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Nord Stream 1 et 2 détruits : à part les Américains, qui y a intérêt ?

Décidément, les médias occidentaux prennent vraiment leurs lecteurs pour des imbéciles. Voici deux mois ils annonçaient que la Russie se bombardait elle-même à la centrale de Zaporozhe, maintenant la Russie fait sauter son propre gazoduc.

Et non contente d’en saboter l’un, elle s’en prend aux deux ! Mais à qui espèrent-ils faire gober un tel narratif ? Il est vrai que les moutons sont tellement bien habitués à avaler des couleuvres de plus en plus grosses que plus rien ne peut nous étonner de leur part. Et puis, c’est bien connu… plus c’est gros, mieux ça passe !

Examinons les faits…

Une forte chute de pression s’est d’abord produite sur le gazoduc d’exportation Nord Stream 2 qui n’est pas en service. L’incident s’est produit de nuit, dans la zone économique exclusive danoise au sud-est de l’île de Bornholm. Plus tard, l’autorité maritime danoise a signalé une fuite de gaz non loin de l’île de Bornholm.

Puis c’est sur le gazoduc de Nord Stream 1, au large du Danemark et de la Suède que des fuites se sont fait jour.

« Ce soir, les opérateurs du centre de contrôle Nord Stream 1 ont enregistré une baisse de pression sur les deux lignes du gazoduc. Les raisons sont en train d’être déterminées », a annoncé le 26 septembre Nord Stream AG, l’opérateur du gazoduc.

Soyons lucides, si la Russie voulait couper définitivement l’arrivée du gaz à l’UE, il lui suffirait de fermer le robinet au départ. Rien de plus. Elle n’aurait pas besoin du prétexte de rendre inopérant ses deux gazoducs, surtout en les sabotant, ce qui va en outre lui coûter un pognon de dingue pour les réparer.

Par contre, si l’on se penche sérieusement sur les accidents qui viennent de se produire, nous pouvons constater que les fuites se sont produites – comme par hasard – dans des eaux neutres, hors des eaux territoriales, près de la zone économique exclusive du Danemark pour les premières et dans celle de la Suède pour les secondes. Là où il y a à peine 48 heures, des experts ont enregistré une activité accrue de drones d’origine inconnue sur le plateau continental norvégien. Bizarre, non ?

En outre, l’institut sismique suédois évoque de son côté deux explosions sous-marines « très probablement dues à des détonations » enregistrées à proximité des sites des fuites des gazoducs Nord Stream 1 et 2 peu avant leur détection. Or, on ne peut pas considérer la Suède comme pro-russe !

Dans un communiqué, la Première ministre danoise Mette Frederiksen indiquait « qu’il est difficile d’imaginer que c’est accidentel et qu’un sabotage ne doit pas être exclu ».

Mais à quoi pourrait bien servir ce sabotage ? Pour le comprendre il faut se référer à l’article 5 du règlement de l’OTAN.

L’article 5 stipule que si un pays de l’OTAN est victime d’une attaque armée, chaque membre de l’Alliance considérera cet acte de violence comme une attaque armée dirigée contre l’ensemble des membres et prendra les mesures qu’il jugera nécessaires pour venir en aide au pays attaqué.

Article 5
« Les parties conviennent qu’une attaque armée contre l’une ou plusieurs d’entre elles survenant en Europe ou en Amérique du Nord sera considérée comme une attaque dirigée contre toutes les parties, et en conséquence elles conviennent que, si une telle attaque se produit, chacune d’elles, dans l’exercice du droit de légitime défense, individuelle ou collective, reconnu par l’article 51 de la Charte des Nations Unies, assistera la partie ou les parties ainsi attaquées en prenant aussitôt, individuellement et d’accord avec les autres parties, telle action qu’elle jugera nécessaire, y compris l’emploi de la force armée, pour rétablir et assurer la sécurité dans la région de l’Atlantique Nord.
Toute attaque armée de cette nature et toute mesure prise en conséquence seront immédiatement portées à la connaissance du Conseil de sécurité. Ces mesures prendront fin quand le Conseil de sécurité aura pris les mesures nécessaires pour rétablir et maintenir la paix et la sécurité internationales. »

Cet article est complété par l’article 6, selon lequel :

« Pour l’application de l’article 5, est considérée comme une attaque armée contre une ou plusieurs des parties, une attaque armée :
– Contre le territoire de l’une d’elles en Europe ou en Amérique du Nord, contre les départements français d’Algérie, contre le territoire de la Turquie ou contre les îles placées sous la juridiction de l’une des parties dans la région de l’Atlantique Nord au nord du Tropique du Cancer ;
– Contre les forces, navires ou aéronefs de l’une des parties se trouvant sur ces territoires ainsi qu’en toute autre région de l’Europe dans laquelle les forces d’occupation de l’une des parties étaient stationnées à la date à laquelle le Traité est entré en vigueur, ou se trouvant sur la mer Méditerranée ou dans la région de l’Atlantique Nord au nord du Tropique du Cancer, ou au-dessus de ceux-ci. »

En clair, s’il était avéré que la Russie a commis ces actes de sabotage, le prétexte d’une entrée en guerre massive des forces de l’OTAN contre la Fédération russe est tout trouvé !

