscrire de façon raisonnable et harmonieuse dans l’environnement urbain et social » de leur ville, ou faire le choix de refuser tous les projets proposés.
Voilà ce que vous auriez pu faire : rendre la parole au peuple, dans nos villes et nos campagnes, au lieu de mettre les maires dans l’embarras, coincés entre les inquiétudes populaires et les pressions coercitives de certains groupes religieux. Ca s’appelle la démocratie.
Veuillez agréer, Monsieur le Premier Ministre, mes salutations citoyennes.
Roger Heurtebise
(1) Sondage-minaret.pdf ; sondage réalisé du 1er au 2 décembre 2009, échantillon de 983 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.
(2) http://www.google.com/hostednews/afp/ : « Le sondage BVA a été réalisé auprès d’un échantillon représentatif de la population française de 995 personnes âgées de plus de 15 ans »
(3) tsunami-anti-minarets-en-europe-les-sondages-en-ligne-se-suivent-et-se-ressemblent/
(4) http://www.islamisation.fr/archive.html
(5) daniel-vaillant-si-ces-musulmans-prient-dans-la-rue-c-est-pas-pour-le-plaisir.html
(6) http://www.youtube.com/watch?v=A8WcQQhlOWo

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