Normal 1er, un nouveau de Gaulle avec une Pompadour à la place de tante Yvonne ?

Ce matin les médias bruissent autour de deux sujets dont l’origine est élyséenne :

Le premier, plus sérieux d’apparence, concerne l’amour du Président Normal 1er pour les « corps intermédiaires (les syndicats en particulier).

Après le Président des coups d’éclats permanents, – l’hyper présidence -, le Président des coups (de) débats permanents : Mise en place d’une parlote cessant d’être libre et informelle entre l’Elysée et les organisations de la « société civile » (confédérations ouvrières et patronales) ?

Selon les radios, le projet normal de Normal 1er consisterait à donner un rôle stratégique au Conseil économique et social. Les organisations syndicales seraient ainsi associées à la réflexion sur les choix d’avenir du pays.

On nous dira, ici et là, chez les arrivistes pantouflards, voici qui est bel et bon. Voilà qui est démocratique. Démocratique en effet, que des fonctionnaires syndicaux recasés causent et élaborent les plans d’avenir du pays, sachant, mais fallait-il le rappeler, que ces réflexion sur les grands sujets d’avenir seraient bien évidemment cadrés par les normes impératives produites par les directives de la bureaucratie europoïde.

Pour dire les choses plus simplement, Normal 1er cherche à resservir aux organisations syndicales, la soupe rancie recrachée en avril 1969 par le peuple français à la suite des débats et décisions du congrès de la CGT Force Ouvrière qui décidera d’appeler au double non à un projet à contenu corporatiste intégrant les organisations syndicales à l’Etat.

Sous couvert de causer avec les « corps intermédiaires » et les respecter, le Président Normal 1er reprend le projet corporatiste gaulliste rejeté en avril 1969.

Pour faire du neuf avec du vieux, le nouvel hôte de l’Elysée se propose de faire jouer, dans son équation corporatiste, la fonction du Sénat et des sénats régionaux, au Conseil économique et sociale et à ses déclinaisons locales.

Je me demandais si Normal 1er était un nouveau de Gaulle, en plus matois.

L’autre information de ce matin a répondu à la question.

En effet, au sujet de l’élection législative à la Rochelle, notre nouvelle tante Yvonne*1 ne se contente pas d’être et rester modestement dans l’ombre du grand homme. Notre tante Yvonne bis, elle, a décidé qu’elle serait un centre de réflexion et de décision politique, en restant une « journaliste ».

Chassant les marchands du « temple », en l’occurrence en foutant dehors Julien Dray qui avait invité DSK, -l’idole renversée et remplacée par Normal 1er -, tante Yvonne -version normale et « twitter »- n’entend pas garder la soupe au chaud pour son homme. Elle entend dire la loi et qui, et comment, doivent être ses moyens, bien qu’elle ne soit que l’élue du cœur, pas celle de la Nation.

Le voyage américain avait révélé certains dessous de la « normalité » au pouvoir.

La normalité faite compagne, la normalité accueillie officiellement avec sa progéniture et son cabinet de hauts fonctionnaires rétribués par la république dans une annexe du Palais de l’Elysée, la normalité prêchant pour une conduite modeste et économique, n’avait pu s’empêcher de céder devant une robe à près de sept mille euros, produit d’une maison de haute couture. Mais gageons que la modestie normale possédait une bonne fée, une marraine généreuse épargnant une telle dépense à la nation.

Ce matin, on aura surtout eu la confirmation de la rapidité avec laquelle la Première compagne de France aura réagi, pour dénoncer la menteuse impudente se revendiquant du soutien électoral de Normal 1er pour le vote de dimanche prochain.

Cet épisode dérisoire, -voyant une compagne s’approprier des éléments du pouvoir politique, nous ramenant à l’époque d’ancien régime d’un Louis XIV vieillissant bridé par une Madame de Maintenon lui faisant révoquer l’édit de Nantes et la liberté de conscience, ou d’un Louis XV laissant allègrement Madame de Pompadour décider de tout, sur tout ce qui concernait le royaume de France- me fait reposer la question soulevée peu avant l’élection présidentielle, au sujet du PS réhollandisé : le PS c’est quoi, un parti politique ou une pétaudière ?

Cette affaire de « femme » est-elle la réponse ?

Résume-t-elle un volet essentiel de la normalité présidentielle, à savoir la faiblesse style fin de règne, du nouvel hôte élyséen ?

Alain Rubin

*1 On appelait affectueusement « tante Yvonne », Yvonne De Gaulle, l’épouse du Président que François Mitterrand accusera de « coup d’Etat permanent ». De Gaulle ne méprisait certainement pas son épouse, mais en même temps, cette dernière ne considérait pas  détenir une parcelle du pouvoir présidentiel du fait de ses liens personnels conjugaux… Pauvre France, pauvre parti socialiste, me disait un voisin, ce matin dans l’ascenseur. Vieux socialiste de conviction, il rajoutera, amer, paraphrasant les Tchèques et les Slovaques des débuts de la normalisation : « Jaurès, Blum, réveillez-vous, ils sont devenus fous ».

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