Sauf que, juridiquement, pour que le prétexte fonctionne, il aurait fallu que les sabotages aient lieu dans les eaux territoriales de l’un des pays de l’OTAN et pas en zone neutre même s’il s’agit d’une zone d’influence économique. Alors ? Où veulent-ils en venir ?

Ce scénario de la Russie attaquant ses propres installations sous-marines est d’autant moins crédible, que déjà le 27 janvier dernier, Victoria Nuland, chef d’orchestre du coup d’État de Maïdan en 2014, célèbre pour son interjection très subtile : “F… the EU!”, annonçait que “Nordstream 2 “n’avancerait pas” si la Russie envahissait l’Ukraine », suivit en février par Joe Biden qui annonçait dans un tweet la destruction future de Nord Stream… Pres. Biden : “If Russia invades…then there will be no longer a Nord Stream 2. We will bring an end to it.”. https://twitter.com/ABC/status/1490792461979078662
Le tout en présence du Chancelier Scholz, qui “contrôle” les gazoducs concernés, avec qui il venait de s’entretenir, Joe Biden annonce alors que les États-Unis “mettraient fin” à Nordstream 2 si la Russie envahissait l’Ukraine. Ajoutant, face à l’incrédulité de la presse : “Je vous promets, nous saurons le faire”.

L’affaire aurait pu s’arrêter là si le 10 juin n’avaient eu lieu des exercices de l’OTAN consistant à plonger et placer des explosifs, au large de Bornholm, au Danemark, soit dans la zone où les explosions ont eu lieu – comme par hasard – le 26 septembre.

En outre, des publications des médias allemands du début du mois d’août notaient l’activité de navires américains juste dans la zone où les fuites se sont produites. De plus, c’est là, près de l’île de Bornholm, que les systèmes d’identification automatique des navires ont été pour une raison « inconnue » désactivés par les Américains.

Du 2 au 26 septembre de nombreux mouvements d’hélicoptères et de navires de guerre américains ont été enregistrés une fois encore dans la zone où ont eu lieu les explosions. La semaine dernière encore, les navires USS Kearsarge et USS Gunston Hall sont entrés dans le port de Gdynia. Le 26, l’USS Paul Ignatius est entré dans le port pour quelques heures. (Laissez le groupe de travail pour une mission ; reprenez-le après avoir accompli la tâche. Mission accomplie ?).

Pendant la journée le narratif se met en place, en particulier en Allemagne, par lequel on reconnaît le sabotage que l’on attribue – devinez à qui ? – aux Russes, bien évidemment.

Pourtant, (a-t-on oublié de l’informer) un des membres potentiels du comité directeur de Bilderberg, Radek Sikorski, ancien ministre polonais des Affaires étrangères, membre du Parlement européen, crache le morceau en remerciant les États-Unis à 18 h 38…
Thank you, USA.
https://twitter.com/radeksikorski/status/1574800653724966915

Et bizarrement ce même 27 septembre était inauguré le gazoduc entre la Norvège et la Pologne… Bizarrement !
https://fr.euronews.com/2022/09/27/un-gazoduc-strategique-inaugure-en-pologne

Mais comme nous ne sommes pas complotistes (n’est-ce pas), nous n’en tirerons pas de conclusions hâtives ! Bien évidemment…

Si l’on en croit l’opérateur de Nord Stream : « la destruction sur trois chaînes des gazoducs offshores du système Nord Stream est sans précédent et il n’est pas encore possible d’estimer le délai de rétablissement de la capacité de travail de l’infrastructure de transport de gaz ».

https://twitter.com/hashtag/Gazprom?src=hash&ref_src=twsrc%5Etfw

En d’autres termes, encore moins de gaz à l’export pour l’UE. Et à qui profite le crime… Allez, un petit effort, les moutons, réfléchissez… Qui va nous vendre du gaz hors de prix pour son seul profit ? Les USA bien sûr !

Les Russes ont raison sur un point : « Ceux qui fournissent des armes à l’Ukraine vont se souvenir de l’hiver qui arrive… ».

Alors, lorsque vous vous gèlerez cet hiver dans vos appartements urbains peu ou mal chauffés, voire pas chauffés du tout, et que les prix de l’essence, du gaz, du fuel et du bois auront à nouveau flambé ? Merci qui ? Merci l’OTAN !

Valérie Bérenger